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Monde

Présidentielle US 2020 : Un scrutin des plus complexes


Rédigé par Ali BENADADA le Mercredi 4 Novembre 2020

Près de 100 millions d’Américains ont voté par correspondance contre 33 millions en 2016. Une multiplication mal vue par Trump : le vote par correspondance étant une spécialité démocrate.



Présidentielle US 2020 : Un scrutin des plus complexes
230 millions d’Américains étaient invités hier mardi à voter pour la présidentielle 2020. Pas tous toutefois. Près d’une centaine de millions d’électeurs US ont préféré anticiper leur choix par vote par correspondance, pandémie de coronavirus oblige. Le vote de la présidentielle US a souvent été marqué par un important taux d’abstention. Cette année, au vu rien que des votes par anticipation, il pourrait enregistrer une forte affluence aux urnes. 

L’US Elections Project de l’Université de Floride estime que plus de 95 millions d’Américains ont déjà voté un jour avant le jour des élections. 

Cet empressement pour le vote par correspondance n’a pas été du goût du président Trump qui n’a eu de cesse d’attaquer ce système, qualifiant le processus électoral américain de «truqué», sans toutefois fournir la moindre preuve à ses allégations.

Cette ruée dans les brancards du président sortant a été jusqu’à pousser l’hôte de la Maison Blanche à insinuer à moult occasions qu’il ne reconnaitrait jamais une éventuelle victoire de son rival, poussant le défi à même aller auprès de la Cour suprême.

Vers une bataille judiciaire
«Dès que l’élection sera terminée, nos avocats seront prêts», a-t-il affirmé, laissant entrevoir la possibilité d’une longue bataille judiciaire.

La crainte de perdre la Maison Blanche (après une seule investiture), entre autres à cause du vote anticipé, a poussé le Parti républicain à placer en Californie, lors des premières semaines d’octobre dernier, plus de 50 boîtes de dépôt «officielles» faussement étiquetées pour les bulletins de vote par correspondance dans plusieurs comtés dont Los Angeles. Une action que les responsables de l’État ont qualifiée d’illégale et pourrait conduire à la fraude électorale.

Trump a été jusqu’à bloquer à dessein le financement du service postal américain de crainte que le vote par correspondance ne nuise à sa campagne.

Les données issues des sondages et des bulletins de vote antérieurs suggèrent que les démocrates sont plus susceptibles que les républicains de voter par correspondance, tandis que les républicains sont plus susceptibles de voter en personne le jour du scrutin.

Chat échaudé craint l’eau froide
Presque toutes les études d’opinion et sondages donnaient Joe Biden vainqueur avec 51 % des intentions de vote, et une avance de 6,7 points sur Donald Trump (44,3 %). Un écart qui est resté généralement stable au fil des mois, atteignant même à certains moments des pics d’une dizaine de points.

Mais chat échaudé craint l’eau froide. L’avance actuelle représente plus du double de celle dont disposait Hillary Clinton à la veille du vote il y a quatre ans. À l’époque, les sondages avaient été relativement justes concernant le vote populaire, remporté par la démocrate.

« La dernière fois (en 2016), Donald Trump a gagné la Pennsylvanie avec une avance de seulement 44.000 voix (sur un total de plus de 6 millions de voix) », a-t-il rappelé. «Chaque vote compte!».

Rappelons aussi que Donald Trump avait battu Hillary Clinton alors que celle-ci avait remporté en 2016, près de trois millions de voix de plus que le milliardaire américain qui a glané la majorité du collège des grands électeurs. Ce collège électoral reste l’espoir pour Donald Trump. Ce dernier mise sur une victoire dans plusieurs Etats indécis pour renverser la vapeur des sondages et obtenir les 270 grands électeurs nécessaires à sa reconduction à la Maison Blanche pour un second mandat de quatre ans.

Toutefois, le magnat newyorkais n’a montré aucune intention de céder pacifiquement le pouvoir ou non en cas de victoire de son adversaire démocrate.

D’où les spéculations sur les risques des lendemains de scrutin.

Magasins barricadés et bond des ventes d’armes
Nombre d’Américains redoutent des violences après les résultats du duel entre Donald Trump et Joe Biden mardi, les achats d’armes à feu se sont envolés ces derniers mois, augmentant de 91% par rapport à l’année dernière. Selon les chiffres qui ont été véhiculés par des médias, il s’agit de plus de 15 millions d’armes qui ont été vendues du mois de mars à septembre 2020.

Le fondateur de Black Bottom Gun Club a imputé cette ruée sur les armes à feu à la pandémie relative au nouveau coronavirus, aux différents événements en lien avec le racisme, mais il a aussi mis l’accent sur l’incertitude que représente la présidentielle américaine pour les populations.

Autres signes des risques d’insécurité, les rues de New York, Chicago, Los Angeles, Washington et d’autres villes qui se barricadent à l’approche de l’élection présidentielle.

L’anxiété générale est palpable concernant d’éventuels affrontements suivant la victoire de n’importe lequel des candidats.

De nombreuses boutiques aux États-Unis ont choisi la stratégie de se barricader à quelques jours de l’élection présidentielle, prévue le 3 novembre. Les patrons des magasins de Washington, New York, Los Angeles et d’autres grandes villes protègent leurs vitrines avec des planches de bois ou des feuillets métalliques.

La crainte d’émeutes liées aux élections, quelle que soit leur issue y est pour beaucoup dans cette paranoïa.

Des sources policières ont annoncé que le secteur à proximité de la Maison-Blanche sera fermé les 3 et 4 novembre.

ALI BENADADA
avec les medias