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Présidence des Conseils régionaux : Comment les élus de l’Istiqlal comptent présider leurs régions


Rédigé par Saâd JAFRI le Lundi 27 Septembre 2021

L’Istiqlal, le RNI et le PAM se sont partagé la présidence des 12 régions du Royaume en s’accaparant quatre régions chacun. Entre défis et opportunités, la mission des nouveaux présidents s’annonce ardue. Détails.



Contrairement aux années précédentes, les concertations pour les sièges des différents Conseils régionaux, locaux et communaux étaient inscrites dans une logique de complémentarité et de fédération des efforts en vue de répondre convenablement aux attentes des électeurs, qui, après une décennie marquée par la mauvaise gouvernance, s’attendent à un changement profond dans la gestion de la chose publique. En effet, les ententes et les négociations préalables entre le trio gagnant des élections (Istiqlal, RNI, PAM) ont facilité, de manière générale, la formation des Conseils des 12 régions.

Ainsi, les trois partis politiques se sont partagé les 12 régions du Royaume en s’accaparant quatre régions chacun. Le Parti de l’Istiqlal présidera durant le prochain quinquennat les Conseils des régions Dakhla-Oued Eddahab, Laâyoune-Sakia El Hamra, Casablanca- Settat et Fès-Meknès. Des régions à fort potentiel humain, économique et touristique que les istiqlaliens comptent remettre sur les rails du développement optimal.


Capitale économique… le grand défi !


Forte de ses 153 communes, la région Casablanca-Settat dispose d’une richesse économique, naturelle et humaine unique à l’échelle nationale. Mais il n’en demeure pas moins qu’elle souffre d’innombrables lacunes dont on citera : le logement informel, le chômage, la crise de mobilité, le coût élevé de la vie… et la liste est encore longue. Abdellatif Maâzouz, ancien ministre du Commerce Extérieur et Président de l’Alliance des Economistes Istiqlaliens, fraîchement élu à la tête de la région grâce à 67 voix sur 69, aura donc pour mission de booster les indicateurs socio-économiques de ce territoire qui compte quelque 6,8 millions d’habitants.

La feuille de route de l’Istiqlal pour la région repose sur 3 piliers principaux, à savoir : garantir la justice sociale, développer l’économie régionale et créer suffisamment d’emplois pour réduire le chômage – en particulier chez les jeunes et les populations vulnérables – et finalement garantir un environnement de qualité pour une vie décente. Sur ce dernier volet, Abdellatif Maâzouz devrait se pencher sur le Plan de Développement Régional (PDR) lancé en 2015 et dont le taux de réalisation global a atteint les 78%, sachant qu’il devait être bouclé en 2020.

Le projet prévoit 160 projets de développement, pour un montant total de 115 milliards de dirhams qui sera investi dans cinq grands axes stratégiques qui se déclinent en projets liés à « l’Environnement », « Milieu rural intégré », « Attractivité socioculturelle et qualité de vie », « Transport » et « Entreprise, innovation et emploi ».
 
Abdellatif Maâzouz aura pour mission de booster les indicateurs socio-économiques de Casablanca- Settat dont le PIB dépasse les 32%.


Parallèlement, la vision istiqlalienne mise sur le maintien et l’amélioration de la compétitivité et de l’attractivité de la région en attirant des investissements tout en encourageant les petites et moyennes entreprises dans les différents secteurs tels que l’agriculture, la pêche, l’industrie traditionnelle, le tourisme, etc.

Conscient de l’importance de l’énergie verte et du digital, le parti représenté par Maâzouz cherche à créer des espaces de Coworking pour les startups innovantes dans ce domaine en établissant également des partenariats avec les universités et les grandes entreprises de la région dont le PIB dépasse les 32% et pourtant connaît le plus haut taux de chômage au Maroc (27,3%).


Fès-Meknès : des potentialités à exploiter


A Fès-Meknès, les défis sont autres. Alors que la région dispose d’énormes atouts et regorge de potentialités humaines, économiques et touristiques, elle reste l’une des régions accusant les reculs les plus notables durant la dernière décennie.

La Région occupe la quatrième position en termes de contribution à la richesse nationale et participe à hauteur de 8,4% au PIB national, pourtant elle accuse un taux de chômage de 12,9%, soit la deuxième place au niveau national. A cela s’ajoute le niveau alarmant de la pauvreté (13,8%), qui dépasse la moyenne nationale estimée à 8,9%.

Ainsi, Abdelouahed El Ansari, qui a gagné la confiance de 61 membres sur les 69 que compte le Conseil régional Fès-Meknès, devra résoudre la très compliquée équation de l’équité à travers une approche innovante qui fait rupture avec les pratiques du passé.

Pour ce faire, l’Istiqlal a énuméré une série de mesures visant à placer la région à l’avant-garde des régions du Royaume, permettant l’élaboration d’une feuille de route claire : un investissement massif dans les infrastructures et services sociaux dont les habitants ont fortement besoin avec une attention particulière à la création d’emploi. Jusqu’à juin 2021, seuls 4,12% des projets du PDR ont été complètement achevés, 36% en cours de réalisation, 45,36% sont en cours de lancement, alors que 14,43% des projets sont toujours en cours de préparation, d’approbation ou de signature.

La première mission du nouveau président de la Région est donc claire comme de l’eau de roche : fluidifier les démarches administratives pour stimuler les investissements et par ricochet accélérer la mise en oeuvre du plan de développement régional, dont le cahier de charges prévoit la relance de l’emploi et de la recherche scientifique avec 31 conventions, la réduction du déficit social et des inégalités territoriales avec 9 conventions, la valorisation du champ culturel et des sites touristiques et de la conservation des ressources naturelles avec 11 conventions et l’amélioration de l’attractivité économique des espaces territoriaux de la région avec 17 conventions.
 
Abdelouahed El Ansari devra résoudre la très compliquée équation de l’équité dans la région Fès-Meknès, à travers une approche innovante.


Toujours dans la même perspective : l’Istiqlal ambitionne de positionner Fès-Meknès au rang de la deuxième région plus forte économiquement au Maroc, et ce, en transformant les indicateurs fonciers, historiques et environnementaux en une dynamique économique solide et durable. Il vise également à améliorer la part de la région dans le PIB national à près de 230 milliards de dirhams, soit 15% à l’horizon 2030.

La vision istiqlalienne concerne également l’entretien du réseau routier ainsi que le réseau de liaison électrique et d’eau potable, des périphéries et zones éloignées, auquel vient s’ajouter un projet d’une route express Taza-Fès-Boulmane-Meknès.


Sahara marocain, fief électoral de l’Istiqlal pour de bonnes raisons


Les régions Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab ont connu un essor sans précédent durant ces dernières années, grâce aux multiples projets de méga-infrastructures qui y ont été mis en place grâce à l’engagement des élus istiqlaliens. Des projets qui font d’elles l’une des potentielles portes d’entrée des investissements vers l’Afrique subsaharienne, comme en témoigne le rayonnement diplomatique de Dakhla et Laâyoune qui ont vu plusieurs pays ouvrir leurs consulats sur leurs sols.

A Dakhla-Oued Eddahab, Yanja El Khattat a été réélu à la majorité absolue, en obtenant 29 sur les 33 voix. Celui-ci n’a pas manqué de signaliser qu’il compte poursuivre la mise en oeuvre des chantiers inscrits dans le contrat-programme entre le Conseil et les départements gouvernementaux concernés, dans le cadre du Nouveau Modèle de Développement des provinces du Sud, lancé en 2015 par le Souverain.
 
Yanja El Khattat compte poursuivre la mise en oeuvre des chantiers inscrits dans le contrat-programme entre le Conseil et les départements gouvernementaux concernés.


Concernant le développement régional, Yanja El Khattat a fait part de la détermination du Conseil à se pencher sur la mise en oeuvre d’autres programmes fixés lors des précédentes sessions, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation et de l’emploi, afin de renforcer l’élan de croissance économique tant souhaité par le Souverain pour que la région puisse être un trait d’union entre le Maroc et sa profondeur africaine.

Lors de sa dernière réunion, le Conseil avait mobilisé quatorze projets d’un montant global de l’ordre de 574 MDH, dont 403 MDH sous forme de quote-part. A cela s’ajoute l’amélioration des infrastructures de base, notamment la nationale n°1 et la voie express Tiznit-Lâayoune, sans oublier les mégas projet, Port Dakhla Atlantique, dont les travaux débuteront prochainement.

A Laâyoune-Sakia El Hamra, où Sidi Hamdi Ould Errachid a été réélu président à la majorité, les choses sont identiques. La région connaît un développement exemplaire depuis des années, au point de décrocher le titre de capitale économique du Sahara.

Des problèmes de justice spatiale et territoriale subsistent encore dans la région, compte tenu de la faible répartition des projets de développement et des investissements publics, raison pour laquelle le Parti de l’Istiqlal veut relever et revigorer celle-ci à l’aide d’un programme spécial directement inspiré de ses spécificités.

 
Sidi Hamdi Ould Errachid veut mettre en place une politique multidimensionnelle pour améliorer l’offre au niveau du logement, de l’accès à l’éducation, de la santé et du tourisme.


La vision de l’élu istiqlalien est de mettre en place des dispositions juridiques réglementaires pour la régionalisation du recrutement dans l’emploi public et la réservation d’un quota pour les trois Régions du Sud du Royaume, comme ça a été réalisé sous l’égide du gouvernement Abbas El Fassi.

Outre les contrats programmes visant à booster l’attractivité de la région, l’Istiqlal vise la réalisation d’un aéroport international entre Dchira et Daoura pour créer un nouveau pôle urbain. Garantir un cadre progressif qui permettra l’épanouissement personnel et la dignité des citoyens est aussi l’une des premières préoccupations du parti de la Balance.

Le défi de Sidi Hamdi Ould Errachid est de mettre en place une politique intégrée et multidimensionnelle pour renforcer et améliorer l’offre au niveau du transport, du logement, de l’accès à l’éducation, de la santé, de la culture, du divertissement et du tourisme dans la région.


Saâd JAFRI