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International

Premiers signes en vue d'une trêve à Gaza


Rédigé par L'Opinion avec MAP Vendredi 2 Février 2024

Les combats meurtriers entre l'armée israélienne et le Hamas font toujours rage vendredi dans la bande de Gaza, après l'approbation "initiale" donnée, selon le Qatar, par le mouvement islamiste palestinien à un accord de trêve prévoyant un échange d'otages et de prisonniers.



Des raids israéliens, selon des témoins, ont visé le centre et le sud de Gaza, notamment le secteur de Khan Younès, la deuxième ville du territoire transformée en champ de ruines. Des milliers d'habitants continuaient à fuir vendredi sous la pluie, à pied ou entassés sur des charrettes.
 
Le ministère de la Santé du Hamas a dénombré 112 morts en 24 heures à travers la bande de Gaza, assiégée par Israël et en grande partie détruite après presque quatre mois de guerre.
 
Plus de 1,3 million de ses habitants, selon l'ONU, sur un total de 2,4 millions, sont à présent réfugiés à Rafah, dans le sud, coincés contre la frontière fermée avec l'Egypte, menacés en plein hiver par la famine et les épidémies.
 
Les tentes et les bâches en plastique qui ont envahi par milliers les rues de la ville surpeuplée ont encore été inondées vendredi par des pluies diluviennes, selon des images de l'AFP.
 
Face à cette crise humanitaire majeure et aux lourdes pertes civiles, la diplomatie tente d'imposer une seconde trêve, plus longue que celle d'une semaine qui avait permis en novembre la libération d'une centaine d'otages israéliens à Gaza et de Palestiniens détenus par Israël.
 
Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, installé au Qatar, est attendu en Egypte pour discuter d'une proposition élaborée lors d'une récente réunion à Paris entre le chef de la CIA, William Burns, et des responsables égyptiens, israéliens et qataris.
 
Selon une source du Hamas, la proposition porte sur trois phases, dont la première prévoit une trêve de six semaines durant laquelle Israël devra libérer de 200 à 300 prisonniers palestiniens en échange de 35 à 40 otages détenus à Gaza, et 200 à 300 camions d'aide pourront entrer chaque jour dans le territoire.
 
Cette proposition a été "approuvée par la partie israélienne", a déclaré jeudi le porte-parole de la diplomatie du Qatar, Majed al-Ansari.
 
"Nous avons maintenant une première confirmation positive de la part du Hamas", a-t-il affirmé, disant espérer que "dans les deux prochaines semaines, nous serons en mesure de partager de bonnes nouvelles à ce sujet".
 
Une source proche du Hamas à Gaza a toutefois déclaré à l'AFP qu'il n'y avait toujours pas de consensus et que la déclaration du Qatar était "précipitée et fausse".
 
Quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza le 7 octobre lorsque des commandos du Hamas ont mené une attaque sans précédent sur le sol israélien, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
 
Selon les autorités israéliennes, 132 otages sont toujours retenus à Gaza. Parmi eux, 27 ont été déclarés morts par l'armée.
 
En riposte à cette attaque, Israël a juré d'"anéantir" le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, et lancé une offensive militaire qui a fait 27.131 morts, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du mouvement palestinien.
 
A Khan Younès, les combats font rage notamment aux abords des deux grands hôpitaux, Nasser et al-Amal, qui manquent de tout le matériel de base.
 
Les réserves d'oxygène s'épuisent à l'hôpital al-Amal, a averti vendredi le Croissant-rouge palestinien, tandis que l'eau de pluie s'infiltre dans les toits endommagés des bâtiments où s'abritent des milliers de déplacés.
 
Plus au nord, dans la ville de Gaza, d'autres habitants ont trouvé refuge aux abords de l'hôpital Chifa.
 
L'armée "a largué des tracts nous demandant de partir, où devrions-nous aller? Nos maisons ont été détruites, nos enfants ont été tués", a témoigné à l'AFP une femme, Abir Al Madhoun.
 
Un médecin, Mohamad Ghrab, raconte être "le seul médecin disponible, en plus de quelques infirmières" dans cet hôpital, le plus grand du territoire, où "la station centrale d'oxygène a été arrêtée" par les soldats israéliens quand ils l'ont pris d'assaut fin novembre.
 
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est sous forte pression à la fois des familles d'otages, qui réclament un accord permettant la libération de leurs proches, et de plusieurs ministres qui menacent de quitter le gouvernement, en cas d'accord trop généreux selon eux à l'égard des Palestiniens.
 
Israël, qui considère le Hamas comme une organisation terroriste, de même que les Etats-Unis et l'Union européenne, continue d'affirmer qu'il ne mettra fin à son offensive à Gaza qu'une fois le mouvement islamiste éliminé, les otages libérés et après avoir reçu des garanties sur la sécurité future de son territoire.
 
La guerre à Gaza a exacerbé les tensions à travers le Moyen-Orient, entre d'un côté Israël et ses alliés, et de l'autre l'Iran et ce qu'il appelle l'"axe de la résistance" incluant, outre le Hamas, le mouvement islamiste libanais Hezbollah, des milices irakiennes et les rebelles yéménites Houthis.
 
Le président iranien, Ebrahim Raïssi, a lancé vendredi une mise en garde contre toute attaque éventuelle des Etats-Unis en représailles à une frappe qui a tué le 28 janvier trois soldats américains en Jordanie, imputée par Washington à un groupe pro-Iran.
 
"Nous avons dit à maintes reprises que nous ne serions pas à l'origine d'une guerre, mais si un pays, une force cruelle veut intimider (l'Iran), la République islamique répondra fermement", a affirmé M. Raïssi.



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