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Perspectives énergétiques et crises en hydrocarbures : Le gazoduc Nigeria-Maroc à la croisée des chemins


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Jeudi 15 Septembre 2022

L’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et la Compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC Ltd) devront procéder ce jeudi 15 septembre à Rabat à la signature d’un mémorandum d’entente consolidant ainsi l’avancée du méga projet du gazoduc Nigeria-Maroc où 11 pays africains sont concernés. Analyse.



Perspectives énergétiques et crises en hydrocarbures : Le gazoduc Nigeria-Maroc à la croisée des chemins
« L’Afrique a besoin d’un énorme investissement pour son secteur énergétique afin de générer un développement social et économique. Le financement climatique total est estimé entre 4760 et 4840 milliards USD sur la période 2022-2050, ce qui représente des flux annuels de 163,4 à 173 milliards USD », soulignait Mme Benkhadra, Directrice de l’Office national des hydrocarbures du Maroc (ONHYM). C’était lors du Sommet « MSGBC Oil, Gas & Power », organisé au début du mois par Energy Capital & Power (Ecp) à Dakar au Sénégal.

Pour comprendre l’importance de ce conclave et la pertinence de la déclaration de Mme Amina Benkhadara, il faut dire que ce Sommet est une plateforme d’investissement en Afrique pour le secteur de l’énergie. Le MSGBC regroupe des pays de la sous-région, à savoir la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau et la Guinée Conakry.

Prennent part également à cette conférence d’importants investisseurs étrangers, avec des délégations venant des États-Unis, d’Australie, d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient, ainsi que des représentants d’autres pays africains comme le Maroc et la Côte d’Ivoire. C’est dire combien sont grands les enjeux énergétiques tant au Maroc qu’ailleurs. Et le projet du gazoduc Nigeria-Maroc vient conforter cette affirmation.

D’ailleurs, il ne se passe pas de mois sans que ce projet ne soit au centre des discussions. En témoigne la rencontre qu’a eu lieu, avant-hier mardi à Abuja, entre le président-directeur général de la Compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC Ltd), Mele Kyari, et le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Omar Alieu Touray.

Engagements à tous les niveaux

Au cours de cette rencontre, plusieurs sujets d’intérêts communs ont été discutés notamment tous ceux qui ont attrait à la réalisation de ce méga projet. D’ailleurs, les deux ont réaffirmé leur engagement envers le projet qui, une fois achevé, fournira du gaz aux pays d’Afrique de l’Ouest en passant par le Royaume du Maroc, puis l’Europe.

Selon l’organisation ouest africaine cette rencontre vient en prélude à la préparation de la signature d’un mémorandum d’entente entre la NNPC Ltd, l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du Maroc et la CEDEAO, prévue pour ce jeudi 15 septembre à Rabat. Dans la même dynamique, la NNPC Ltd et l’ONHYM parapheront également deux mémorandums d’entente avec la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMH) et Petrosen du Sénégal. Les deux sociétés devraient toutes les deux participer au projet.

De l’avis de tous les analystes et experts, le projet est attendu car une fois achevé, il fournira environ 3 milliards de pieds cubes standard par jour de gaz le long de la côte ouest-africaine depuis le Nigeria, le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée Bissau, la Gambie, le Sénégal et la Mauritanie jusqu’au Maroc.

Et ce n’est pas tout puisque, selon le DG de la NNPC Ltd, les autres avantages du projet NMGP comprennent l’amélioration du niveau de vie des populations, l’intégration des économies de la sous-région et l’atténuation de la désertification grâce à un approvisionnement en gaz durable et fiable. Selon lui, ladite rencontre est la résultante d’une décision du Conseil exécutif fédéral du Nigeria. Celui-ci avait donné, au début du mois de juin dernier, son accord pour que la Compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC Ltd) conclue un accord avec la CEDEAO pour la construction du gazoduc Nigeria- Maroc.

Nouvelle dimension économique

En outre, le gazoduc aura des retombées économiques considérables sur la région, en exploitant une énergie propre qui respecte les nouveaux engagements du continent en matière de protection de l’environnement. Sans compter qu’il permettra en plus de donner à l’Afrique une nouvelle dimension économique, politique et stratégique et placera le Maroc et le Nigeria comme deux leaders de la coopération Sud-Sud au niveau du continent africain.

Le projet avance puisque plusieurs phases ont été lancées. Ainsi la société d’ingénierie australienne Worley a été chargée par les autorités nigérianes et marocaines de la réalisation de l’étude d’ingénierie et de conception préliminaire (FEED, Front-end engineering design) pour le projet de pipeline de plus de 7.000 km qui doit relier le Nigéria au Maroc, en traversant 11 pays d’Afrique de l’Ouest.

Enfin, rappelons que le gazoduc Nigeria- Maroc est un projet d’envergure qui doit acheminer le gaz nigérian vers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, vers le Maroc et, à travers le Maroc, vers l’Espagne et l’Europe. Il a été lancé en 2016 à Abuja sous la présidence de SM le Roi Mohammed VI et du président nigérian Muhammadu Buhari. L’étude de faisabilité a été entamée en mai 2017 avec un coût de plusieurs milliards de dollars.Un accord y afférent avait été signé, le 10 juin 2018, lors d’un déplacement à Rabat du président nigérian Muhammadu Buhari.




Wolondouka SIDIBE


Bon à savoir
 
Dans une analyse, Mme Afaf Zarkik, Economiste, Energie et Changement Climatique, Senior au PCNS, souligne que le potentiel pétrolier du Maroc, c’est-à-dire ses réserves à la fois prouvées et récupérables (techniquement et économiquement) est peu connu. Selon elle, le Maroc reste un pays relativement peu exploré, si ce n’est le pays le moins exploré d’Afrique.

« Des données sur la production nationale des hydrocarbures publiés par le ministère de la transition énergétique et du développement durable indiquent qu’on aurait produit environ 4.100 tonnes de condensat en 2020, soit l’équivalent de presque 73.000 barils de pétrole équivalents, contre une demande qui dépassait les 290.000 barils par jour en 2019 », souligne-t- elle dans briefe policy.

Par ailleurs, fait remarquer l’experte, plusieurs communiqués de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) traduisent l’existence d’un potentiel favorable à l’accumulation d’hydrocarbures dans certains bassins offshore et onshore. Sur un autre plan, elle fait remarquer que le Maroc et ses partenaires prévoient la cartographie de 1150 km et 650 km2 de sismique 2D et 3D et le forage de 27 puits, dont 4 en mer entre la période de 2022 et 2024.
 








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