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Perspectives économiques post confinement : Malgré une reprise graduelle, l’horizon reste incertain


Rédigé par Wolondouka SIDIBE Jeudi 24 Décembre 2020

Emploi, tourisme, chômage, déficit, finance publique, la Direction des études et des prévisions financières passe en revue les pans de l’économie nationale.



Perspectives économiques post confinement : Malgré une reprise graduelle, l’horizon reste incertain
L’espoir est permis quant à la reprise de l’activité économique post confinement pour l’année 2021 bien que tous les secteurs ne connaitront pas le même rythme tandis que l’équilibre de la balance commerciale ne sera pas au rendez-vous, étant lié notamment à l’environnement international, avec le risque d’aggravation du déficit. Ainsi, le déficit budgétaire à fin novembre 2020 se situe à +46,1% à 59,2 milliards de dirhams, recouvrant une hausse des dépenses ordinaires de 5 % et le repli des recettes de 7,9 %, notamment, celles fiscales -7,3 %.

Il ne peut en être autrement quand on sait que l’économie mondiale a été caractérisée par une forte contraction du PIB mondial en 2020 (-4,2% selon les prévisions de l’OCDE), sous l’effet de la grave crise sanitaire. Même si les perspectives économiques se sont améliorées, avec une forte reprise mondiale attendue en 2021 (4,2%), stimulée par des plans de relance monétaire et budgétaire massive et par une maitrise de la pandémie, grâce à une vaste compagne de vaccination contre le Covid-19.  

Dans ce sillage, l’emploi sera durement affecté et le tourisme devra attendre encore pour voir le ciel s’éclaircir. Dans sa note de conjoncture de décembre, la Direction des études et des prévisions financières passe au crible les différents pans de l’économie nationale avec un brin de confiance pour des signaux de reprise graduelle de l’activité économique post confinement.

Le premier constat est que l’appréciation de la conjoncture économique nationale, en référence aux derniers indicateurs disponibles, fait état d’une forte diminution de l’activité économique en 2020, influencée par la forte contraction enregistrée au deuxième trimestre ayant coïncidé avec l’arrêt total ou partiel de l’activité dans plusieurs secteurs économiques.  

Covid-19 : Impact négatif 
Pour ce qui est du pouvoir d’achat des ménages, il continue de subir l’impact négatif de la crise sanitaire. Ainsi l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté, en glissement mensuel, de 0,1 % durant le mois d’octobre 2020. Cette évolution tient à la hausse de l’Indice alimentaire de 0,1% contre une stagnation de celui des produits non alimentaires.  

Dans le même rapport, il ressort que les finances publiques sont marquées par la poursuite du creusement du déficit budgétaire à fin novembre 2020 (+46,1% à 59,2 milliards de dirhams), recouvrant une hausse des dépenses ordinaires de 5 % et le repli des recettes de 7,9 %, notamment, celles fiscales (-7,3 %).

Pour l’emploi, il a été fortement impacté par la crise Covid-19. Selon la DEPF, le stock national de l’emploi a connu une perte de 581 mille postes au troisième trimestre 2020, dont 237 mille dans les zones urbaines et 344 mille dans le milieu rural. Pour le volume de l’emploi rémunéré, il a baissé de 421 mille postes, résultant d’une baisse de 226 mille dans le milieu urbain et de 195 mille dans le milieu rural. L’emploi non rémunéré, quant à lui, s’est replié de 160 mille postes, soit une perte de 149 mille emplois en zones rurales et de 11 mille en zones urbaines. Résultat : le taux de chômage s’est situé à 12,7 % au troisième trimestre 2020, soit son plus haut niveau sur les 13 dernières années. En augmentation de 3,3 points par rapport à l’année précédente, ce taux s’est accru de 3,8 points dans les villes (à 16,5 %) et de 2,3 points dans les zones rurales (à 6,8 %). Les plus fortes hausses ont été enregistrées parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (+5,6 points) et parmi les jeunes de 25 à 34 ans (+4,5 points).

Séjours touristiques
Concernant le secteur touristique, l’étude montre que les nouvelles mesures d’assouplissement des conditions d’accès au territoire marocain, adoptées à partir du 1er octobre 2020, au profit des visiteurs pour séjours touristiques ou pour affaires, ont engendré une atténuation significative du recul des recettes de voyages courant le mois d’octobre 2020, soit une baisse de 66,9%, après un retrait de 89,1 % un mois plus tôt et de 96,7 % au mois d’août 2020.

Ainsi au terme des dix premiers mois de 2020, ces recettes se sont repliées de 60,3 %, après +7,4 % un an auparavant. Ainsi à fin septembre 2020, le volume des arrivées et des nuitées touristiques s’est replié, au niveau national, de 78 % et de 69 % respectivement, compte-tenu d’une baisse de près de 95 % et de 84 % respectivement durant le troisième trimestre 2020, conjuguée à un recul de 63 % et de 59 % au terme du premier semestre 2020.

Enfin, compte du raffermissement de l’excédent des comptes spéciaux du Trésor qui a plus que doublé pour atteindre 10,7 milliards de dirhams, dont 8,3 milliards de dirhams dégagés par le Fonds spécial de gestion de la pandémie Covid-19, la situation des charges et ressources du Trésor à fin novembre 2020 fait ressortir une aggravation du déficit budgétaire de 46,1 % ou de 18,7 milliards de dirhams pour se situer à 59,2 milliards de dirhams, soulignent les rédacteurs du rapport.
 

Radioscopie
Selon la DEPFF, l’économie nationale est marquée par une hausse des crédits bancaires de 4,3 % à fin octobre 2020, tirée principalement par les crédits accordés au secteur non financier (+4,9%), notamment ceux accordés aux sociétés non financières (+6,5%), alors que la progression de ceux accordés aux ménages s’est limitée à +2,3 %. Parallèlement, on constate une amélioration des indices boursiers MASI & MADEX pour le deuxième mois consécutif à fin novembre 2020 : +5,1 % et +5,2 % respectivement par rapport à fin octobre 2020, atténuant leur baisse par rapport à fin décembre 2019 à -9,7% et -9,8 % après -14,1 % et -14,2 %. Pour ce qui des échanges extérieurs, ils se caractérisent par un allègement du déficit commercial de 25,6 % et une amélioration du taux de couverture de 4,5 points à fin octobre, incorporant un repli des importations (-16,6%) plus important que celui des exportations (-10,1%). Alors que les Avoirs Officiels de Réserve permettent de couvrir 7 mois et 6 jours d’importations de B&S.
Wolondouka SIDIBE








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