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PCNS : Scénarii d’une relance économique qui peine à prendre le rythme


Rédigé par Anass MACHLOUKH le Mardi 5 Juillet 2022

Une nouvelle étude du Policy Center for The New South montre l’effet vertueux que pourrait avoir une hausse de l’investissement public sur la relance de la croissance. Détails.



A peine est-on sorti de l’emprise de la récession causée par la Covid-19 que la crise de l’inflation, les effets de la sécheresse et de la guerre en Ukraine sont venus compliquer davantage la convalescence de l’économie nationale.

Alors qu’on tablait sur des perspectives radieuses de croissance, on se contente actuellement, hélas, de lutter à corps perdu pour ne pas frôler la stagnation ou la récession de l’activité. Dans les meilleurs scénarios, la richesse du Maroc ne devrait pas croître, en 2022, de plus de 1,1%, selon les estimations du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale. Jusqu’à présent, toute prévision sur la période post-crise peut paraître prétentieuse. Un risque qu’ont pris un groupe de chercheurs du Policy Center for The New South, qui ont scruté les différents scénarios de reprise de l’économie marocaine à court terme, et ce, à l’aune des indicateurs macroéconomiques.

Et si on ajoutait 10 MMDH d’investissements ?

Cette étude collective retient deux scénarios, un de base et un alternatif, dont l’hypothèse est un surinvestissement de 10 MMDH de dirhams. L’enjeu est de déceler l’impact que pourrait avoir un investissement supplémentaire de l’ordre de 1% du PIB que le Maroc réalisait avant la pandémie (119 milliards de dollars).

Cet investissement est supposé aller vers les secteurs vitaux, tels que l’agriculture, l’industrie manufacturière, les infrastructures, le tourisme... L’hypothèse stipule que les infrastructures concentreraient 50% de l’enveloppe budgétaire additionnelle avec une répartition rationnelle sur les différentes régions du Royaume.

Résultat des courses : une valeur ajoutée supplémentaire de 0,94% en 2022 et de 1,35% en 2023. Ceci dit, l’injection de ces ressources additionnelles permettrait de générer un taux de 3,59% pendant l’année courante et de 4,28% durant l’année suivante. Il convient de rappeler que ces chiffres sont basés sur les estimations en 2021 du ministère de l’Economie et des Finances, et qui ne prennent pas en compte les effets de l’inflation et de la sécheresse.

Un effet palpable sur l’emploi

Par ailleurs, les investissements publics, tels que prévus par le ministère des Finances, contribuent à hauteur de 12,89% de la valeur ajoutée et à 4,63% à l’emploi total et génèrent 18,23% d’impôts. L’investissement additionnel serait en mesure de booster les recettes fiscales de 1,7% et augmenter légèrement la création d’emploi (+0,5%). Pour qu’on arrive à un tel niveau de croissance en 2023, le gouvernement est censé investir 30 milliards de dirhams, dont l’effet multiplicateur permettrait d’atteindre ces objectifs. Cet effet est estimé à 1,35 sur la production.

La répartition régionale compte

L’étude va encore plus loin en tâchant de voir plus minutieusement l’impact que pourrait avoir une orientation de l’investissement vers les infrastructures à hauteur de 50%. Aussi, le rapport essaye-t-il de voir l’impact de la façon par laquelle les ressources sont distribuées sur les régions.

Le rapport met en place deux hypothèses dont la première se base sur une distribution de ressources plus équilibrée entre régions. La deuxième accorde plus de ressources aux régions les plus productives et qui concentrent l’activité industrielle et touristique (Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Marrakech-Safi...).

Les résultats montrent que la première hypothèse pourrait non seulement réduire les inégalités régionales, mais également améliorer tous les indicateurs environnementaux (émission de CO2, consommation d’eau,…), et ce, malgré une concentration régionale accrue.

Par contre, dans le cas où l’investissement est concentré sur les régions les plus productives, l’impact sur l’emploi global serait plus conséquent ; idem pour la création d’emplois pour les jeunes et les disparités régionales, en plus d’un multiplicateur de production plus élevé.

Une vision qui colle avec le NMD

Cette étude, rappelons-le, prend en compte l’esprit du Nouveau Modèle de Développement (NMD) qui préconise d’améliorer la qualité de la croissance. Là, un grand travail attend le Maroc qui ne parvient pas à propulser la machine de croissance tel qu’espéré malgré un taux d’investissement très élevé (voir repères). Il s’agit là, selon le rapport de la Commission présidée par Chakib Benmoussa, d’une condition sine qua non pour un développement inclusif et durable.

Selon le rapport, « la nouvelle croissance marocaine est appelée à être plus efficiente, en s’appuyant davantage sur les gains de productivité avec une meilleure allocation de l’investissement vers les capacités productives et une contribution plus forte du secteur privé ». Le NMD exige également que la richesse nationale soit répartie plus équitablement aussi bien entre les citoyens qu’entre les régions.

Pour ce faire, la modernisation du tissu économique national est indispensable. Ceci requiert une économie plus formelle qu’elle ne l’est aujourd’hui, plus concurrentielle (une priorité pour le Conseil de la Concurrence) et plus diversifiée.

Le Maroc a certes développé de façon palpable son industrie durant les dernières années pour dépendre moins de l’agriculture, or, le NMD appelle à « introduire de nouvelles activités et de nouveaux savoir-faire, et s’ouvrir plus sur l’internationalisation en orientant les entreprises vers l’export.



Anass MACHLOUKH









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