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Monde

Ouïghours : Le torchon brûle entre la Chine et la France


le Vendredi 24 Juillet 2020

Paris condamne des «pratiques inacceptables» et réclame l’accès d’observateurs indépendants internationaux au Xinjiang, Pékin dénonce des mensonges.



Ouïghours : Le torchon brûle entre la Chine et la France
La Chine a stigmatisé de fausses accusations, quelques heures après l’intervention mercredi devant l’Assemblée nationale de Jean-Yves Le Drian. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a condamné le nonrespect des droits de l’Homme dans la région du Xinjiang.
 
L’internement de membres de la minorité musulmane ouïghoure et turcophone en Chine est une pratique «inacceptable», a dénoncé la France mardi, réclamant que Pékin autorise l’accès d’observateurs indépendants internationaux au Xinjiang.
 
«La France regarde avec beaucoup d’attention l’ensemble des témoignages relayés par la presse et les organisations de défense des droits de l’Homme», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian mercredi devant l’Assemblée nationale.
 
«Ce qui transparaît de l’ensemble des informations que nous avons ou lisons, ce sont des camps d’internement pour les Ouïghours, des détentions massives, des disparitions, du travail forcé, des stérilisations forcées, la destruction du patrimoine culturel ouïghour et en particulier des lieux de culte, la surveillance de la population et plus globalement tout le système répressif mis en place dans cette région», a-t-il poursuivi.

Pratique « révoltante et inacceptable »
 
«Toutes ces pratiques sont inacceptables. Nous les condamnons avec beaucoup de fermeté», a encore déclaré Le Drian, suscitant des applaudissements dans l’hémicycle. «Dans l’immédiat nous demandons à ce que la Chine permette l’accès à des observateurs indépendants internationaux dans cette zone et qu’elle permette à la Haut-commissaire aux droits de l’homme (de l’ONU) de visiter le Xinjiang en toute liberté».
 
Dans la matinée, interrogé sur la radio France Info, le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire a lui aussi évoqué une pratique «révoltante et inacceptable, et (que) nous condamnons fermement».
 
Cette question «doit évidemment faire partie de la discussion que nous avons avec nos partenaires chinois», a ajouté le ministre, sans se prononcer sur l’existence d’éventuelles importations de France de masques qui seraient fabriqués dans des centres d’internement forcé en Chine.
 
Les Etats-Unis ont annoncé lundi placer onze entreprises chinoises sur une liste noire, ce qui limite leur accès à des technologies et produits américains, parce qu’elles participent à la persécution de la minorité ouïghoure.
 
Ces onze entreprises «sont impliquées dans des violations des droits de l’Homme liées à la mise en oeuvre de la campagne de répression, d’incarcération de masse, de travail forcé, de collecte involontaire de données biométriques et d’analyses génétiques visant les minorités musulmanes de la région autonome ouïghoure du Xinjiang», accuse le gouvernement américain.
 
Washington, tout comme d’autres capitales occidentales ainsi que des organisations de défense des droits humains, accuse la Chine d’avoir interné dans la région du Xinjiang au moins un million de musulmans.

Des mensonges selon Pékin
 
La Chine dément ce chiffre et affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi afin de l’éloigner de la tentation de l’extrémisme islamiste.

La Chine a dénoncé mercredi des «mensonges» après les critiques de la France sur la situation de la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang, dans le nord-ouest du pays. «Nous sommes fermement opposés à l’utilisation des questions religieuses à des fins politiques et d’ingérence dans les affaires intérieures de la Chine», a déclaré devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, interrogé sur les commentaires de Paris.

Le porte-parole de Pékin a assuré que la politique de son pays dans la région ne relevait pas des droits de l’Homme ni de la liberté de culte, mais de la lutte contre «le terrorisme et le séparatisme».

Il a dénoncé les «mensonges» selon lesquels les centres de formation professionnelle au Xinjiang seraient «des camps de concentration» où «plus d’un million de Ouïghours» seraient «emprisonnés».

La politique de Pékin au Xinjiang «ne vise aucun groupe ethnique spécifique ni religion», a-t-il affirmé.

  


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