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Culture

Najib Refaif et sa carte de presse N°78

Un livre, un auteur


Rédigé par Abdallah BENSMAÏN le Mercredi 29 Avril 2020



Najib Refaif et sa carte de presse N°78
Journaliste de la presse écrite, ayant longtemps régné sur la fiction à 2M, Najib Refaif a « atteint l’âge d’avoir des souvenirs » depuis quelques années déjà. Auteur d’un premier recueil de chroniques, il a commencé son parcours à Al Maghrib, à la fin des années 70, qu’il continue à La Vie Eco, en passant par Le Message de la Nation et Le Courrier de l’Atlas. Autant dire qu’il est toujours sur la brèche et qu’il a vécu la révolution technologique des médias et ses mutations éditoriales. Diwan, une émission littéraire sur 2 M, née dans les années 90, c’est encore lui, ainsi que l’émission éponyme sur radio 2M.

Sur la profession, Najib Refaif a beaucoup de choses à dire et il le dit sur le mode du souvenir. D’une discrétion sans limite, il est difficile de le faire parler de la presse actuelle, sinon qu’elle a évolué ! Ce qui lui manque, tout en sachant, qu’il ne peut faire revivre le passé, car, comme avait dit Abdelkrim Ghellab, « Le passé est enterré », c’est une certaine ambiance, des lieux de travail et de rencontres avec les collègues et amis.

C’est ainsi que le lecteur sera étonné de découvrir que l’immeuble qui fait angle avec les rues Moulay Abdallah et Damas (Dimachk, pour les puristes de la langue arabe !), s’appelait, joliment, musicalement, le Clavecin et avait abrité la rédaction des journaux Al Mithaq-Al-maghrib. A l’époque, il ne comportait que 2 étages, en dur, alors que l’immeuble érigé en lieu et place est « en verre et contre tous », comme aurait dit Najib Refaif.

Raconter le passé que l’on a vécu, directement ou comme témoin, n’est pas radoter et moins encore écrire l’histoire, car « la mémoire est un poète, et il n’est nullement question dans ce projet d’en faire un historien, ni un histrion. ». Najib Refaif a le sens du mot, juste mais peu courant. C’est une écriture d’érudition où l’auteur est un lecteur averti, qui puise ses références dans la littérature, avec des pointes d’humour qui donnent de la vivacité au ton de la chronique. De Fès, sa ville natale, qu’il raconte avec nostalgie, « la mémoire en bandoulière », Najib Refaif a traversé des lieux, rencontré des personnages attachants et pétris de mots, car entièrement dans le débat (les années 70 sont des années fastes pour les débats idéologiques et les cafés étaient de véritables agoras !), un débat dans lequel « La réalité est faite de noms, pas d’adjectifs ».

Auteur d’ « Un temps marocain », un ensemble de chroniques qui ont traversé le temps pour s’inscrire dans la durée, « Carte de Presse N°78 », s’organise autour de cette question : « De quoi est faite la vie d’un homme ? De son identité ? Et de quoi est faite son identité ? Pas seulement d’une date et d’un lieu de naissance inscrits sur ses papiers officiels. Elle participe de ce vaste territoire de la mémoire riche de sédimentations composites où se bousculent des souvenirs qui s’y disputent la moindre parcelle. ». Le lecteur est ainsi prévenu : Najib Refaif n’arpente pas le Maroc, sa ville de Fès, Rabat, Casa… la profession de journaliste qui est la sienne, mais le territoire de la mémoire, autrement plus vaste, insaisissable et fascinant.

Abdallah BENSMAÏN

  


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