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Sport

Mohamed Mouktabil : « Balayons d’abord devant nos portes »

Karaté


Rédigé par Mohamed MELLOUK le Lundi 20 Juillet 2020

Le président de la Fédération Royale Marocaine décortique la situation de la discipline depuis le début de la propagation de la pandémie



Mohamed Mouktabil : « Balayons d’abord devant nos portes »
C’est une vidéo du président de la Fédération Royale Marocaine de Karaté et Disciplines Associées, Mohamed Mouktabil, aussi édifiante qu’instructive qui a fait le tour de la toile.    Dans cette vidéo, le président décortique la situation de la discipline depuis le début de la propagation de Corona Virus jusqu’au confinement en passant par toutes les situations engendrées par cet état d’exception.

Une situation pathétique
Le président y dresse un tableau sincère mais très pathétique de la situation du karaté et sports assimilés, des entraîneurs, des combattants du désengagement du ministère de la Jeunesse et des Sports. Cette institution qui a failli à son devoir et qui a brillé par son absence lors des moments difficiles alors que tous les Marocains s’étaient rangés derrière notre Souverain qui a donné l’exemple.

Il relate les souffrances des sportifs qui endurent, les solutions apportées, les championnats organisés, l’appel à des experts, la découverte avec bonheur des visioconférences, du championnat chez soi, de la mobilisation de la FRMK pour venir en aide à toutes les composantes du karaté dans le domaine de la formation. Mohamed Mouktabil s’est très souvent identifiés à tous ceux qui souffraient. Il a même poussé son engagement jusqu’à refuser cette invitation du ministère de tutelle qui n’a pas été l’interlocuteur souhaité.

« Alors que nous nous apprêtions à organiser la traditionnelle Coupe Internationale Mohammed VI qualificative pour les Jeux Olympiques, le Royaume du Maroc, comme le reste du monde, est frappé de plein fouet par le Covid-19. S’en suit les Hautes Instructions du Souverain d’arrêter toute activité quelle qu’elle soit ».

« A l’Institut Royal de Karaté, explique le président Mouktabil, dans la perspective de la Coupe Internationale Mohammed VI et les cycles de formation pratiquement 70% des membres de l’équipe nationale étaient là. Le reste se trouvait alors chez eux. Pour le système de visioconférence nous n’étions pas chauds; mais qu’elle fut notre surprise lorsque nous avons découvert les bienfaits de cette méthode. Des cours précis suivis avec assiduité sous la houlette d’un maître de katas belge », avance-t-il.

« Nous avions besoin de réconfort et de soutien »

« Force est de reconnaître qu’il y avait une crise qui a motivé cette invitation du MJS », constate Mouktabil. « Personnellement, je ne voulais pas y aller. Seule la présence de tous les maîtres du Karaté du Maroc m’avait contraint à répondre à cette invitation inappropriée et dont le timing est très malvenu. J’en ai fait part à Mme la Secrétaire du MJS et au directeur des sports. Il fallait nous appeler au paroxysme de la crise alors que nous souffrions. Lorsque vous portez du yaourt et un fruit à malade, ce dernier ne les mangera pas parce que le médecin le lui a interdit. Mais le malade n’oubliera jamais ce geste. Nous avions besoin de réconfort et de soutien au moment des souffrances. Mais la confusion qui régnait au ministère nous a privés d’interlocuteur. Personnellement, je m’adresse à une institution pas aux personnes. Les Institutions sont éternelles. Le ministère n’est rien sans les fédés qui ne sont rien sans les clubs ! C’est une réaction en chaîne. Mes suggestions ont été prises en considération. Car cette séance au MJS était réconciliatrice sans plus. Car la secrétaire générale n’est pas en mesure de prendre des décisions ; elle en fera, donc, part au nouveau ministre qui vient d’être investi et qui a besoin d’un peu de temps », conclut-il.

Puis Mohamed Mouktabil va se lancer dans un impitoyable réquisitoire contre des ministères (MJS, Enseignement…) devant lesquels tout est flou ; néanmoins, il reconnaît que le puisement dans le scolaire est un projet ambitieux qui a besoin de 20 ans pour être concrétisé.
                                                                                      

Repères

« Organisons nos fédérations »
« Commençons d’abord par balayer devant nos portes. Organisons nos fédérations avec tout ce que le mot veut dire. Donnez-nous des moyens et exigez des comptes. Il faut vraiment être culotté pour demander à des clubs ou fédération des comptes alors qu’ils n’ont pas le sou. Mais qu’est-ce que c’est ça ? Et pourtant notre Souverain a déjà tracé la feuille de route en 2008. Tout y est. Mais la cécité qui a frappé les responsables les a empêchés d’ouvrir grand leurs yeux et appliquer ce qui a été écrit ».
« Les entraîneurs souffrent »
Mais dans cette situation optimiste, une zone d’ombre : l’entraîneur. 850 associations sportives étaient affiliées à la FRMK mais 150 ne l’étaient pas. Dans leur situation très critique, ils étaient comme des « orphelins » pour reprendre l’expression du président. En concertation avec les autres présidents, il a été relevé que ces clubs non affiliés avaient des pratiquants de karaté, full contact, taekwondo ou aérobic ou encore de la musculation. La majorité de ces clubs résidaient dans des quartiers populaires, n’ont ni CNSS, ni autres ressources. « Et ils souffrent », acquiesce le président Mouktabil. Ces clubs pauvres doivent, manu militari, être assistés...