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Mehdi Sekkouri : « Nous souhaitons attirer l’attention sur le sport, un secteur économique comme les autres »

Entretien avec Mehdi Sekkouri, l’initiateur des « Morocco Sports Awards »


Rédigé par Safaa KSAANI le Mercredi 30 Décembre 2020

Pour interpeller les décideurs sur la situation du secteur sportif, le Directeur général de STADIA se mobilise.



Mehdi Sekkouri
Mehdi Sekkouri
- Mettre en avant les acteurs du secteur sportif, en organisant l’événement annuel “Morocco Sports Awards”. Comment est venue cette idée ?
- Étant un des acteurs importants du secteur sportif du Maroc, nous avons pensé à cet événement qui se veut annuel, et qui a pour ambition de valoriser les bonnes pratiques, de mettre en lumière des initiatives impactantes et de rendre hommage aux personnalités qui se sont distinguées au sein de l’écosystème sportif marocain au cours de l’année 2020. A travers cette initiative, nous souhaitons mettre en avant les acteurs d’un secteur économique à part entière qui n’a plus rien à envier aux autres secteurs en terme de création de richesse et d’emploi, mais qui reste malheureusement sous-estimé sur le plan institutionnel.

- Quelle sera la particularité de la première édition des Morocco Sports Awards, qui aura lieu virtuellement le 26 janvier prochain ?
- C’est une première en Afrique et au Maroc. Nous proposons une nouvelle plateforme pour mettre en avant le rôle des acteurs qui participent activement à l’économie du sport au Maroc. Cette année, une attention particulière sera portée aux actions innovantes, engagées et responsables contribuant à la fois au développement du sport national mais aussi à la société marocaine. Cette première édition sera tenue sous le thème « Tous pour une économie du sport performante et responsable ».

- Comment sera organisée cette première édition ?
- L’événement aura lieu virtuellement le 26 janvier 2021. Il y a un jury composé d’une dizaine de professionnels du secteur sportif, qui va étudier les candidatures, qui peuvent être soumises aux organisateurs jusqu’au 19 janvier 2021 prochain à minuit. Sept Awards en jeu seront arbitrés par ce jury : Personnalité de l’année, Sponsor de l’année, Start-up de l’année, Entreprise innovante de l’année, Entreprise engagée de l’année, Trophée «Riadia» de l’année, et Coup de cœur de l’année. Les noms des gagnants seront dévoilés le 26 janvier.

- Jusqu’à quel point la pandémie a perturbé le secteur sportif national ?
- Nous avons constaté que depuis le mois de mars dernier, l’écosystème sportif marocain a plongé dans une situation catastrophique sans précédent : les salles de sport fermées, les évènements annulées, etc. Malgré cela, aucun plan de sauvetage et de relance de notre secteur n’a été proposé par l’Etat, alors que c’est un secteur de poids dans notre économie et qui plus est extrêmement lié au bien-être et à la santé des Marocains. De plus, nous n’avons pas d’interlocuteur officiel pour nous aider à faire face à cette crise. Nous ne sommes pas là pour pointer du doigt quiconque, mais pour tendre notre main en vue de parvenir, ensemble, à des solutions concrètes et pragmatiques.

- A combien estime-t-on les pertes causées au secteur du sport par la pandémie ?
- Personne ne peut vous répondre aujourd’hui en l’absence d’étude sur cette question. Nous sommes d’ailleurs actuellement en train de mener une étude dans ce sens qui sera publiée en février prochain. Cette étude a pour objectifs de mesurer l’impact de la pandémie sur le secteur sportif, et faire des recommandations au gouvernement, pour soutenir ce secteur. Une chose est sûre : l’année 2020 a été catastrophique pour notre secteur dont de nombreux acteurs ont déjà dû jeter l’éponge.

- D’autres projets sont-ils en vue ?
- Avec plusieurs confrères, nous nous sommes engagés à organiser mensuellement, à partir du mois de janvier, une action en vue de fédérer les différents acteurs de notre secteur et par la même occasion attirer l’attention du gouvernement sur l’importance de cet écosystème sur notre économie. Il faut arrêter de considérer le sport dans ce pays comme un loisirs uniquement. Le sport est également une industrie qui n’a rien à envier aux autres industries de ce pays si ce n’est le manque de considération sur le plan institutionnel. Notre première action est bien évidemment l’organisation des Morocco Sports Awards qui sera suivie de la publication de notre étude puis la création d’une organisation interprofessionnelle réunissant les acteurs de l’économie du sport au Maroc.

Recueillis par Safaa KSAANI

Portrait

De journaliste à dynamiseur du secteur sportif
A 40 ans, l’initiateur des Morocco Sports Awards n’en est pas à sa première performance. En 2016, Mehdi Sekkouri a fondé le “Salon International du Sport et des Loisirs”, qui a pris le nom de “Africa Sports Expo”, “afin d’en faire l’événement référence sur le continent et par la même occasion accompagner la politique africaine du royaume”, nous explique-t-il.

A la tête de l’agence STADIA, Mehdi Sekkouri est depuis une dizaine d’années intervenu sur quasiment tous les plus grands événements sportifs organisés au Maroc, en l’occurrence : la Coupe du Monde des Clubs FIFA, la Coupe du monde Danone, le Grand Prix Hassan II de tennis, le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), le Trophée des Champions, le lancement de la NBA, entre autres. En plus d’intervenir auprès de clients privés ou publics marocains ou étrangers, STADIA produit pour son compte des événements internationaux dont Africa Sports Expo, le plus grand Salon du sport en Afrique.

“En plus de l’événementiel, nous opérons également dans le conseil auprès de différentes institutions privées ou publiques, nationales et internationales”, tient-il à préciser.

Avant de s’illustrer dans le milieu sportif, Mehdi Sekkouri s’est distingué dans une autre vie, dans les médias cette foisci. Entre 2005 et 2011, il était journaliste puis rédacteur en chef du magazine Telquel avec lequel il a remporté, en 2008, le Prix francophone de la liberté de la presse. Un Prix décerné par Radio France Internationale, Reporters Sans Frontières et l’Organisation Internationale de la Francophonie.
S. K. 

Repères

Le virtuel vol au secours du monde sportif
Le numérique est devenu une nécessité absolue pour maintenir les activités sportives, dans un contexte marqué par la pandémie. Au niveau mondial, le Grand Prix virtuel de la catégorie reine des sports automobiles, la F1, est le premier événement sportif à avoir lieu virtuellement. La F1, mais aussi la Formula-E, la Nascar, le football, le basket ou la voile, les championnats virtuels se sont multipliés, à l’initiative des fédérations, de sportifs ou de personnalités de l’e-sport. Au Maroc, les deux clubs phare de la Botola Pro, le Raja et le Wydad, ont pris l’initiative pendant le confinement d’organiser deux matchs virtuels contre le Coronavirus pour collecter des fonds au profit de l’élan national de solidarité en faveur du Fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie du nouveau Coronavirus. D’autres événements sportifs ont suivi la nouvelle vague, à l’instar du 1er championnat arabe virtuel de taekwondo (catégorie Poomsae).
L’Africa Sports Expo 2020 annulée
Deux semaines avant son lancement du 26 au 29 mars dernier, le Salon dédié au sport et au bien-être en Afrique, “Africa Sports Expo”, a été annulé, à cause de la pandémie du Coronavirus. Les passionnés et les professionnels n’ont donc pas pu se retrouver pendant quatre jours autour de la thématique «l’innovation au cœur du développement de la pratique du sport pour tous ». Pour ce rendez-vous, les organisateurs avaient décidé de s’offrir un espace d’exposition beaucoup plus étendu. Jusqu’à présent, il n’y a pas de visibilité quant à une éventuelle réorganisation de cet événement, en 2021, déplore Mehdi Sekkouri.

  


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