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Actu Maroc

Méditerranée: L’INRH, la CGPM et l’UMP s’allient pour la recherche scientifique


Rédigé par Oussama ABAOUSS le Dimanche 2 Mai 2021

Les trois institutions viennent de signer un protocole d’accord pour encourager la formation et la recherche dans le domaine de la pêche et des sciences de la mer.



Lundi 26 avril, l'Institut National de Recherche Halieutique (INRH) et l'Université Mohammed Premier (UMP) d’Oujda ont signé un protocole d'accord avec la Commission Générale des Pêches pour la Méditerranée (CGPM) afin d’encourager la formation et la recherche dans le domaine de la pêche et des sciences de la mer au sein de la région méditerranéenne. « La collaboration entre les acteurs de la région est au cœur de la stratégie de la CGPM et il est crucial d’encourager l’adoption de pratiques durables dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture en Méditerranée », souligne un communiqué de la Commission Générale. En cette journée internationale de la Terre, cet accord permettra à chaque entité de déployer une approche et des compétences qui lui sont propres : l'UMP contribuera aux formations techniques, l'INRH renforcera les capacités de recherche et la CGPM apportera son expertise tout en participant à la diffusion des résultats au niveau régional.

Renforcer les synergies

« Ce protocole d'accord contribuera à l’essor de la prochaine génération de chercheurs et de décideurs dans la région », précise Abdellah Srour, Secrétaire exécutif de la CGPM. « Cette approche permettra de renforcer les synergies en matière de recherche ainsi que l'échange de bonnes pratiques dans l’ensemble de la région méditerranéenne, ce qui est essentiel car la prise de décision portant sur nos ressources marines doit s’appuyer sur des données factuelles », poursuit la même source. Le communiqué de la CGPM souligne par ailleurs que le protocole d’accord signé entre les trois institutions lors d’une visioconférence organisée à cette occasion « s’inscrit dans la continuité de la Déclaration MedFish4Ever ratifiée par le Maroc, augmentera la visibilité de l’UMP, de l’INRH et du Maroc dans le domaine de la recherche scientifique en Méditerranée, tout en favorisant l’échange d’informations entre les institutions œuvrant dans le domaine de la pêche et des sciences de la mer ».

Une unité conjointe

Une unité conjointe de recherche sera créée à l'UMP au cours de l’année 2021 afin de développer la formation et la recherche dans le domaine des sciences de la mer. « Cette initiative vient en réponse aux besoins identifiés lors du Forum de la CGPM sur les sciences halieutiques en mer Méditerranée et en mer Noire (Fish Forum 2018) », indique le communiqué de la CGPM. Cette unité de recherche assurera le suivi et l’évaluation des résultats des projets de recherche conjoints ainsi que des formations et des programmes éducatifs, et contribuera ainsi aux objectifs de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable 2021-2030 tout en mobilisant l'engagement des parties prenantes afin de faire progresser la recherche scientifique et l’innovation à l’appui de la gestion durable des océans. En outre, le protocole d’accord marquera le lancement d’un programme de Master en sciences marines à l'UMP.

Un accord « bienvenu »

« La situation des écosystèmes marins méditerranéens est particulièrement préoccupante », estime pour sa part Abdelmalek Faraj, directeur de l’INRH. « Tous les efforts en matière de recherche et de formation doivent donc être déployés pour intensifier nos travaux et améliorer nos connaissances sur la Méditerranée. Le renforcement de nos liens avec la CGPM et l’UMP en faveur de la durabilité est donc particulièrement bienvenu », ajoute la même source. À noter que l'unité technique de la CGPM pour la Méditerranée occidentale appuiera la mise en œuvre du protocole d'accord et fournira l'expertise permettant de réaliser ses activités dans le cadre de l'Objectif Stratégique 2 de la FAO, visant à « rendre l'agriculture, la foresterie et la pêche plus productives et plus durables », et de la Cible 1 de la stratégie à moyen terme de la CGPM : « Inverser l’évolution négative des stocks halieutiques en renforçant les avis scientifiques à l'appui de la gestion ». Ce protocole d'accord restera en vigueur pendant cinq ans, jusqu'en 2026.
 

​3 questions à Abdelmalek Faraj, directeur de l’INRH

Méditerranée: L’INRH, la CGPM et l’UMP s’allient pour la recherche scientifique

« C’est une initiative importante où tout le monde est gagnant »

Directeur de l’Institut National de Recherche Halieutique, Abdelmalek Faraj a répondu à nos questions sur l’accord signé avec l’UMP et la CGPM.

 -Quel rôle joue l’INRH dans la formation des chercheurs dans le domaine halieutique ?

- L’INRH est un institut de recherche appliquée, à cheval entre la recherche, le terrain, l’observation et l’accompagnement de l’administration et du secteur de manière générale. L’INRH n’est pas un établissement de formation. Il dépend néanmoins des ressources humaines formées dans les universités. Chaque année, nous avons des personnes qui arrivent pour faire des stages ou des doctorats, ce qui fait de l’INRH une plateforme importante pour réceptionner les étudiants spécialisés dans le domaine halieutique. C’est important pour notre travail puisque cette dynamique constitue un moteur pour la recherche mais c’est également important pour les universités et les étudiants puisque ça permet de concrétiser et de mettre en pratique les aspects théoriques de leurs formations.

- Quelle sera la valeur ajoutée de l’accord qui a été signé entre l’UMP, l’INRH et la CGPM ?

- Cette initiative permet de rassembler les trois entités autour d’une problématique commune qui est la Méditerranée. L’idée est de mettre en place une structure et un canal de travail commun qui, d’un côté, permet pour la recherche de drainer des étudiants, et, de l’autre côté, nous permet nous qui sommes sur le terrain d’orienter les formations vers les problématiques et défis concrets du secteur. C’est une initiative importante où tout le monde est gagnant.

- Ce travail en bonne intelligence se limitera-t-il à la Méditerranée ?

- L’accord évoque la Méditerranée car c’est le territoire de prédilection de la CGPM. Ce choix peut aussi s’expliquer par le fait que les étudiants de l’Université basée à Oujda orientent plus souvent leurs travaux vers la Méditerranée. À l’INRH cependant, notre collaboration et notre coopération avec les universités se font à l’échelle nationale.