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Mandats d'arrêt de la justice belge : Un coup de bluff judiciaire ?


Rédigé par L'Opinion Mercredi 15 Février 2023

Au moment où Paris tente tant bien que mal de réchauffer ses relations avec Rabat, la France s’est trouvée acculée dans un dilemme cornélien en se voyant sollicitée par la Justice belge de lui livrer des responsables marocains, selon des révélations du Figaro. La demande belge embarrasse les autorités françaises. Décryptage d’un "coup de bluff judiciaire" qui intervient dans un moment sensible des relations franco-marocaines. Détails.



Il va sans dire que la Résolution du Parlement européen a donné un nouveau coup de froid aux relations franco-marocaines, qui demeurent glaciales malgré la nomination d’un nouvel ambassadeur et l’annonce d’une prochaine visite du Président Emmanuel Macron au Maroc. La participation active des eurodéputés macronistes dans le vote de la Résolution hostile au Royaume a été de nature à exacerber la crise de confiance.
 
Maintenant, Paris est face à une nouvelle décision qui serait lourde de conséquences. Les autorités françaises auraient reçu un mandat d’arrêt de la part de leurs homologues belges contre des responsables marocains, à en croire une révélation du Figaro, relayée par son grand reporter pour l’Afrique du Nord et du Moyen Orient, Georges Malbrunot. Le sérieux d’une telle démarche est mis en doute par plusieurs commentateurs. Maître Mehdi Salmouni Zehrouni, spécialiste du droit européen, y voit un “coup de bluff judiciaire”.
 
Au-delà de ces soupçons, la demande de la police belge n’a pas manqué d'embarrasser les autorités françaises, dont une source diplomatique s’est confiée au quotidien de droite. Celle-ci a fait part de l’embarras qui règne à Paris, en laissant entendre que le gouvernement français mesure l'ampleur des conséquences de l’arrestation des responsables visés, dont l’identité n’a pas été révélée. “Nous sommes embarrassés, ces personnes ont des enfants en France. Nous n'aurions pas dû les arrêter à leur descente d’avion s’ils venaient les voir”, a lâché le diplomate au Figaro qui s’est fait le porte-parole de son pays.
 
Les autorités françaises semblent vouloir éviter tout incident ou désagrément diplomatique à la veille de la visite annoncée d’Emmanuel Macron au Maroc. Une visite dont la date exacte n’a pas été officiellement communiquée. Ce qui est sûr, c’est que la préparation de l’arrivée du Chef d’Etat français a été l’une des raisons de la dernière visite de la ministre des Affaires étrangères au Maroc, Catherine Colonna.
 
Paris pourra-t-il céder à la pression de la Justice belge au risque de sacrifier ses liens avec le Maroc ? Cette hypothèse est peu vraisemblable, selon Ahmed Dardari, expert en relations internationales et président du Centre international d'observation des crises et de prospection des politiques. “Je ne pense pas que les autorités françaises puissent donner une suite favorable aux demandes des autorités belges, car cela risque d’avoir des conséquences sur les relations avec le Maroc et de susciter une polémique en France, ce qui n’est point de l’intérêt du président Macron”, estime notre expert, qui ne donne pas beaucoup d’importance à la demande des autorités belges, qui n’est  qu’un coup de communication.
 
M. Dardari insiste sur le fait qu’il ne faut pas détourner les yeux du fonds de l’affaire : le scandale de corruption qui concerne uniquement le Parlement européen, dont quelques membres s’obstinent à vouloir y associer le Maroc dans une démarche de pur acharnement. “Les élus européens sont les principaux corrompus en vertu de la responsabilité qui leur est confiée au sein du Parlement européen, et leur acceptation de recevoir des sommes d’argent naturellement de l'extérieur de l'Europe en général”, poursuit notre interlocuteur.
 
En effet, la démarche de la police belge a soulevé beaucoup de questions. Le président de la Commission mixte Maroc-UE, Lahcen Haddad, a fait part de son étonnement de voir que les autorités belges font appel aux autorités françaises au lieu de transmettre leur demande au Maroc. “Pourquoi la justice belge demande-t-elle aux autorités françaises et pas aux autorités marocaines?”, s’est-il demandé, sur son compte Twitter, ajoutant avec ironie :  “À ce que je sache, le protectorat français du Maroc est bel et bien terminé depuis 1956. Le sait-elle ? Le savez-vous ?”.
 
Ce genre de révélations sont devenues coutumières depuis l’éclatement de ce qu’on appelle le “Qatargate”, lié à des soupçons de corruption des membres du Parlement européen par les pays tiers. Sans la moindre preuve, le nom du Maroc a été associé à cette affaire. Ce qui rappelle l’épisode de l'affaire « Pegasus » où le nom du Maroc a été prétendument cité sans que les accusations relayées largement par les médias français ne soient prouvées.
 
À court de preuves, le Parlement européen s’est obstiné à impliquer le Maroc en l’attaquant sur le terrain des droits de l’Homme. “Le Maroc reste la cible de certains partis opérant au sein du PE.  Avec des agendas cachés, ces derniers multiplient les attaques médiatiques pour entraîner le Parlement européen dans des manœuvres anti-marocaines”, explique Ahmed Dardari à cet égard, ajoutant qu’il est clair que certaines mouvances au sein du PE n’hésitent pas à faire du chantage pour servir des intérêts de circonstance sans tenir compte des équilibres et des intérêts stratégiques. Cette attitude a été sévèrement décriée par l’eurodéputé français Thierry Mariani, qui, lors d’une séance plénière tenue lundi, a décrié les agissements de ses collègues en appelant  à renouer le dialogue avec le Maroc, “l’un des piliers de la politique européenne en Afrique".










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