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Culture

MAGAZINE : Donald Sutherland, disparition d’un Salopard


Rédigé par Anis HAJJAM le Dimanche 30 Juin 2024

L’acteur canadien s’éteint le 20 juin à l’âge de 88 ans. Il aura brillé dès 1967 avec son rôle dans « Les Douze Salopards ». Il tourne avec de grands réalisateurs qui lui vouent un respect absolu. Une carrière de six décennies, un parcours détonnant où les personnages se suivent sans jamais se ressembler.




Les deux Sutherland, Donald et Kiefer, père et fils.
Les deux Sutherland, Donald et Kiefer, père et fils.
C’est son fils, l’acteur Kiefer, qui annonce la mort de Donald Sutherland, lui qui dit de son père : « Il n’a jamais été intimidé par un rôle, qu’il soit bon, mauvais ou laid. Il aimait ce qu’il faisait et faisait ce qu’il aimait, et on ne peut rien demander de plus. Une vie bien vécue. » Bien vécue avec des collaborations déterminantes : Robert Aldrich, Federico Fellini, Robert Altman, Alan J. Pakula, Claude Chabrol… Avec un air moqueur qu’il administre à tout ce qui l’entoure, l’immense interprète marque durablement les personnages qu’il campe. Haut de son mètre quatre-vingt-onze, il impressionne dans différents registres : salopard parmi d’autres, fasciste, médecin militaire, tyran, Casanova… Le futur grand acteur commence par s’illustrer comme disc-jockey dans des radios canadiennes avant de décider de pousser la porte de l’univers théâtral à l’université de Toronto. Cap ensuite sur l’Angleterre où il suit des cours à la London Academy of Dramatic Art. Ce cursus terminé, il décroche son premier rôle dans une humble série télévisée italienne, « Le château des morts-vivants ». Nous sommes en 1963. Deux années plus tard, il s’engage dans un film de guerre, « Aux postes de combat ». En fait, deux mises en bouche avant qu’il ne décroche son véritable premier grand rôle, grâce à Robert Aldrich qui lui offre de camper en 1967 l’un des douze salopards dans le long métrage du même nom, aux côtés de Lee Marvin, Charles Bronson, John Cassavetes, Telly Savalas. Poursuivons avec Allo Ciné : « Le public le découvre cependant en 1970 avec ‘’Mash’’, où il interprète un médecin extraverti. Sa carrière sera d’abord émaillée de prestations excentriques et décalées. Avec le rôle de l’inspecteur dans ‘’Klute’’ (1971) donnant la réplique à Jane Fonda, Donald Sutherland s’impose dans le registre dramatique. Militant pacifiste, il collabore avec la même Jane Fonda au scénario et à la réalisation de ‘’F.T.A’’ (1972) dénonçant l’engagement américain au Vietnam. Très prolifique, le comédien accumule les compositions de tous genres : architecte dans ‘’Ne vous retournez pas’’ (1973), notable pathétique dans ‘’Le Jour du fléau’’ (1975), fasciste dans ‘’1900’’ (1976), interprète du ‘’Casanova’’ de Fellini, espion dans ‘’L’ Aigle s’est envolé’’ ou encore chasseur de mutants dans ‘’L’Invasion des profanateurs’’ (1978), il prend même le temps de jouer sous la direction de Claude Chabrol (‘’Les Liens du Sang’’, 1978). On le voit parfois jouer des rôles d’hommes discrets, comme de professeur d’histoire afrikaner luttant contre l’apartheid dans ‘’Une saison blanche et sèche’’, mais ce sont les rôles d’hommes odieux et extrêmes qui sont les plus récurrents dans sa carrière. Il est ainsi le corrompu et immoral directeur de prison de ‘’Haute sécurité’’, le militaire inquiétant et conspirateur de ‘’Alerte’’ ou encore le conseiller politique véreux de ‘’Haute Trahison’’. » Mais la carrière de Donald Sutherland ne connaît pas de répit. A plus de 80 ans, ce monstre du cinéma demeure très actif devant la caméra qu’il tutoie pendant plus de 60 ans. 
 
La vie dans l’autre sens

Il y a près d’un quart de siècle, Sutherland voit son existence à l’envers : « Je n’ai que 65 ans, je suis beaucoup trop jeune pour penser à la mort. De toute façon, je suis pour la vie dans l’autre sens. Je trouve qu’on devrait commencer par la mort, comme cela on serait débarrassé de cette angoisse. Puis on vous installerait dans une maison de repos, de laquelle on finirait par vous mettre à la porte parce que vous êtes trop jeune. On passerait quelques années à voyager ou à jouer au golf, puis on nous donnerait une montre en or et on commencerait à travailler. Cela durerait trente à quarante ans. Quand on aurait rassemblé toute cette expérience, on entrerait à l’université où l’on pourrait apprécier pleinement d’autres expériences comme le sexe, être saoul ou essayer quelques drogues. Puis on irait au lycée, à l’école primaire et enfin à la maternelle. On se ferait câliner par une femme pendant trois ou quatre ans, ensuite on sucerait goulûment une douce mamelle, on passerait neuf mois dans un ventre bien chaud et la vie se terminerait par un orgasme ! Beaucoup plus chouette comme ça non ? » Voilà qui tranche avec une carrière où les rôles de personnages abominables prennent souvent le dessus chez cet artiste espiègle et submergé d’un humour déroutant.  



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