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Actu Maroc

M Pharma dénonce l’absence de contrôle de la vente de médicaments sur la Toile

Entretien avec le Dr Mohamed Salami, Président de M Pharma


Rédigé par Safaa KSAANI le Jeudi 14 Janvier 2021

Un réseau de trafic de médicaments contre le Covid-19 sur Internet vient d’être démantelé. Des opérations qui connaissent une recrudescence face au mutisme du ministère de la Santé.



Dr Mohamed Salami
Dr Mohamed Salami
- Un réseau de trafic de médicaments anti-Covid-19, dont des paquets de vitamine C et des boîtes de zinc, sur Internet, a été démantelé. Un fait nouveau qui touche le secteur de la Santé ?
- En effet, les investigations de la police ont été menées sur la base d’une plainte déposée auprès du parquet général compétent par la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc, après la constatation d’un trafic inédit de médicaments sur la Toile. Il convient de rappeler que les responsables de la Confédération avaient procédé de la même manière après avoir constaté que certaines associations de maladies chroniques commandaient et vendaient des médicaments sans autorisation. La Confédération avait déposé une plainte il y a presque trois ans. Les résultats de l’enquête qui a été menée à ce sujet ont montré que ces opérations étaient illégales. 

- Qui contrôle la vente illicite de médicaments en ligne ?
- Cette pratique présente de sérieux dangers pour la santé des personnes malades. En plus, l’absence de contrôle encourage la circulation d’importantes quantités de médicaments dont l’origine est inconnue. Jusqu’à présent, au Royaume, aucune loi ne réglemente les opérations de vente de médicaments et de compléments alimentaires sur la Toile. Normalement, tout ce qui touche à la santé des personnes doit passer sous la main du ministère de la Santé. Actuellement, des médicaments sont vendus dans des épiceries. Ils peuvent être périmés, contrefaits ou toxiques. Qui doit les contrôler ?

- Qu’est-ce qui doit être fait par le ministère de la Santé pour mettre fin à cette activité illicite ?
- Le ministère de la Santé doit, le plus rapidement possible, proposer des projets de loi pour régulariser les opérations de vente et d’achat, sur la Toile, de tout ce qui est en rapport avec la santé, en l’occurrence les médicaments, les compléments alimentaires, les dispositifs médicaux... Ces projets de loi ne suffiront pas en l’absence d’un suivi et d’un contrôle continus de ces pratiques en ligne.

- La vitamine C figure parmi la liste des médicaments vendus par ce réseau criminel. Pourquoi cet engouement pour cette substance ?
- Un faible dosage de la Vitamine C est considéré comme un complément alimentaire et non comme un médicament. C’est pour cette raison que cette bande a saisi cette occasion pour en commercialiser de faibles dosages.

- Les stocks de la vitamine C sontils rassurants actuellement ?
- Malheureusement, il n’y a que deux laboratoires nationaux qui produisent de la vitamine C. Selon les responsables de ces laboratoires, que j’ai contactés, la production de la vitamine C a été multipliée par dix depuis que les cas d’infection au nouveau Coronavirus se sont multipliés au Maroc. Pourtant, la demande était plus élevée que l’offre. Le ministère de la Santé s’est accaparé la part du lion en matière de vitamine C et de Zinc. D’où l’épuisement de ces stocks. Pourtant, plusieurs mesures pouvaient être prises par le ministère de la Santé, dont le fait d’autoriser provisoirement d’autres laboratoires à produire de la vitamine C. Actuellement, la demande a diminué malgré l’apparition des nouveaux cas d’infection au Covid-19.

Recueillis par Safaa KSAANI

Portrait

Un engagement sans failles pour sa corporation 
Après un bac es sciences expérimentales en 1981 au Lycée Ibn Zohr à Ouazzane, Mohamed Salami a continué ses études supérieures en pharmacie à Montpellier. En 1989, il obtient son Doctorat. Depuis, il a ouvert sa première pharmacie à Sidi Slimane, où il a passé treize années avant de s’installer à Rabat.

Le Dr Mohamed Salami a occupé plusieurs postes de responsabilité dans des syndicats de pharmaciens. Cet ancien membre actif de la Fédération Nationale des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (FNSPM) a eu l’idée de créer l’Association des pharmaciens lauréats de Rabat, ouverte à tous les pharmaciens, de toutes origines. Il a également présidé une association des personnes diabétiques.

En 2010, il a fondé une autre association nationale, baptisée “Le Monde des pharmaciens marocains (M Pharma)”, dont des sections ont vu le jour dans les différentes villes du Royaume. Mais ce n’est pas fini ! Cette association a créé en 2018 le premier groupement des pharmaciens au Maroc : La Ruche.

“C’est vrai que le but de l’association est l’union entre les pharmaciens, la formation continue de toutes les équipes officines, l’organisation des caravanes médicales…. Ce groupement, d’intérêt économique, a été créé pour combler le vide que connaissait M Pharma sur le plan économique”, a-t-il conclu.
S. K.

Repères

Une trentaine de paquets de vitamine C saisis
Les services sécuritaires marocains viennent de neutraliser les éléments d’un réseau de commercialisation sans autorisation des médicaments et traitements anti-Covid-19 sur internet et les réseaux sociaux. Après le démantèlement de ce réseau, il a été procédé à la saisie de trente paquets de vitamine C et de plus de trois mille autres boîtes de zinc, ainsi que de plusieurs autres médicaments non autorisés et d’origine douteuse, rapporte le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du mardi 12 janvier. Selon la même source, les investigations de la police ont été menées sur la base d’une plainte déposée auprès du Parquet général compétent par la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc, après la constatation d’un trafic inédit de médicaments sur la Toile.
La mise en garde d’Interpol
L’Organisation internationale Interpol avait adressé une alerte globale incitant ses 194 pays membres, dont le Maroc, à se préparer contre d’éventuels réseaux criminels qui chercheront à s’attaquer aux médicaments et au vaccin contre la Covid-19. L’Organisation appelle ces pays à mettre en place des stratégies pour contrer les actions du crime organisé centré sur la commercialisation sur internet des médicaments contre la Covid-19. Interpol avait alors demandé à ses pays membres de renforcer les contrôles et de verrouiller leurs frontières pour contrer ce phénomène.