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Régions

LyedFlyed ... ou comment être seuls, solidaires et ensemble à la fois


le Jeudi 23 Avril 2020

Depuis le début de la crise du coronavirus, des milliers de Casablancais rejoignent des groupes de soutien sur les réseaux sociaux. Un usage inédit, solidaire et non superficiel en ces temps troublés qui a permis, à ce jour, d’aider plus de 300 familles dans le besoin.



Dernière opération en date, initiée à la veille de Ramadan par un bénévole confiné depuis son salon
Dernière opération en date, initiée à la veille de Ramadan par un bénévole confiné depuis son salon

 

Dès le début de la crise du coronavirus, la solidarité s’est organisée sur les réseaux sociaux. Objectif : soutenir les personnes vulnérables à cause du confinement tout en luttant contre la propagation de l’épidémie du Coronavirus. Mais être solidaires ne les empêche pas de rester solitaires, bien à l’abri derrière leur écran, ou à plus d’un mètre de tout autre individu.

Fort heureusement, les nouvelles technologies nous permettent d’être physiquement seuls, sans pour autant rompre toute interaction sociale.
 
Main dans la main, virtuellement
Les membres sont invités à proposer des services bénévolement à leurs concitoyens. C’est le cas de “LyedFlyed”, littéralement la main dans la main.
 
L’idée derrière ce groupe Facebook est de venir en aide aux personnes en situation de précarité ; grâce à des actions simples, qui n’entameraient en rien la sécurité des deux parties.

Mis en ligne le 15 mars dernier, à l’initiative du réalisateur marocain Mohcine Besri, le groupe atteint aujourd’hui plus de 32.000 membres. L’objectif principal est de relayer un maximum d’information entre les personnes et les familles dans le besoin ; et les bénévoles et associations dans tout le Maroc.
 
La page du groupe reçoit plusieurs demandes, qui peuvent être remplies via ce formulaire. Les demandes sont ensuite classées par les admins, puis communiquées et prises en charge par un certain nombre d'associations et de bénévoles qui souhaitent aider directement les personnes dans le besoin, et ce sans intermédiaire, puisque les admins du groupe ne reçoivent ni ne gèrent les dons. 
 
A ce jour, plus de 300 familles ont été accompagnées. Le groupe souhaite élargir son réseau et attirer plus d’associations dans différentes villes du Royaume.
 
Aider… oui, mais comment ?
Œuvrer, chacun à son niveau et avec ses moyens, pour humaniser cette période de distanciation sociale. C’est le challenge que ces Casablancais ont choisi de relever. Les membres postent ce qu’ils peuvent apporter à la communauté gratuitement et sans attendre de retour. Un élan de solidarité qui fait naître des vocations de bénévoles, comme Aurélie Scally des centres Om Yoga. Elle propose des cours de yoga en ligne - notamment pour parents et enfants - via des livres biquotidiens, sur leurs réseaux sociaux Instagram et Facebook.

Plusieurs autres personnes ont une idée moins claire sur la manière dont elles pourraient aider. L’administrateur du groupe leur propose de prévoir un panier pour les plus démunis, avec des produits de première nécessité (riz, lentilles, sucre, farine, thé, conserves, serviettes hygiéniques...), à chaque fois qu’ils sont amenés à faire leurs courses.

Une autre contributrice met l’accent sur le personnel de maison, payé habituellement à la journée ou la semaine, et qui n’a plus de ressources pendant la durée du confinement si les employeurs ne les soutiennent pas financièrement.

D’autres plébiscitent la création d’un fonds d’entraide, où chaque Marocain - en mesure de le faire - donnerait 100 Dhs pour l’acquisition de respirateurs pour les hôpitaux.

Hakima Yassine Chawki