La Loi de Finances a ainsi introduit une exonération de la TVA à l’importation sur les pâtes alimentaires courtes, non cuites et non farcies. Les pâtes alimentaires courtes désignent, par exemple, les macaronis, les pennes ou encore les coquillettes. Jusqu’ici, ces produits étaient soumis à un taux de TVA à l’importation de 10%. En revanche, les formats dits longs restent assujettis au même taux.
Toujours dans le même cadre de protection du pouvoir d’achat des Marocains, le gouvernement a décidé d’agir sur les viandes rouges, en suspendant la perception du droit d’importation appliqué à certains animaux domestiques vivants. Ainsi, durant la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2026, la perception du droit d’importation est suspendue pour les animaux domestiques vivants des espèces bovines, dans la limite d’un contingent de 300.000 têtes, et pour les animaux domestiques vivants des espèces camélidés, dans la limite de 10.000 têtes.
Pour le secteur agricole, la Loi de Finances (LF) a étendu le bénéfice de l’exonération de la TVA à l’importation accordée aux engrais, aux matières fertilisantes et aux supports de culture destinés à un usage exclusivement agricole.
S’agissant des smartphones, et après une précédente hausse des droits d’importation, le gouvernement est revenu sur ce choix en les abaissant de 17,5% à 2,5%, afin de renforcer la compétitivité du secteur formel face aux produits importés illégalement. Cette baisse concerne également les téléphones portables intelligents importés à l’état complet sous forme d’éléments C.K.D (Completely Knocked Down, entièrement démontés) ou S.K.D (Semi Knocked Down, partiellement démontés), dans l’objectif d’encourager l’émergence d’une industrie d’assemblage local.
Pour les médicaments, l’Exécutif poursuit sa politique de restructuration tarifaire selon la nature du produit. Les droits de douane sont fixés à 2,5% pour les médicaments totalement importés, à 30% lorsqu’ils font l’objet d’une production locale exclusive, et à 10% ou 17,5% lorsqu’ils sont à la fois importés et produits localement.
Dans l’objectif de réduire le coût d’importation des matières premières et des demi-produits en bois, et par ricochet le prix de vente des ouvrages destinés aux consommateurs, la LF 2026 prévoit l’abaissement de la taxe à 6% pour l’ensemble des bois et ouvrages en bois, jusque-là soumis au taux de 12%.
Enfin, le tabac n’échappe pas aux changements introduits en ce début d’année 2026, avec une nouvelle révision des prix à la hausse. Les marques positionnées sur le segment “value”, souvent perçues comme les plus accessibles, sont les plus concernées, certains paquets voyant leur prix augmenter de 50 centimes à 3 dirhams. Cette évolution résulte de la refonte progressive de la Taxe intérieure de consommation (TIC) appliquée aux cigarettes. Les autorités cherchent ainsi à resserrer l’écart tarifaire entre les produits d’entrée de gamme et les références premium, dans l’optique de rééquilibrer la structure du marché.
Des retraites exonérées
À partir du 1er janvier, les pensions de retraite et les rentes viagères, y compris celles versées par la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR) aux retraités du secteur privé dans le cadre des contrats d’assurance retraite complémentaire de groupe, sont exonérées de l’impôt sur le revenu (IR).
La LF a également relevé le montant annuel de la réduction de l’IR au titre des charges de famille, le portant de 500 à 600 dirhams par personne à charge du contribuable. Le plafond de cette réduction a, lui aussi, été augmenté, passant de 3.000 à 3.600 dirhams, tout en maintenant l’avantage pour six personnes à charge.
Blockchain dans les douanes
Il s’agit de la mise en place d’un échange automatisé entre les fournisseurs étrangers et le système informatique de l’ADII, et ce, à travers le passage par une plateforme Blockchain qui permettra la vérification de l’identité du fournisseur étranger et l’authentification des documents commerciaux (notamment la facture) couvrant l’opération d’importation.
La mise en œuvre de cette mesure se fera sur la base du volontariat des opérateurs et n’aura aucun caractère obligatoire. Les opérateurs qui y souscriront bénéficieront d’un assouplissement des procédures de dédouanement, étant donné que la garantie de l’authenticité des documents permettra d’accélérer le traitement de leurs déclarations et réduire les délais de dédouanement.
Investissements : Priorité aux secteurs sociaux en 2026
Les dépenses d’investissement sont passées de 230 milliards de dirhams en 2021 à 380 milliards en 2026, soit une progression de plus de 65%.
Cet effort budgétaire est principalement consacré à la poursuite des grands projets d’infrastructures, notamment l’extension du réseau autoroutier, le développement portuaire avec les projets de Dakhla Atlantique et Nador West Med, ainsi que l’élargissement des réseaux ferroviaire et aéroportuaire. En matière d’infrastructures hydriques, 16 barrages actuellement en construction seront poursuivis et 2 nouveaux grands barrages sont programmés pour 2026.
En parallèle, le gouvernement prévoit de renforcer les projets d’autoroutes de l’eau, avec l’accélération des interconnexions hydrauliques entre les bassins d’Oued Laou et Loukkos, et ceux d’Oum Er Rbia, de Bouregreg et du Sebou.
L’Exécutif entend également maintenir le soutien à l’investissement privé à travers les dispositifs prévus par la Charte de l’investissement, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement et la réforme du climat des affaires. À cela s’ajoute la création d’un fonds dédié au développement territorial intégré, doté de 20 milliards de dirhams, conformément aux Hautes Orientations Royales.
Les secteurs sociaux bénéficient d’un effort budgétaire renforcé, avec 140 milliards de dirhams mobilisés pour l’Education et la Santé, soit une hausse de 25,6% par rapport à 2025. Au total, 27.344 postes budgétaires sont programmés afin de renforcer les ressources humaines dans ces deux secteurs, soit 4.500 postes supplémentaires. Le budget de la Santé a, pour sa part, été augmenté de 30% pour atteindre 42,3 milliards de dirhams, un niveau jamais atteint auparavant.
S’agissant des autres chantiers liés à l’État social, 9,4 milliards de dirhams sont consacrés aux programmes d’aide au logement, tandis que 48 milliards de dirhams sont prévus pour honorer les engagements issus du dialogue social.
Pour la Caisse de Compensation, le gouvernement prévoit une enveloppe de 14 milliards de dirhams destinée à la subvention des produits de première nécessité, notamment le gaz butane, le sucre et le blé tendre.
Enfin, selon les projections de l’Exécutif, la hausse de l’investissement public ne devrait pas peser sur les équilibres macroéconomiques. Le gouvernement anticipe une réduction du déficit budgétaire à 3% et de la dette du Trésor à 65,9%, tout en tablant sur une croissance de 4,6% et une inflation autour de 2%.
Microfinance : Un IS avantageux
Les banques ou sociétés de financement issues de cette transformation étaient toutefois soumises à l’impôt sur les sociétés au taux de 40 %, conformément au régime applicable aux autres établissements de crédit et organismes assimilés.
Afin d’encourager la transformation de ces associations de microcrédit en banques ou en sociétés de financement, tout en préservant leur vocation sociale, il a été décidé d’appliquer, à titre transitoire, aux institutions de microfinance transformées et constituées sous forme de sociétés anonymes, le taux de l’IS de droit commun.
Celui-ci est fixé à 20 % pour les petites et moyennes entreprises et à 35 % pour les grandes entreprises dont le bénéfice net est égal ou supérieur à 100 millions de dirhams.
Dans ce cadre, l’article 7 de la LF 2026 a complété les dispositions de l’article 19 du Code général des impôts. Il prévoit que les institutions de microfinance constituées sous forme de sociétés anonymes, ayant bénéficié de l’apport des éléments d’actif et de passif des associations de microfinance conformément à la législation et à la réglementation en vigueur, sont exclues de l’application du taux de 40 % pendant une période de cinq exercices consécutifs, à compter du premier exercice d’exploitation.
CFC : Révision de l'IR
Ces salariés pouvaient également, sur option irrévocable, demander à être imposés selon le barème progressif de l’IR.
Afin de renforcer la compétitivité et l’attractivité de la place financière CFC et de consolider le positionnement du Maroc en tant que hub financier régional, la LF 2026 a révisé ce régime. Elle prévoit désormais l’application d’un taux spécifique de l’IR de 20 % aux salariés des sociétés disposant du statut CFC, pour une durée maximale de dix ans à compter de la date de prise de fonctions, qu’elle soit continue ou discontinue, sans tenir compte des périodes de travail effectuées en dehors des sociétés bénéficiant du statut CFC.










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