L'Opinion Maroc - Actuali
Consulter
GRATUITEMENT
notre journal
facebook
twitter
youtube
linkedin
instagram
search



Actu Maroc

​Économie nationale : Le défi de la productivité au cœur de la croissance


Rédigé par A. CHANNAJE Mardi 6 Janvier 2026

Le Maroc doit passer d'une économie basée sur l'investissement physique à une économie de la connaissance pour assurer une croissance durable, selon un nouveau rapport du Fonds Monétaire Arabe (FMA).



À l'heure où les économies mondiales font face à des mutations structurelles sans précédent, la question des moteurs de la richesse nationale est plus que jamais d'actualité. Entre les chocs inflationnistes et les impératifs de souveraineté industrielle, comprendre comment un pays génère de la valeur est devenu le préalable à toute réforme réussie. Le Maroc, en voie de développement rapide, est désormais soumis à une analyse approfondie de ses moteurs de croissance. À travers une analyse approfondie des trois dernières décennies, il est désormais possible d’identifier les facteurs clés qui contribuent à la croissance économique : l'accumulation de ressources et l'efficience technologique, ouvrant la voie à un modèle de prospérité plus solide et durable.

Cette réflexion s'appuie sur les conclusions du récent rapport du Fonds Monétaire Arabe (FMA), intitulé «The Productivity and Growth Assessment Framework (PGAF) - Technical note».

Publié fin décembre 2025, ce document de référence propose un cadre d'évaluation qui dissèque les performances de 183 économies mondiales.

En plaçant le Maroc sous une loupe comparative, ce cadre permet de mesurer la contribution réelle de chaque facteur à la richesse du pays. L'objectif de cette étude est de fournir une boussole stratégique aux décideurs en évaluant la situation macroéconomique des pays arabes par rapport au reste du monde, tout en identifiant les leviers nécessaires pour passer d'une croissance de quantité à une croissance de qualité.
 
La PGF, un indicateur clé

Au centre de ce dispositif analytique se trouve la Productivité Globale des Facteurs, communément appelée PGF. Cet indicateur représente l'efficacité avec laquelle les ressources sont combinées, englobant ainsi le progrès technique, l'amélioration des méthodes de gestion, l'éducation et la qualité des institutions. Il est souvent considéré par les économistes comme la mesure de notre ignorance ou, plus positivement, comme le moteur de l'innovation. Contrairement à la croissance issue simplement de l'ajout de nouvelles machines (capital) ou de bras supplémentaires (travail), une hausse de la PGF signifie que le pays parvient à produire davantage de richesse avec la même quantité de ressources, ce qui constitue le seul véritable levier pour augmenter le niveau de vie à long terme sans épuiser les capacités d'investissement.
 
Le filtre de Kalman

Afin d'analyser ces dynamiques avec une précision inédite, le rapport s'appuie sur une technique statistique sophistiquée nommée le filtre de Kalman. Cet algorithme permet de séparer les fluctuations temporaires de l'économie, comme les variations climatiques ou les crises mondiales, des tendances structurelles de fond. En appliquant ce filtre aux données marocaines, les analystes parviennent à extraire la «croissance potentielle» du Royaume, c'est-à-dire sa capacité de production durable. Cette méthode offre un avantage crucial car elle évite aux politiques publiques de réagir à des chocs de court terme pour se concentrer sur les réformes de long terme qui impactent réellement la structure productive du pays. Grâce à cet outil, les décideurs peuvent désormais savoir si un ralentissement est dû à un simple cycle conjoncturel ou à un essoufflement plus profond du modèle économique nécessitant des réformes structurelles.
 
Vers une économie de la connaissance

Par ailleurs, l'analyse des données de 1990 à 2023 révèle que le modèle de croissance marocain a longtemps été porté par l'investissement physique. Cependant, le rapport souligne qu'une croissance uniquement basée sur l'accumulation de capital finit inévitablement par rencontrer des rendements décroissants. C'est pourquoi le passage vers une économie de la connaissance devient une priorité nationale. En intégrant le cadre PGAF, le Maroc dispose d'une boussole pour orienter ses réformes vers l'amélioration de la qualité du travail et l'adoption de technologies de pointe. L'objectif est de transformer le tissu industriel marocain pour qu'il ne soit plus seulement un centre de production, mais un pôle d'innovation capable de générer une valeur ajoutée intrinsèque élevée.

En conclusion, l'adhésion aux standards d'analyse du Fonds Monétaire Arabe offre au Royaume une visibilité accrue sur sa trajectoire macroéconomique jusqu'en 2026. En s'appuyant sur des indicateurs précis de PGF et des modélisations issues du filtre de Kalman, le Maroc peut affiner ses politiques publiques avec une rigueur scientifique renforcée. Le défi n'est donc plus seulement d'investir massivement, mais d'investir intelligemment pour garantir que chaque dirham injecté dans l'économie contribue à une croissance plus forte, plus inclusive et surtout plus durable face aux incertitudes mondiales.
 
A. CHANNAJE 
 

Maroc 2030 : Les moteurs d'une croissance durable

L'économie marocaine affiche un dynamisme remarquable, illustré par une accélération de la croissance du PIB qui a atteint un taux de 5,5% au cours du deuxième trimestre de l'année 2025. Selon un nouveau rapport de CaixaBank Research, cette performance résulte d'une stratégie volontariste axée sur des projets d'investissement d'envergure et des entrées de capitaux massives. Le pays profite notamment d'une accélération des chantiers liés aux préparatifs de la CAN 2025 et de la Coupe du Monde 2030, tout en développant ses infrastructures stratégiques dans les domaines de l'énergie, du transport et de la gestion de l'eau. 

Par ailleurs, l'étude souligne que le Maroc a su transformer son tissu productif en l'orientant davantage vers les exportations, avec des secteurs de pointe comme l'automobile, le tourisme et les engrais, dont l'Union Européenne demeure la destination principale pour près de 70% des flux.

Un autre pilier de cette évolution positive réside dans les réformes institutionnelles visant à améliorer l'environnement des affaires, à l'image de la nouvelle Charte des investissements qui offre un cadre fiscal attractif pour les capitaux étrangers. Cette stabilité est doublée d'une gestion monétaire rigoureuse par Bank Al-Maghrib, qui a réussi à maintenir l'inflation sous la barre de 1%, permettant ainsi une baisse des taux d'intérêt à 2,25% pour stimuler la consommation et l'investissement privé. 

Sur le plan financier, l'analyse précise que bien que la dette extérieure soit amenée à progresser d'ici 2030, le pays bénéficie de réserves de devises solides couvrant plus de cinq mois d'importations et d'une ligne de crédit de précaution du FMI de 4,5 milliards de dollars. Ce soutien international témoigne de la confiance des marchés dans la résilience des amortisseurs externes de l'économie marocaine.



Dans la même rubrique :
< >





🔴 Top News