Menu
L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Actu Maroc

Les maux du secteur avicole en ces temps de crise


Rédigé par Saad Jafri le Samedi 13 Juin 2020

Suite à la crise sanitaire, le secteur avicole est aux abois ! Selon l'Association nationale des producteurs des viandes de volailles (APV), les pertes financières globales des filières des volailles chair poulet et dinde dépasseront 1,49 milliard de dirhams (MMDH) durant cette conjoncture défavorable.



Au début de la crise sanitaire, la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) avait assuré que les exploitations, les établissements de production et les circuits de distribution du secteur avicole vont continuer de fonctionner normalement. Après trois mois de confinement, les professionnels du secteur témoignent du contraire. Selon l’APV, qui pour rappel, est membre de la FISA, les pertes devraient atteindre 1,2 MMDH dans la filière poulet de chair et 290,6 millions de dirhams (MDH) dans celle de l'élevage durant la période allant du 20 mars au 30 juin 2020.  Dans un rapport sur l'impact des mesures d'urgence sanitaire du covid-19 sur ces filières, l’association souligne que ces chiffres historiques n'ont pas été enregistré «dans les crises les plus graves que le secteur ait connues au cours de sa longue histoire de plus d'un demi-siècle». 

L’APV indique également que les effets restrictifs de l'état d'urgence sanitaire sur la fluidité des produits dans les canaux de distribution habituels ont entrainé une baisse instantanée et drastique de la demande en poulet et en dinde et par ricochet une chute des ventes, un effondrement des prix à la ferme et une abondance des stocks de volailles vivantes invendues au niveau des fermes. 
En effet, les circuits de restauration hors foyers (restauration collective, cafés, restaurants, hôtels, événementiels, snacks et rôtisseries) et des circuits de vif (en partie les riyacahtes et plus important encore les souks hebdomadaires en milieu rural) représentent plus de 50% du marché de commercialisation des poulets et une part significative du marché de la dinde, précise-t-on de même source.

Coût de production à la hausse...pouvoir d'achat en chute !

Rappelons que selon la FISA, «Les usines disposent d’une capacité de production estimée à plus de 6,5 millions de tonnes par an pour une production effective qui culmine à 4 millions de tonnes d’aliments pour bétails. Les stocks des matières premières actuellement disponibles sont amplement suffisants pour approvisionner sereinement les élevages avicoles en aliments composés».

Dans ce sens, l’Association indique que la crise a contraint les éleveurs à stocker leur production de poulet vif invendue, ce qui a entrainé une augmentation du poids des animaux, passant à 3 ou 4 Kg/poulet, contre 1,8 Kg à 2,2 Kg habituellement.

Les abattoirs industriels agréés croulent sous des stocks énormes de dindes abattues et invendues suite à l'arrêt de certains circuits d'écoulement de leurs produits élaborés issus de la découpe, fait savoir l'APV, notant que les volumes d'abattage de dinde se sont contractés de 350 tonnes (-58%), passant de 600 tonnes à 250 tonnes par jour, au moment où le stockage sur pied au niveau des fermes majore, par le poids, l'offre de plus de 40%.  «Ces dysfonctionnements ont entraîné des pertes financières importantes chez les éleveurs. Leurs trésoreries se sont asséchées menant plusieurs d'entre eux à des situations de quasi faillite», souligne l'Association.

En plus de ces contraintes, s'ajoute l'effondrement du pouvoir d'achat d'une frange importante de la population, conséquence de la perte d'emploi observée au niveau des différentes activités.  Résultat : chute des ventes et des prix à la ferme.
 
Ceci dit, l’Association précise que l’impact aurait pu être moindre si le Maroc disposait de «moyens de congélation ou surgélation» publics ou privés qui auraient permis d’absorber et de conserver une partie de l’excédent de l’offre pour une commercialisation ultérieure à l’instar de bien d’autres pays.

  


Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 25 Septembre 2020 - 21:09 PLF 2021 : les cinq piliers recommandés par la CGEM

Vendredi 25 Septembre 2020 - 19:02 Les R’batis s’indignent des grèves des "mo9ata3a"