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Monde

La transition démocratique en Guinée : L’espoir est permis pour un lendemain meilleur


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Lundi 4 Octobre 2021

Bien que possédant de considérables potentialités naturelles et humaines, la Guinée figure parmi les pays pauvres et occupe, dans le cadre du plus récent classement de l’indice de développement le 178ème rang sur 189 pays et territoires, un peu moins de la moitié des Guinéens (44%) vivraient en dessous du seuil national de pauvreté estimé à 13717 GNF/Personne/Jour (1,1 euro).



Mais avec le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), présidé par le colonel Mamady Doumbouya, il faut s’attendre à un grand changement à travers la refondation de l’Etat. Le Maroc suit de près l’évolution de la situation politique en Guinée compte tenu de l’excellence des relations diplomatiques et économiques qui unissent les deux pays frères et amis. L’occasion pour nous de faire un état des lieux suite au putsch survenu le 5 septembre dernier à l’initiative du colonel Mamady Doumbouya, président du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et qui a prêté serment le 1er octobre.

Aussi, entre-temps, le pays d’Ahmed Sékou Touré, père fondateur de la nation, a célébré les 63 ans de son indépendance. C’était le samedi 2 octobre 2021. Aujourd’hui, la situation politique donne de l’espoir car des signaux forts ont été envoyés par l’homme fort de la Guinée.

En effet, lors de son investiture, ce vendredi 1er octobre, le colonel Mamady Doumbouya a décliné les missions du Conseil de la Transition. Essentiellement, ces missions se ramènent à la refondation de l’Etat, la lutte contre la corruption, la réforme du système électoral, la refonte du fichier électoral, l’organisation d’élections libres, crédibles, inclusives et transparentes ainsi que la réconciliation nationale. Ainsi, pour ce qui est de la refondation de l’Etat, par exemple, le colonel Mamady Doumbouya dit qu’elle se traduira par « une réforme profonde de l’Administration pour un meilleur rendement du service public ».

De même, pour ce qui est de la lutte contre la corruption, elle se matérialisera, selon le président de la Transition par la mise en place d’un « organe de contrôle et de moralisation de la gestion publique et un audit des comptes publics sera effectué ».

Rassurer les partenaires

Enfin, au titre du chantier de la réconciliation nationale, « un mécanisme consensuel sera mis en place dans lequel les Guinéens pourront, dans la quête de vérité et de justice, se parler, se pardonner et définir ensemble les solutions permettant de bâtir une Nation plus unie et plus forte ».

Pour les observateurs, cela était attendu puisque depuis son avènement, avant même son investiture, le Président Doumbouya a multiplié les propos rassurants à l’adresse des investisseurs et des partenaires étrangers de ce pays doté d’importantes ressources minérales et hydrologiques et de gisements considérables de bauxite, minerai entrant dans la fabrication de l’aluminium. Il a aussi garanti le respect des contrats miniers et fait rouvrir toutes les frontières aériennes et terrestres. Il a aussi aligné les actes symboliques en direction des Guinéens, faisant libérer par exemple des dizaines de personnes emprisonnées pour avoir pris part à la contestation anti-Condé.

C’est dans ce contexte que le commandant des forces spéciales, qui ont renversé le président Alpha Condé le 5 septembre, en uniforme d’apparat beige, portant béret rouge et lunettes noires, a juré devant la Cour suprême de « consolider les acquis démocratiques, de garantir l’indépendance de la patrie et l’intégrité du territoire national ».

La cérémonie au palais Mohammed V de Conakry, devant un parterre de personnalités guinéennes et de diplomates étrangers ainsi que sa mère et son épouse, se tenait à la veille de la fête nationale célébrant la déclaration d’indépendance de 1958 vis-à-vis de la France.

Dans son appel à la nation, le Colonel Doumbouya est on ne peut plus rassurant : « encore une fois, je saisis ce moment solennel pour réaffirmer que notre pays honorera tous ses engagements internationaux. En même temps, le CNRD souhaite vivement un accompagnement de la communauté internationale, de nos partenaires techniques et financiers et des pays amis de la Guinée, car c’est dans un effort collectif que nous pourrons réussir cette Transition ».

Un pays immensément riche

Ce qui n’empêche pas Sayon MARA, Juriste guinéen, de se poser cette question : « Comment comprendre qu’après plus de six décennies de liberté, la Guinée, ce territoire gratifié des ressources minières des plus fabuleuses reste encore loin et même très loin de la lumière au bout du tunnel ? ».

Avant de reconnaître qu’« indubitablement, de Sékou Touré au Professeur Alpha Condé, en passant par le Général Lansana Conté, tous ont eu à poser des actes qui méritent d’être encensés. Mais, comparativement à nos potentialités naturelles, beaucoup reste à faire ». Car bien que possédant de considérables potentialités naturelles et humaines, la Guinée figure parmi les pays pauvres et occupe, dans le cadre du plus récent classement de l’indice de développement le 178ème rang sur 189 pays et territoires, un peu moins de la moitié des Guinéens (44%) vivraient en dessous du seuil national de pauvreté estimé à 13717 GNF/Personne/Jour (1,1 euro).

Pourtant, en plus d’être le château d’eau de l’Afrique de l’ouest avec plus de 1.100 cours d’eau, Dieu a gratifié cette Nation d’énormes superficies de terres agricoles, des richesses pouvant faire d’elle un véritable eldorado : or, diamant, bauxite, pierres, des métaux précieux en un mot. C’est dire tout le paradoxe de la Guinée. Mais l’espoir est permis pour un lendemain meilleur.


Wolondouka SIDIBE

 


Bio express
 
Légionnaire de l’armée française jusqu’en 2018, Mamady Doumbouya était inconnu de certains jusqu’à ce jour, date à laquelle il a renversé le président Alpha Condé. Ce Malinké, originaire de la région de Kankan, deuxième ville de Guinée, est marié à une femme commandant d’une brigade de gendarmerie en France. Il a été rappelé en Guinée pour commander le Groupement des forces spéciales (GPS), une unité d’élite de l’armée guinéenne.

Dans le cadre d’un partenariat France-États africains pour la formation de gradés, il sort diplômé de l’Ecole militaire de Saumur. Avec quinze années d’expérience, le militaire a eu à faire des missions opérationnelles en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, à Djibouti et en République centrafricaine. Aussi, il a effectué des protections rapprochées en Israël, à Chypre, au Royaume-Uni, en Guinée...

Le commandant Mamady Doumbouya a brillamment accompli la formation de spécialiste en protection opérationnelle à l’Académie de sécurité internationale en Israël, le cours de formation des commandants d’unité à l’Ecole d’application de l’infanterie (EAI) à Thiès, la formation d’officier d’Etat-major (EEML Libreville) et l’Ecole de guerre de Paris.