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Edito & Chronique

L'Opinion : Gouverner, c’est l’art de prévoir !


Rédigé par Saâd Jafri le Mercredi 15 Septembre 2021


L'Opinion : Gouverner, c’est l’art de prévoir !
En 2017, la Cour des Comptes, consciente de l’importance de l’anticipation dans la gestion sanitaire d’un Etat, a appelé le gouvernement à examiner l’opportunité de constituer des stocks stratégiques de certains produits médicaux destinés aux situations d’urgence exceptionnelles en adoptant un système de financement, de localisation et de gestion de ces stocks. Ceci devait être accompagné par un suivi des stocks chez les opérateurs pharmaceutiques, en consolidant notamment le processus de veille pour prévenir toute éventuelle rupture de stocks de médicaments.

Trois ans plus tard, l’intérêt d’un tel système est devenu clair comme de l’eau de roche avec l’avènement de la crise sanitaire qui a mis à l’épreuve la résilience de notre système de Santé et, par ricochet, la stratégie gouvernementale en matière de gestion de crise. Il est vrai que le Maroc a plus ou moins réussi sa lutte contre la pandémie en assurant - dès la détection du virus dans le territoire national - des quantités suffisantes de médicaments à base de chloroquine et d’hydroxychloroquine pour traiter les formes graves de la maladie, puis en signant des accords avec différents producteurs de vaccins pour garantir un approvisionnement régulier en doses.

Mais, il n’en demeure pas moins que le Royaume a souffert de plusieurs pénuries qui auraient pu être évitées grâce à une vision anticipatrice à moyen et long termes, vision qui, de toute évidence, faisait défaut à l’Exécutif sortant.

Dernier exemple en date : l’indisponibilité du médicament Actemra utilisé pour traiter les adultes atteints de cancer, et qui a été approuvé, en juin, pour une utilisation sur les patients du Covid-19 par la Food and Drug Administration (FDA), créant ainsi une pression mondiale inédite sur la société pharmaceutique qui le produit. Et comme à l’accoutumée, il a fallu attendre la grogne des citoyens et des professionnels pour que les différents départements de tutelle concernés se réunissent en urgence pour trouver l’alternative et, comme vous lirez sur nos colonnes, opter pour la solution toute simple du médicament équivalent.

Cet attentisme fait partie des pratiques qui érodent la confiance des Marocains et que le gouvernement entrant devra éviter pour lancer une nouvelle ère de gouvernance réconciliant le citoyen et le politique.


Saâd JAFRI

  



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