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Edito & Chronique

L'Opinion : Désolé, vous êtes « surqualifié » !


Rédigé par Saâd JAFRI le Mardi 25 Janvier 2022


L'Opinion : Désolé, vous êtes « surqualifié » !
Il s’agit du plus haut diplôme délivré par l’enseignement supérieur national… pourtant, la porte d’entrée au marché du travail avec un doctorat reste souvent impénétrable car seuls les «happy few» arrivent à la franchir. Chaque année, quelque 2.000 doctorats sont soutenus. Le taux de chômage dans les rangs de leurs détenteurs avoisine les 23%, sachant que neuf doctorants sur dix abandonnent leurs thèses, soit un taux de décrochage qui s’élève à plus de 90%, et ce, pour plusieurs raisons, dont on citera, et non des moindres, le manque de financement, le déficit d’encadrement, et bien évidemment les carences liées aux débouchés professionnels.

Car oui, malgré le besoin manifeste en professeurs au sein des universités marocaines, l’obtention d’un poste d’enseignant-chercheur relève du « parcours du combattant » et pour les docteurs désirant travailler en entreprises, ils se retrouvent souvent confrontés au prétexte, et néanmoins rempart, de la «surqualification ». Un dilemme dont les racines se trouvent en partie dans la très contestée formule de transferts de postes budgétaires instaurée en 2011 pour combler le déficit en professeurs et qui s’est éternisée suite au manque de moyens financiers de l’Etat.

En passant au crible l’exposé du ministre de tutelle présenté par son collègue, Younes Sekkouri, à la Chambre des Représentants, on comprend bien qu’il y a une volonté de remédier à ces lacunes. Néanmoins, pour absorber le chômage qui jette cette catégorie de Marocains dans le désarroi, il faut d’abord dépasser l’idée stigmatisante qui assimile systématiquement le docteur à l’enseignant supérieur. Ceci commence par l’incitation du tissu économique à recruter ce genre de profils et la mise en place d’un écosystème propice à la R&D et à l’innovation. Ce qui pourrait se concrétiser dans un premier temps à travers des partenariats public-privé, le temps que cette dynamique prenne son envol. Car, sans l’implication du secteur privé - dans toutes ses composantes - la réforme globale du cycle doctoral est vouée à l’échec.

Il faut également reconnaître que les détenteurs de diplômes ne sont pas tous sur la même échelle et que les compétences de certains laissent à désirer. Là encore, des cahiers des charges à la hauteur des ambitions du Royaume sont de mise…le plus tôt sera le mieux !



Saâd JAFRI

  



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