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Edito & Chronique

L'Opinion : Après «La pétition pour la vie», « La pétition pour la mort»


Rédigé par Majd EL ATOUABI le Mardi 15 Septembre 2020


L'Opinion : Après «La pétition pour la vie», « La pétition pour la mort»
Au lendemain du crime sexuel abject qui a coûté la vie au jeune Adnane Bouchouf à Tanger, un nombre impressionnant de pétitions a surgi sur le net. La plupart de ces initiatives citoyennes et spontanées exigent l’application de la peine capitale au meurtrier de Adnane, ainsi que la réinstauration des exécutions effectives sur lesquelles pèse un moratoire depuis la mise à mort du commissaire Tabet, en septembre 1993.

Lancée sur Facebook, l’une de ces pétitions a atteint en l’espace de trois jours le nombre record de 400.000 pétitionnaires, tandis que beaucoup d’autres, lancées sur diverses plates-formes virtuelles, oscillent entre 20 et 30.000 signataires au bas mot. 

Cet engouement massif pour la peine capitale s’explique certainement par des considérations émotionnelles liées au contexte dans lequel ces pétitions ont été lancées. Et on imagine que sorties de ce contexte particulier, ces pétitions n’auraient pas pu atteindre un tel niveau d’adhésion. Cette même adhésion s’explique aussi par un certain ras-le-bol des Marocains de voir des pédo-criminels relâchés dans la nature après quelques années d’incarcération, au bout desquelles ils finissent souvent par récidiver. 

Mais la question qui se pose maintenant est celle de savoir si ces pétitions auraient été lancées au cas où le petit Adnane aurait survécu à son supplice ? Sans doute que non, puisque des agressions pédophiles surviennent tous les jours, sans que ça n’émeuve grand monde. Ceci alors même que le viol d’un enfant, même s’il y survit, équivaut à une mort psychologique aux effets tout aussi dévastateurs qu’une mort physique.

L’autre question, c’est de savoir si ces «pétitions pour la mort» dont, à notre connaissance, aucune n’a pour le moment emprunté le chemin institutionnel ouvert par la Constitution de 2011 sur la participation citoyenne, aboutiront à la proposition d’une loi ou d’une nouvelle disposition légale instituant l’effectivité de la peine de mort au Maroc. Exactement comme on l’a vu récemment avec la «pétition pour la vie» appelant à la généralisation de l’accès aux soins contre le cancer qui avait été soumise, après avis favorable du gouvernement, à la commission parlementaire des pétitions. 

Le prérequis légal des 40.000 signataires étant aujourd’hui largement dépassé, la question mérite d’être posée, d’autant plus qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort.

Majd EL ATOUABI

  



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