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Edito & Chronique

L'Opinion : 32.000 losanges au gré des humeurs corona-sélectives


Rédigé par Ahmed NAJI le Jeudi 28 Mai 2020


L'Opinion : 32.000 losanges au gré des humeurs corona-sélectives
L’avion atterrit sur le tarmac et une quatre-vingtaine de personnes en descendent. L’oeil aux aguets, sourcils froncés, les agents masqués de la police des frontières voient venir vers eux ce groupe de personnes dont rien ne justifie la présence à l’aéroport, nul arrivant de l’extérieur n’étant censé mettre les pieds dans l’un « des pays qui font grandir l’âme », à en croire une affiche touristique. Ils sont, en effet, près de 32.000 citoyens,un peu plus que les habitants d’Asilah, restés coincés à l’étranger, qui attendent désespérément de pouvoir rentrer chez eux, mais n’ont toujours pas été autorisés à le faire. Méfiance, donc ! 

En s’approchant des policiers, les voyageurs en provenance de la capitale des lumières, Paris, mettent tous la main à la poche et sortent un emblème en forme de losange et le brandissent. Les policiers tamponnent rapidement les passeports, ne sont pas tellement tentés de farfouiller avec leurs mains, même gantées, dans des effets personnels en ces temps de maladie, s’écartent ensuite et les laissent passer. Ces voyageurs sont détenteurs d’un laissez-passer qui les fait rouler comme sur quatre roues, à bord d’une voiture frappée d’un losange.

Ce losange aurait même, dit-on, son poids à l’export. Il est des raisons d’Etat qui échappent au bon sens du commun des citoyens, qui, c’est connu, ne devient clairvoyant et pragmatique qu’un jour tous les cinq ans. Le scrutin électoral étant, par la grâce de la démocratie représentative, l’unique moment où le commun devient furtivement apte à adopter des choix responsables et pertinents (même si pas toujours, mais bref). 

Sachons raison garder, les voies de l’économie, comme celles du Seigneur, sont, comme tous le savent, impénétrables. Ce qui est toutefois certain, pour progresser, le PIB a besoin de quatre roues, une évidence même pour les incultes. Les 32.000 autres ? Ils auraient dû se faire tatouer des losanges.

Ahmed NAJI

  



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