Ce qu’il prend, le pauvre fruit ! Pourtant, il est mûr puisque détaché de sa branche depuis lurette. Mais non, on veut qu’il pourrisse. Et le voilà servi : « Tête de mule », « suffisant », « hargneux », « versatile » … Et pourquoi pas défraîchi, has been, gaga, fripé… Il gagne (difficilement), égalise (honteusement) et n’est que premier de sa poule. Et puis, le voilà rugir de nouveau en ce lundi 29 décembre (3-0 contre le Mali), renouer avec un passé extrêmement récent, celui du gain délicat. Walid Regragui est cette bête à abattre à contrecœur. Besoin de lui, pas besoin de lui ? Bigre ! Qu’il gagne, un point c’est tout. A tous les coups. Ce que la planète foot ignore depuis sa genèse, n’en a souvenance. Le voilà réhabilité. Mais criera-ton à un système aux fondations tremblantes ou vendra-t-on des cravates sous le menton ? Ça rappelle furieusement une vanne de l’humoriste marocain Amine Radi épinglant l’équipe tunisienne. Il dit, grossièrement : « Hé, Vous ! Vous êtes là tout le temps, vous participez à toutes les coupes mais vous ne gagnez jamais rien ! Et pour les khawakhawa, un sympathique soufflet sous forme d’offense, des explosions à répétitions. A tous les autres, un maximum de bruit, une déflagration d’exultation. Quoique qu’il ne faudrait pas aller plus vite que la musique. Un exemple, si cela peut aider : défendre les animaux n’est pas vraiment un acte populaire, vu le nombre de Bardot que compte la planète. Entre temps, les matches se suivent, ne se ressemblent heureusement pas et les éliminations s’accumulent. Quant aux analystes, aux commentateurs et leurs contradicteurs, ils tapent sur la table en vue de la dépoussiérer des mauvaises ondes pour les uns, du mauvais sort pour les nombreux autres. Œil pour œil, mauvais œil pour mauvais œil. Mais jouons positif, la CAN se tient au Maroc et s’y tient bien.






















