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L’Humeur : Galabru le rustre, une décennie après


Rédigé par Anis HAJJAM le Samedi 10 Janvier 2026



Il y a dix ans, le 4 janvier, Michel Galabru fait ses adieux aux planches pour en retrouver d’autres, à 93 ans. Les 13 et 14 septembre 2012, le natif de Safi se produit avec « Les Rustres » au Mégarama de Casablanca. L’évènement se tient dans une discrétion tapageuse. La pièce de Carlo Goldoni est écrite en 1760 et commence à être jouée deux années plus tard. La belle œuvre est interprétée dans une salle parsemée lors de sa première représentation marocaine. Un chef-d’œuvre déployé depuis le 18e siècle et enjoué ici par la présence d’un monstre venu humer sa terre après un concert de déversement d’eau envoyé par la divinité. L’enfant du pays se croit assurément en terre conquise et voilà qu’il se produit telle une étoile montante au moment où celle-ci est à son zénith. Et de s’interroger sur ce que nous pouvons bien programmer dans les théâtres flambant neufs que compte le royaume. La pièce, à la misogynie criante, n’a assurément pas perdu de sa flamboyance ni de sa superbe. Dans la salle, les franches rigolades sont accompagnées de profonds soupirs servis avec des éclats de rires inaudibles. « Les Rustres », qui chute sur un fabuleux réquisitoire féminin, met en demeure ce phallocentrisme enraciné et beau comme le dénouement d’un amour inassouvi, une faim sans fin. Et comme pour ne pas s’éloigner du thème de l’œuvre qu’il est venu présenter, Galabru nous conte avec une sublime théâtralité, à la veille de son passage à l’acte, une expérience qui, à ses dires, reste comiquement traumatisante. Mais à chaque déambulation d’une belle créature dans les couloirs de la chaîne 2M, il nous envoie un vent glacial. Il dit par fragments à ramasser: « J’étais à Saint-Tropez, il y a longtemps, très longtemps. J’ai assisté à une scène terrifiante. Un homme, accompagné de sa femme -un boudin innommable- et de ses enfants, gagnait la plage lorsqu’une créature élancée et belle à faire chavirer prenait ses quartiers à proximité du couple et de sa progéniture. Le type suit du regard le déhanchement de la déesse. Et là, j’ai vu dans ses yeux une détresse, mais une détresse ! » Michel Galabru fait des vannes à tout va, à tout ce qui ne va pas. Avec la personne croquée, il faudrait croire que l’homme du commun devient subitement hors du commun.







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