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International

Israël est prêt à faire face à "n'importe quel scénario" après l'attaque mortelle contre un dirigeant du Hamas


Rédigé par L'Opinion avec AFP Mercredi 3 Janvier 2024

L'armée israélienne a poursuivi mercredi ses bombardements sur la bande de Gaza assiégée, se disant prête à faire face à "tout scénario" au lendemain d'une frappe près de Beyrouth fatale à un haut dirigeant du mouvement islamiste palestinien Hamas qui ravive les craintes d'une extension du conflit. Détails.



Photo: droits réservés / Reuters.
Photo: droits réservés / Reuters.
Bien que n'ayant pas revendiqué l'élimination à Beyrouth mardi soir de Saleh al-Arouri, 57 ans, numéro deux politique du Hamas, Israël est largement considéré comme responsable de la frappe fatale au fondateur de la branche militaire du mouvement, après avoir juré de "détruire" le Hamas en réaction à son attaque sans précédent le 7 octobre sur le sol israélien.

Désormais, "les forces israéliennes sont dans un état de préparation très élevé dans toutes les arènes, en défense et en attaque. Nous sommes hautement préparés pour tout scénario", a déclaré le porte-parole de l'armée, Daniel Hagari.

Il s'est exprimé mardi soir, peu après l'onde de choc provoquée au Liban par la frappe attribuée à Israël dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah pro-iranien, qui a partiellement détruit un bâtiment dans lequel se trouvaient le numéro deux de la branche politique du Hamas et au moins six autres de ses cadres tous tués.

"Un mouvement dont les leaders et les fondateurs tombent en martyrs pour la dignité de notre peuple et de notre nation ne sera jamais vaincu", a réagi Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas, dénonçant "une violation de la souveraineté du Liban" et une "expansion" de la guerre en cours dans la bande de Gaza.





Le Hezbollah libanais a prévenu dès mardi soir que "l'assassinat de Saleh al-Arouri" était non seulement une "grave agression contre le Liban" mais aussi "un sérieux développement dans la guerre entre l'ennemi et l'axe de la résistance", expression désignant l'Iran et ses alliés régionaux hostiles à Israël.

"Ce crime ne restera pas sans riposte ou impuni", a ajouté le Hezbollah dont le secrétaire général, Hassan Nasrallah, doit prononcer mercredi soir un discours très attendu. Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a lui accusé Israël de "vouloir entraîner le Liban dans une nouvelle phase de confrontation".

Pour l'analyste Maha Yahya, directrice du Carnegie Middle East Center basé à Beyrouth, "le risque d'escalade est important, mais le Hezbollah s'efforce d'éviter d'être entraîné dans un conflit", a-t-elle dit à l'AFP.

Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le 7 octobre, les tensions se multiplient à la frontière israélo-libanaise, en Syrie et en Irak où des bases américaines sont prises pour cible, et en mer Rouge avec des attaques des rebelles Houthis, à nouveau mardi soir selon l'armée américaine, pour freiner le trafic maritime en "soutien" à Gaza.

Le président français, Emmanuel Macron, a appelé Israël à "éviter toute attitude escalatoire notamment au Liban" lors d'un échange téléphonique avec le ministre israélien Benny Gantz, membre du cabinet de guerre de Benjamin Netanyahu.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a pour sa part qualifié la frappe "d'opération terroriste lâche".

L'attaque du Hamas le 7 octobre a fait environ 1.140 morts en Israël, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes. Des commandos du mouvement avaient pris en otage environ 250 personnes, dont plus de 100 avaient été libérés fin novembre lors d'une trêve d'une semaine.

La guerre qui dure depuis près de trois mois a coûté la vie à 22.313 personnes à Gaza, majoritairement des femmes, des adolescents et des enfants, selon un nouveau bilan mercredi du Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, Israël et l'Union européenne.





Saleh al-Arouri, chef en exil du Hamas pour la Cisjordanie occupée, est le plus haut responsable du Hamas tué depuis le 7 octobre. Peu après l'annonce de sa mort, de nombreux Palestiniens se sont rassemblés dans les rues de Ramallah, en Cisjordanie occupée.

"La nouvelle du martyre de (Saleh al-Arouri) est très difficile pour nous, mais il ne vaut pas plus que ceux qui sont morts en martyrs à Gaza et sont plus de 20.000", a dit à l'AFP Diya Zaloum, un jeune manifestant.

Mercredi, les villes de Naplouse et Ramallah notamment se sont arrêtées de vivre, répondant à l'appel de l'Autorité palestinienne demandant aux habitants d'observer une grève générale. Des photos AFP montrent des rues vides et des commerces fermés.

A Arura, petit village au nord de Ramallah, d'où était originaire Saleh al-Arouri, le drapeau vert du Hamas flottait mercredi au dessus de la maison familiale.

Malgré les demandes de cessez-le-feu de la communauté internationale, l'armée israélienne se prépare à des "combats prolongés", qui devraient durer "tout au long de l'année" dans la bande de Gaza.





Dans la nuit de mardi à mercredi, le chef de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a "déploré" des frappes "inadmissibles" sur un hôpital de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, qui ont notamment endommagé des installations locales du Croissant-Rouge palestinien.

Mercredi matin, un journaliste de l'AFP a fait état de frappes sur Khan Younès où le ministère de la santé du Hamas a dénombré de "nombreux" morts.

Les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza sont confrontés à de graves pénuries de nourriture, d'eau, de carburant et de médicaments. Malgré une résolution de l'ONU, l'aide humanitaire entre au compte-gouttes.

"Cela fait sept jours que je suis ici, je dors sous la pluie, sans tente (...) nous avons dû quémander des couvertures dans des appartements autour", soupire Wojoud Kamal al-Shinbary, qui a trouvé refuge à Rafah, ville jouxtant l'Egypte.

A Jabaliya, dans le nord de Gaza, Sajda Maarouf témoigne aussi de son enfer après des frappes locales: "les bombes s'abattaient sur nous, des gens étaient taillés en pièces (...) nous voulons une trêve, s'il vous plaît, nous sommes épuisés".