Menu
L'Opinion L'Opinion
Lire GRATUITEMENT notre journal en PDF
L'Opinion
Facebook
Twitter
YouTube Channel
Instagram
LinkedIn

Edito & Chronique

Irlande : l’ancien ennemi, prochain allié


Rédigé par Anass MACHLOUKH le Dimanche 18 Juillet 2021


Irlande : l’ancien ennemi, prochain allié
Pas plus loin que le 21 avril dernier, lors de la dernière réunion du Conseil de Sécurité sur le Sahara où elle siégeait en tant que membre non permanent, la République d’Irlande s’était montrée très hostile aux intérêts du Maroc en affirmant haut et fort son attachement au principe aujourd’hui dépassé de l’autodétermination. Une manière sans doute de signifier la souveraineté de son positionnement diplomatique sur ce dossier qui venait de subir un profond changement de paradigme suite à l’annonce américaine de la reconnaissance de la souveraineté, pleine et entière, du Maroc sur son Sahara.


Moins d’une année auparavant, le ministère irlandais des affaires étrangères, faisait pourtant état de l’intention de l’Irlande d’ouvrir sa première ambassade en terre maghrébine, non pas en Algérie, en Tunisie ou en Mauritanie, mais dans ce Royaume du Maroc dont elle a longtemps contrarié les intérêts avec son soutien aveugle, car émotif, aux thèses séparatistes. Cette volonté est aujourd’hui confirmée par la révélation de l’inauguration prochaine de l’ambassade irlandaise au Maroc, au cours du deuxième semestre 2021.

Les relations internationales sont ainsi faites de vicissitudes, de surprises et de changements de postures, et les ennemis d’hier peuvent, du jour au lendemain, devenir les alliés d’aujourd’hui, par jeu d’intérêts communs et de pragmatisme économique. C’est ce dont fait preuve aujourd’hui le gouvernement de Dublin en misant sur Rabat comme point de départ de sa stratégie 2025 d’expansion en Afrique. Pour ne pas se faire d’illusion, l’empressement de l’Irlande est loin d’être gratuit ou totalement désintéressé.

Ce pays veut faire du business et tirer profit d’un marché africain en expansion grâce à la coopération avec le Maroc, comme c’est le cas de plusieurs pays qui ont pris conscience de l’importance du Royaume, deuxième investisseur en Afrique et premier sur sa façade Ouest. Encore faut-il dissiper quelques malentendus qui risquent de contrarier cet engouement : l’affaire du Sahara où nulle concession ou mansuétude n’est dorénavant permise par la diplomatie marocaine.

La position actuelle de Dublin, semblable à celle de quelques pays scandinaves, reste toujours perçue comme hostile du point de vue marocain. Mais on imagine bien que la pédagogie et le pragmatisme présideront aux futures réunions entre les responsables marocains et leurs homologues irlandais qui finiront inéluctablement par prêter une oreille attentive aux thèses marocaines, basées sur la légitimité juridique, historique et géographique.

Car, au final, le négoce, les affaires et le développement mutuel finissent toujours par triompher de l’idéologie stérile. Puissent nos voisins algériens en prendre de la graine.
 
Anass MACHLOUKH

  



Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 28 Novembre 2021 - 15:40 Guerre des variants : gare à la syncope économique !

Jeudi 25 Novembre 2021 - 15:45 Maroc-Israël : Accord de dissuasion massive