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Interview avec la créatrice de Shama, robot humanoïde marocain


Rédigé par Safaa KSAANI le Mardi 26 Janvier 2021

Shama, le premier robot humanoïde marocain, a attiré l’attention de la société FotaHub. Cette dernière met à disposition un budget de plus de 100.000 Dollars. Entretien avec Hajar Mousannif, experte en Intelligence Artificielle et créatrice de ce robot révolutionnaire.



Hajar Mousannif
Hajar Mousannif
- Shama est le nom de votre premier robot humanoïde marocain. Quelles sont ses caractéristiques ? Shama et Shama 2.0, quelles différences ?
- Jusqu’à présent, Shama est un robot humanoïde avec des fonctionnalités limitées, faute de moyens. Actuellement, ce robot arrive à reconnaître une dizaine d’objets, à décrypter les émotions humaines, à répondre à un certain nombre de questions en langue arabe, et à proposer des recettes de cuisine à partir d’ingrédients. Nous avons essayé d’implémenter un certain nombre d’algorithmes d’Intelligence Artificielle dans de ce robot pour qu’il puisse exécuter des tâches humaines. Dans un futur proche, Shama deviendra une Shama 2.0, connectée, avec un visage plus souple qui lui permettra d’exprimer des émotions sur son « visage ».

- D’où est née l’idée de baptiser ce robot Shama ?
- Shama est l’abréviation de “Super Humanoïde Assistant à Multiples Activités”. En anglais l’acronyme “Super Humanoïde Assistant in Multiple Activities” ne change pas. Coïncidence, cela ressemble au nom marocain Chama. De plus, Shama se termine par un « ma » pour désigner le Maroc.

- Quelles sont les prochaines étapes d’évolution du robot Shama ? 
- La première chose qui sera améliorée est son aspect physique. L’autre aspect à revoir concerne ses cartes électroniques. Actuellement, la société américaine FotaHub propose ses propres cartes électroniques intégrées. Ainsi, nous mettrons une sorte de cerveau moteur au niveau de sa tête pour qu’elle puisse bouger plus naturellement. C’est à dire qu’au lieu d’avoir plusieurs cartes électroniques, on va avoir une sorte de cerveau artificiel qui va centraliser toutes les cartes. Cette carte FotaHub va permettre également d’interagir avec Shama à distance, n’importe où dans le monde. Actuellement, l’accès au code du robot est limité et n’est pas ouvert à une collaboration extérieure. Elle va éventuellement supporter plusieurs collaborations de la part de développeurs au niveau d’Universités marocaines ou étrangères.

Nous comptons améliorer ses fonctionnalités au niveau de l’Intelligence Artificielle. C’est ce qui nous intéresse le plus. Actuellement, ses connaissances sont limitées puisqu’elle n’est pas connectée à Internet.

- Pouvons-nous affirmer que les moyens financiers sont ce qui manque pour monter de tels projets au Maroc ?
- Les moyens financiers et l’expertise. La société FotaHub a plus de vingt ans d’expertise dans des domaines que nous ne possédons pas. Notre richesse sera au niveau du savoir technologique que nous recevons de la part de FotaHub, qui est une branche d’une grande entreprise internationale présidée par M. Abdelghani El Kacimi. Les cartes électroniques en question ne sont pas utilisables en robotique uniquement. Elles peuvent être utilisées dans des milliards d’autres objets à travers le monde. Donc, on parle de la création de toute une chaîne de valeur.

Recueillis par Safaa KSAANI  

Robotique

Shama, une première expérience qui en annonce d’autres
En vertu de la convention-cadre, signée le 13 courant par le Président de l’UCA de Marrakech, Pr Moulay Hassan Hbid, et M. Abdelghani El-Kacimi, PDG de FotaHub Inc., l’entreprise américaine soutient généreusement le projet de développement du robot humanoïde « SHAMA ». Selon M. El-Kacimi, cette collaboration permettra d’initier une multitude de projets visant à accélérer la convergence entre le monde des objets connectés (IoT) et celui de l’IA.

« Au-delà de la mise à jour fréquente des logiciels embarqués, nécessaire à l’amélioration de la performance et de la sécurité des objets connectés, la mise à jour des paramètres issus des modèles d’entraînement IA représente à ce jour le vrai challenge que FotaHub Inc. est largement en mesure de relever avec ses approches technologiques très innovantes », a-t-il expliqué.

Pour sa part, Mme Hajar Mousannif nous affirme que la famille de Shama grandira prochainement. Les nouvelles inventions ne seront pas forcément semblables à Shama. “Notre objectif est d’élargir la robotique à toutes les universités marocaines. Plusieurs versions de robots connectés verront le jour et pourront même communiquer entre eux”, nous dévoile l’experte en Intelligence Artificielle.

Mais avant tout, il est temps de se concentrer sur Shama, en développant son aspect Hardware, qui concerne les cartes électroniques qui vont être remplacées, son aspect mécanique, qui concerne le cerveau moteur, ainsi que son aspect software, qui touche à l’Intelligence Artificielle et aux algorithmes, nous explique-t-elle. 
 
S. K.

Repères

1.000.000 DHS pour soutenir Shama 2.0
L’entreprise américaine FotaHub Inc. a décidé d’investir dans le projet du développement du premier robot humanïde marocain baptisé “Shama”. Cette entreprise américaine a été attirée par l’expertise marocaine dans le domaine de l’Intelligence Artificielle (IA), notamment les travaux qui ont été conduits par Hajar Mousannif, professeure à l’université Cadi Ayyad (UCA) et ses équipes. Dans un premier temps, FotaHub Inc. mettra à la disposition de la chercheuse marocaine et ses équipes un budget de 1.000.000 DH pour accompagner les travaux de développement nécessaires vers une Shama 2.0 qui sera connectée. Ce robot bénéficiera de la première plateforme collaborative de recherche au sein de l’écosystème universitaire marocain. Dans ce contexte, une convention-cadre a été signée le 13 janvier par le Président de l’UCA de Marrakech, Pr Moulay Hassan Hbid, et M. Abdelghani El-Kacimi, PDG de FotaHub Inc.
1er Prix de la catégorie «Global AI Inclusion Award»
L’Enseignante-experte en Intelligence Artificielle (IA) à l’Université Cadi Ayyad (UCA) de Marrakech, Hajar Mousannif, a remporté le 1er Prix de la catégorie «Global AI Inclusion Award» dans le cadre du prestigieux Prix «Women Tech», qui récompense les femmes qui rayonnent à l’international dans le domaine des hautes technologies. La jeune enseignante-chercheuse, connue pour ses multiples inventions technologiques, est professeure de Machine Learning et d’analyse de données massives à la Faculté des Sciences Semlalia relevant de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech.