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Actu Maroc

[ Interview avec Majid El Bouazzaoui ] Le potentiel d’innovation au Maroc est sous exploité


Rédigé par Wolondouka SIDIBE le Jeudi 26 Août 2021

La Semaine de l’Innovation en Afrique IWA 2021, prévue du 8 au 12 septembre à Rabat, a programmé une cinquantaine de thèmes qui seront débattus par des robots virtuels utilisant l’intelligence artificielle. Mais l’innovation au Maroc est un grand chantier en friche qui demande soutien et accompagnement. Majid El Bouazzaoui, Président d’OFEED, fait un état des lieux dans cet entretien.



Le Salon de l’innovation IWA2021 se tient dans un contexte particulier lié à Covid-19. Dans quel état d’esprit entamez-vous cette manifestation ?
 
- Tout d’abord, je tiens à vous remercier ainsi que toute l’équipe de la rédaction de l’Opinion. Nous sommes impatients de commencer le programme de la Semaine de l’Innovation IWA 2021, prévue du 8 au 12 septembre à Rabat. Le Salon de l’innovation IWA2021 s’est bien adapté au contexte particulier lié au Covid-19 depuis l’édition de 2020. Nous nous sommes bien préparés physiquement et moralement pour cette manifestation de grande ampleur. Bref, c’est un excellent état d’esprit qui règne durant cette période de préparation à environ 2 semaines du jour J.

 
- Vous avez mis l’accent sur les intervenants pour cette édition. De quoi s’agit-il ?
 
- Dans chaque édition de la Semaine de l’innovation IWA depuis 2019, nous faisons appel aux intervenants pour effectuer des séminaires éducatifs pour les jeunes. En gros, il y a trois actions principales que nous essayons d’effectuer chaque année à travers ce salon. Tout d’abord, il s’agit de disséminer la culture de l’invention et de l’innovation à travers des séminaires éducatifs pour les jeunes ; ensuite : inspirer le public en le confrontant avec les inventeurs participants et en présentant leurs inventions. Enfin, il s’agit aussi de valoriser les inventions des participants à travers le concours et la remise des prix aux meilleures inventions.


- Pouvez-vous être plus explicite à travers des exemples ?
 
- Par exemple, en rapport au point numéro 1, nous avons fait appel à des experts en 2019 et en 2020. Il s’agit respectivement du Prof Winfried Strum en 2019 puis en 2020 (élu meilleur professeur en Allemagne en 2014), et du Dr Aynampudi Subarrao en 2020 (Président de IIA Indian Innovators (Association et ayant plus de 40 ans d’expérience en innovation). Pour cette année, la nouveauté (par rapport à ce point numéro 1), réside dans le recours à l’intelligence artificielle pour introduire auprès des jeunes le maximum de sujets dans plusieurs domaines. Je ne vous en dis pas plus pour le moment et je vous laisse le découvrir par vous-même durant l’événement.


- Parlant de l’innovation, quel est l’état des lieux aujourd’hui au Maroc ?
 
- Le potentiel d’innovation au Maroc n’est pas exploité. A mon avis, je pense qu’on recherche des projets prêts à la commercialisation ou à l’industrialisation. Cependant, pour arriver à l’étape de la commercialisation ou d’industrialisation, il faut atteindre un des niveaux TRL de TRL7 à TRL9 (qu’on appelle niveaux de déploiement).

Il est à noter que TRL (Technology Readiness Level) est une classification par niveau de maturité des innovations (de 1 à 9), qui peuvent être regroupées en trois phases : Recherche (TRL1 à TRL3), Développement (TRL4 à TRL6) et Déploiement (TRL7 à TRL9).

Donc, si rien n’est fait pour changer la donne, je pense que les innovations marocaines ne vont pas atteindre les niveaux de maturité « déploiement », car il n’y a pas, à ma connaissance, des plateformes efficaces d’accompagnement des inventeurs pour arriver aux TRL7 à TRL9.


- Dans ce contexte, quel est votre rôle dans l’écosystème de l’innovation au Maroc ?
 
- Cela se traduit par l’accompagnement des inventeurs et innovateurs à travers l’organisation de leurs participations aux événements internationaux partenaires car l’OFEED est le délégué officiel et exclusif de plusieurs salons d’invention importants dans le Monde.

Nous agissons aussi dans la promotion de l’invention et le soutien des inventeurs notamment par l’organisation d’événements d’invention et d’innovation internationaux au Maroc dont le plus important est la Semaine de l’Innovation IWA.

En outre, nous faisons de la dissémination de la culture d’invention et d’innovation par des séminaires et différentes présentations aux jeunes et au public.

Enfin, il y a la mise en relation des inventeurs et innovateurs avec les investisseurs et l’accompagnement pour la commercialisation de leurs inventions et innovations. Pour cela, OFEED a signé 27 accords de partenariats dans une vingtaine de pays et régions.


- Un mot sur la dernière édition
 
- En 2020, l’Innovation Week IWA a duré environ 4 mois (15 semaines : du 8 septembre au 19 décembre). Un programme différent a été présenté et les résultats de la compétition étaient annoncés chaque semaine durant toute la période.

Pour rappel, le programme Innovation Week in Africa IWA 2020, utilisant OFEED WebTV, a atteint des participants du monde entier sans aucune barrière ni limitation, donnant la parole aux inventeurs et en inspirant tant d'autres grâce à l'excellente contribution d'honorables experts internationaux en innovation. Et aussi, l'événement IWA a terminé son édition 2020 avec 50 pays / régions participants et un total de 1585 certificats attribués, devenant ainsi le premier événement didactique au monde pour les inventeurs.

Tandis que Innovation Week in Africa IWA a connu, pour sa part, la participation de 59 pays / régions, devenant ainsi l'un des plus grands événements d'inventeurs au monde pour les inventeurs, et a poursuivi sa croissance même dans une situation exceptionnelle dans le monde en raison de la pandémie mondiale du Covid-19.


- Enfin, vous avez reçu en mai dernier le Prix Mondial de l’innovation au Japon. Sur quoi était fondée cette distinction ?
 
- La distinction était fondée sur l’invention d’un nouveau concept de voiture électrique sans batterie. Surtout que les batteries des voitures électriques posent de nombreux grands problèmes. En effet, la production des batteries des voitures électriques pose de grands problèmes environnementaux : utilisation du lithium qui est un métal rare (souvent appelé or blanc) dont la production utilise beaucoup d’eau et met à mal les écosystèmes.

En outre, la capacité des batteries diminue avec le temps : si leur capacité n’atteint plus 75%, elles ne peuvent plus être utilisées dans les véhicules sans compter que les batteries en fin de vie constituent un problème dans la gestion des déchets.

Par ailleurs, la recharge reste une contrainte : l’utilisation de la clim ou du chauffage diminue rapidement l’autonomie des batteries. Sachant que l’augmentation de l’autonomie signifie plus de poids, et plus de temps de charge… Sur un autre plan, les batteries augmentent le poids du véhicule : par exemple Tesla a 600 Kg de batteries et Renault a 320 Kg de batteries.

Il en est de même pour les longs trajets où le temps de recharge et la disponibilité des bornes deviennent des contraintes. D’autres difficultés car le temps de charge dépend aussi de la puissance disponible au point de recharge : sur une prise classique à la maison ça peut nécessiter 6 heures pour arriver à 80% de charge.

Sur le plan financier, les batteries des véhicules électriques coûtent encore très cher. Elles nécessitent un système de refroidissement sinon, il y a des risques de chauffe ou d’explosion. Mon innovation permet d’aplanir toutes ces difficultés.

Mon concept « Voiture électrique sans batteries » repose sur le principe d’induction entre deux bobines, qui est un phénomène permettant de générer un courant électrique à partir d’un champ électromagnétique. 
 
Propos recueillis par Wolondouka SIDIBE


 


Malgré le Covid-19
 
Pour Majid El Bouazzaoui, Président d'OFEED, en raison de la situation pandémique dans le monde qui rend les voyages difficiles, il fallait innover afin de trouver une autre alternative pour assurer la continuité de l'événement, surtout concernant les actions de sensibilisation à l'invention et à l'innovation auprès des jeunes, lesquels sont indispensables pour construire la future génération d'innovateurs.

Avec ce recours à l'intelligence artificielle pour la création des intervenants, qui est une première dans le monde, la semaine de l'innovation en Afrique IWA 2021 vise à se positionner comme étant le premier événement didactique au monde pour les inventeurs.

Dans cette optique, l’OFEED apporte un soutien aux inventeurs et innovateurs qui souhaitent participer aux événements internationaux, notamment par l’accompagnement et l’organisation de leurs participations dans les événements internationaux partenaires, sachant qu’OFEED est délégué officiel et exclusif de plusieurs salons d’invention des plus importants au monde. Il s’agit également de l’organisation d’événements d’invention et d’innovation internationaux au Maroc dont le plus important est la Semaine de l’Innovation IWA.