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Intempéries et risques climatiques : La Météorologie Nationale en mode proactif


Rédigé par Oussama ABAOUSS le Dimanche 13 Mars 2022

En passant de l’échelle régionale à l’échelle communale, le système national de vigilance météorologique améliore la gestion proactive des phénomènes climatiques extrêmes.



Présentation du système de vigilance météorologique à l’échelle communale, marquée par la présence du ministre de l’équipement et de l’eau, Nizar Baraka.
Présentation du système de vigilance météorologique à l’échelle communale, marquée par la présence du ministre de l’équipement et de l’eau, Nizar Baraka.
Le mercredi 9 mars, au siège de la Direction Générale de la Météorologie (DGM) à Casablanca, le ministère de l’Équipement et de l’Eau a dévoilé son nouveau système de vigilance météorologique. Dans un contexte national et régional marqué par la recrudescence des phénomènes climatiques extrêmes, ce nouveau système d’alertes précoces, réalisé en partenariat avec la Direction de Gestion des Risques Naturels du ministère de l’Intérieur, la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) et la Direction Générale de l’Hydraulique, a été mis en avant comme une nouvelle avancée nationale dans le domaine de la gestion proactive des phénomènes météorologiques dangereux.

Ce système « a été mis en place par la DGM grâce à la mobilisation de ses ressources humaines hautement qualifiées, des capacités de calcul performantes et des avancées scientifiques et techniques importantes, permettant l’élaboration de prévisions et d’alertes à des échelles spatio-temporelles encore plus fines », souligne la DGM.

Un site et une application

Le nouveau système de vigilance météorologique s’appuie sur les diverses plateformes web de la DGM ainsi que sur une application Smartphone (intitulée Météo Info) conçue et développée pour un meilleur accès aux contenus et aux alertes.

«Il sera aussi accompagné d’un système de mise à disposition de la prévision à l’échelle de la commune envoyée régulièrement aux décideurs locaux par SMS », souligne la DGM qui précise, par ailleurs, que « cette nouvelle vigilance météorologique communale permettra de surveiller et de suivre l’occurrence des phénomènes météorologiques extrêmes tout en déterminant la possibilité d’occurrence d’un (des) phénomène (s) dangereux durant les prochaines 48 heures, en indiquant par zones (communes et provinces) et en quatre couleurs (vert, jaune, orange, et rouge), les niveaux des risques liés aux conditions météorologiques ».

Il s’agit donc d’une carte interactive à haute résolution qui s’actualise au fur et à mesure pour mettre en avant les divers types de risques ainsi que leurs intensités et localisations. 

Une gestion plus proactive

Lors de la présentation de ce nouveau système de vigilance météorologique, M. Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, a souligné dans son allocution que « le Maroc, de par sa situation géographique et ses particularités climatiques, est exposé aux répercussions et aux risques des conditions météorologiques et marines, considérablement exacerbés par les changements climatiques que connaît le monde et qui constituent aujourd’hui des défis et une réalité concrète qui doivent être pris en compte à tous les niveaux ».

M. Baraka a, par ailleurs, précisé que ces enjeux imposent une vigilance constante et « la nécessité de passer d’une conception de gestion de crise basée sur la réaction à une conception de gestion de la connaissance des risques basée sur des anticipations scientifiques proactives ». C’est dans ce contexte que la Direction Générale de la Météorologie a élaboré « un plan stratégique ambitieux qui vise à préparer pleinement le Maroc à réduire les effets des risques naturels », a-t-il ajouté.

Une avancée considérable

Pour la DGM, « ce système constitue une avancée considérable dans la gestion des risques liés aux phénomènes météorologiques extrêmes et contribuera de manière efficace au développement de l’annonce précoce de phénomènes météorologiques au niveau local. Il permettra, également, d’une part de prendre des décisions proactives en faveur des citoyens ainsi que de tous les utilisateurs de l’information météorologique, et, d’autre part, de réduire les effets négatifs des phénomènes extrêmes ».

M. Nizar Baraka s’est également félicité de ce nouvel acquis qu’il a qualifié de « saut qualitatif dans la gestion des conditions météorologiques dangereuses au niveau local » qui permet « d’assurer la mobilisation efficace des ressources et de prendre des décisions proactives pour limiter les effets négatifs des événements météorologiques extrêmes ».

À noter que l’ancien système de vigilance développé depuis 2018 était basé sur la prévision des risques météorologiques à l’échelle (plus vaste et donc moins précise) des préfectures et provinces.




Oussama ABAOUSS

Repères

Accès au système de vigilance
L’application Smartphone et l’extranet dédiés au nouveau système de vigilance météorologique communale sont dédiés exclusivement aux pouvoirs publics et aux autorités territoriales. Le grand public peut en revanche consulter les cartes de vigilance provinciale qui sont disponibles sur le site : vigilance.marocmeteo. ma. Cette plateforme offre également des explications (en arabe et en français) des différents types de phénomènes météorologiques extrêmes ainsi que les moyens de s’y préparer et d’y faire face.
 
Inondations en milieu urbain
En milieu urbain, la prévention des inondations est une mission collective qui incombe à plusieurs parties prenantes territoriales publiques et privées qui ont la charge d’anticiper les impacts et dégâts potentiels des fortes averses orageuses en veillant au bon entretien et à la maintenance régulière des canalisations. Le récurage du réseau de conduits évite ainsi des obstructions qui peuvent être accentuées en période de sécheresse provoquant des inondations destructrices en cas de pluies importantes.
 


 

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Intempéries et risques climatiques : La Météorologie Nationale en mode proactif

Monde


Les pays en voie de développement et l’enjeu de l’alerte précoce
 
L’Organisation Météorologique Mondiale a recensé 11.072 catastrophes d’origine climatique, météorologique et hydrologique, qui ont eu lieu entre 1970 et 2019. En un demi-siècle, ces phénomènes extrêmes se sont multipliés par cinq, causant au passage plus de deux millions de morts et 3,6 milliards de dollars de pertes économiques. Ces catastrophes ont d’ailleurs totalisé la moitié de toutes les catastrophes (toutes origines confondues) qui ont lieu sur le globe durant cette période.

Si la fréquence des catastrophes d’origine climatique, météorologique et hydrologique a augmenté, et les pertes économiques qui en découlent multipliées par sept, le nombre de victimes de ces aléas a progressivement diminué grâce à une amélioration des systèmes d’alerte et de prévention.

Les pays en voie de développement restent cependant à la traîne dans ce domaine puisqu’ils ne disposent pas des ressources nécessaires pour développer des systèmes modernes et efficaces : 91% des décès causés par des catastrophes d’origine climatique ont eu lieu dans les pays en voie de développement.
 

Efforts étatiques



Gestion nationale intégrée des risques de catastrophes naturelles
 
Depuis 2015, année qui a constitué une étape importante dans le processus de mise en place d’une politique publique de gestion des risques de catastrophes naturelles, le Programme de gestion intégrée des risques de catastrophes naturelles et de résilience, a pu financer 226 projets dédiés totalisant un coût global d’environ 400 millions de dollars et visant à prévenir les risques naturels qui ont un impact direct sur la vie des citoyens et la sécurité de leurs biens, tels les inondations, séismes, glissements de terrains, tsunamis, entre autres.

Parallèlement à cette politique, un système dédié à la couverture des incidences des catastrophes a été adopté. Il se ventile en deux systèmes d’indemnisation, un au profit des victimes disposant d’une police d’assurance et l’autre destiné aux personnes physiques qui n’en disposent pas, pris en charge par le Fonds de solidarité contre les catastrophes naturelles.

Parmi les grands chantiers adoptés dans ce domaine par le Royaume, figure également la Stratégie nationale de gestion des risques des catastrophes naturelles 2020-2030 qui, selon le ministère de l’Intérieur, « ambitionne d’atteindre deux objectifs consistant à limiter les effets des changements climatiques et à renforcer la capacité des citoyens et des institutions à y faire face, en plus de contribuer à la réalisation d’un développement territorial durable profitable à toutes les franges de la société, notamment les catégories vulnérables et celles exposées aux effets des dérèglements climatiques ».
 

Inondations


Gare aux crues fulgurantes des petits bassins de montagne
 
L’Institut Royal des Études Stratégiques a indiqué, dans son rapport « Anticipation et gestion des risques d’événements climatiques extrêmes et de catastrophes naturelles au Maroc » paru en décembre 2014, qu’avec l’exacerbation des impacts des changements climatiques, « les périodes de sécheresse enregistrées au Maroc sont désormais plus longues, plus fréquentes et successives. Elles sont entrecoupées d’épisodes pluvieux avec des précipitations parfois abondantes à l’origine de crues violentes ».

Le risque d’inondations dévastatrices concerne particulièrement les petits bassins versants caractérisés par des superficies comprises entre 100 et 1000 km² et une situation au pied des grands reliefs à forte pente qui peuvent en cas de précipitations de courte durée mais à intensité très forte devenir des pièges mortels. La mise en place d’un système de vigilance à l’échelle communale est de ce fait un atout certain pour renforcer les mécanismes d’alerte déjà mis en place pour permettre aux autorités et aux populations d’anticiper l’arrivée brutale des crues.

Les sites concernés par ce risque important ont été répertoriés dans le sillage de la mise en place du premier Plan national de protection contre les inondations.

Au moins 400 points noirs éparpillés dans diverses régions du Royaume ont ainsi été considérés comme des zones qu’il fallait traiter (pour un investissement total estimé à près de 25 milliards de dirhams).

Depuis 2002, les travaux de mise en oeuvre du Plan ont concerné de grandes villes, des douars, des vallées touristiques, des plaines agricoles et des palmeraies, à raison d’une dizaine de sites traités par an.
 








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