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Industrie automobile : Un secteur résilient mais condamné à la montée en gamme


Rédigé par A. A. le Mercredi 27 Avril 2022

Dans son dernier Policy Brief, l’Institut Marocain d’Intelligence Stratégique (IMIS) a constaté la résilience de l’activité, tout en adressant des recommandations pour sa montée en gamme.



Industrie automobile : Un secteur résilient mais condamné à la montée en gamme
Fer de lance de l’industrie marocaine, l’écosystème automobile a réussi à maintenir son activité malgré la pandémie, la pénurie d’intrants et les effets de la guerre en Ukraine. Une conjoncture exceptionnelle qui n’a pas empêché le secteur de dépasser son positionnement « Low Cost Country » (LCC) pour atteindre celui de « Best Cost Country ». La plateforme Maroc qui a intégré le top 15 des constructeurs automobiles dispose d’une capacité de production installée de 700.000 véhicules/an, qui lui permet de réaliser 10 milliards d’euros en chiffre d’affaires à l’export.

Une industrie aux reins solides

L’écosystème englobe plus de 200 équipementiers, une présence qui devrait lui permettre d’atteindre 86% de taux d’intégration industrielle à l’horizon 2025, contre 56% en 2019. Une volonté qui passe par l’intégration de nouveaux métiers facilement déployables, à l’image du boîtier de servitude moteur, l’extrusion, le cuir, le combiné, les écrans, la radio, la fonderie fonte, la forge et les pneus. Là où des métiers comme la fonderie et les tubes aluminium, les tubes aciers, les ressorts hélicoïdaux ou encore les serrures sont en cours de déploiement.

Les recommandations de l’IMIS

Les enjeux et opportunités de l’industrie automobile marocaine ont justement été étudiés par l’Institut Marocain d’Intelligence Stratégique (IMIS), dont les experts ont récemment publié un Policy Brief intitulé « Quel positionnement d’avenir pour l’industrie automobile marocaine ? ». Parmi les relais de croissance identifié, assurer plus de profondeur à l’intégration locale, en ajoutant une composante matière première à « supply chain ». En clair, exploiter le potentiel géologique du Royaume et renforcer l’intégration en aval de la matière première, notamment en matière de minerais.

Une piste qui permettra au tissu industriel de gagner en compétitivité et en attractivité en s’assurant un approvisionnement stratégique, et de se prémunir de la volatilité des cours mondiaux. L’écosystème devrait également tirer son épingle du jeu, dans l’effort de diversification que compte mener l’industrie automobile européenne.

Les experts de l’IMSI recommandent pour cette période post-Covid de renforcer les capacités d’anticipation des opérateurs industriels comme leur pouvoir d’adaptation nécessaire au déclenchement du rebond économique. En termes de financement, l’Institut appelle à renforcer la part du capital marocain dans les écosystèmes installés et d’adopter des mesures fiscales d’encouragement à l’investissement dans le secteur.

Le secteur gagnerait également à amorcer dès maintenant des cycles de formations aux nouveaux métiers, notamment les fameux chaînons cités plus haut. Là où la tutelle est invitée à renforcer les mécanismes d’accompagnement de la sortie de crise, comme ceux dédiés à l’adaptation des écosystèmes à la nouvelle donne post-Covid. L’Exécutif est également appelé à consentir un effort supplémentaire au renforcement de l’inclusion de l’économie marocaine dans les réseaux de valeur de l’industrie.

La transition écologique figure également parmi les chantiers prioritaires du secteur. L’IMSI recommande la mise en place d’un nouvel écosystème dédié au mix des technologies moteur et énergie. Les opérateurs et l’Exécutif sont également appelés à renforcer le volet normalisation et certification des productions en matière d’emprunte carbone. L’Union Européenne a, rappelons- le, fait de la décarbonation l’un de ses principaux axes de développement pour les années à venir.

Bien que ce chantier soit passé au second plan avec la guerre en Ukraine qui a poussé Bruxelles à remettre à l’ordre jour la question de l’approvisionnement en énergies fossiles, un répit que les industriels devraient mettre à profit pour accélérer leurs efforts en matière de décarbonation de leur production. Les investissements en R&D et le renforcement des efforts de sensibilisation des fournisseurs et des clients devraient faciliter la tâche au duo opérateur/Etat.


A. A.