Car dans cette région d’Afrique du Nord, historiquement agricole, cette date marque non seulement le début de l’année agricole, mais unit également les peuples du Maghreb, du Maroc jusqu’à la Libye, en passant par l’Algérie et la Tunisie, et même au-delà jusqu’aux Oasis de Siwa en Égypte, où les festivités prennent des formes variées : repas traditionnels, chants, danses et événements culturels, selon les spécificités de chaque communauté. Des pratiques ancrées anthropologiquement et qui rappellent qu’au-delà des manœuvres politiciennes et des rivalités géopolitiques héritées de l’ère coloniale, l’Afrique du Nord est profondément unie par une culture partagée, véritable ciment de cohésion régionale.
Au niveau national, cette célébration témoigne par ailleurs de l’attachement des forces vives de la Nation à leur identité amazighe, symbole de mémoire collective, de résilience et d’espoir. L’émission de billets commémoratifs portant des inscriptions en caractères tifinagh en est un exemple symbolique, venant ainsi couronner une série de mesures mises en place par le gouvernement ces dernières années. Et si Yennayer incarne un lien profond avec la terre, les ancêtres et les cycles naturels, il marque aussi la fin des « nuits noires » (udan iberkanen), les plus froides après le solstice d’hiver. Nous ne pouvons qu’espérer que l’entrée dans les « nuits blanches » (udan imellalen) apporte davantage de pluie à un pays dont la sécheresse a complètement fragilisé l’équilibre économique. Que ces pluies s’accompagnent de mesures concrètes pour soutenir les agriculteurs et surtout nos concitoyens isolés dans les zones froides et enclavées de nos montagnes enneigées.
D’ici là, Aseggas Amegaz !






















