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Culture

Hayat Saïdi, créations contondantes


Rédigé par Anis Hajjam le Dimanche 15 Août 2021

Marocaine de terre et Italienne de coeur, l’artiste se projette dans le futur immédiat. Jusqu’à fin août, ses oeuvres côtoient ceux d’autres plasticiens à Rome sous le délicat intitulé «L’art refait surface». Parcours en l’art majeur.



Entre effacement et abstraction.
Entre effacement et abstraction.
En voilà une qui ne maudit que partiellement le confinement. Pour elle, cette période reste une source d’acharnement sur l’art, le sien, qu’elle dorlote depuis l’enfance. Une période décisive lui permettant de faire parler ses tripes avec émotion et détermination. En chaloupant les couleurs avec lesquelles elle fait corps depuis le début des années quatre-vingt-dix, en faisant parler les plus enfouis de ses rêves.

Ici, ce sont les angoisses de l’enfermement qui jaillissent. En grattant, une bonne dose d’espoir ressort de ces ombres et lumières qu’elle fait flirter avec gourmandise. Hayat Saidi donne l’impression de vouvoyer ses instruments de travail par respect à leur haute complicité dans le cheminement d’une recherche qui s’accomplit dans l’idéalisme.

A mi-chemin entre l’effacement et l’abstraction, ses oeuvres dégagent une intensité emplie de gestes hurlants, de débats houleux, d’intenses incompréhensions. Si elle les aime ? Certainement, en pensant à leurs successeuses.

Paix, ouverture et partage

Avec «L’art qui refait surface», Hayat Saidi refait elle aussi surface aux côtés d’autres artistes après une semi-retraite publique d’au moins un an et demie.

Elle raconte : «A travers cette peinture, j’ai voulu montrer l’importance du retour aux activités artistiques et culturelles. Car avec la fermeture des espaces culturels en raison des restrictions sanitaires prises pour lutter contre la propagation de la pandémie, le rythme de la production artistique a changé pour beaucoup d’artistes. Plusieurs projets en développement ont été suspendus. La pandémie qui est une menace invisible et inattendue, a provoqué l’effondrement de tout un système et pris par surprise le monde de l’art. De nombreux artistes plasticiens ont exprimé le désir de reproduire sur leurs toiles ce qu’ils ont ressenti au cours de ces derniers dix-huit mois.»

Avant ce happening milanais, Hayat Saidi a droit à des participations de reconnaissance(s) en Turquie, en Egypte mais autrement en Italie où elle tient ses quartiers depuis plusieurs années et où elle est honorée par moult prix. L’aura de la Marocaine tutoie le Japon, l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Autriche, le Canada, les Etats-Unis, l’Angleterre, le Liban… Et bien évidemment le Maroc où elle milite au-delà de son statut d’artiste, par le biais de «Women’s Art World» dans le sud du pays, valorisant la paix, l’ouverture et le partage.

Rêver éveillés

L’artiste, habituée des actes caritatifs, laisse également bonne impression dans ce circuit, aussi bien dans son pays qu’en Italie. Ainsi est-elle décrite par Artmajeur : «Sa générosité imprègne ses toiles mais aussi sa vie quand elle s’engage auprès d’associations tant italiennes que marocaines en faisant don de plusieurs peintures pour des oeuvres de bienfaisance (…) Après plusieurs années de vie et de créativité à Milan, Hayat conserve un lien très fort avec l’Italie, une terre d’accueil qui lui a ouvert les portes du marché de l’art au point d’en faire une artiste connue, reconnue et cotée grâce aux nombreuses expositions auxquelles elle a participé et à ses multiples récompenses.

Car elle a su enrichir sa peinture en intégrant les enseignements d’artistes peintres et de sculpteurs italiens. Une maîtrise qui lui a permis d’être reconnue par ARTECULTURA, prestigieuse revue d’art et de culture.

Autant d’expériences et d’éloges qui ont élevé Hayat Saidi au rang des artistes peintres internationaux (…) Hayat parvient à extraire de son art comme de celui des autres le meilleur de lui-même grâce à la création de son concept ‘Women’s Art Work’ dans lequel elle invite des femmes du monde entier à travailler ensemble, créer et partager le savoir-faire et les techniques d’art.»

C’est ce qui risque de nous faire rêver éveillés, de nous pousser à demander plus à quelqu’un qui fait dans le condensé pluriel. Si l’art n’a pas de mère, il s’enorgueillie de posséder des mamelles.

Anis HAJJAM