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Culture

Exposition : Les pensées vagabondes de Loubaba Laâlej


Rédigé par Hamid DADES le Dimanche 24 Octobre 2021



Depuis sa renaissance en 2000, Dar Chérifa s’est imposée comme un lieu incontournable d’art, de culture, d’échanges et de rencontres… Entre deux expositions ou deux concerts, son décor à la fois simple et raffiné rappelant celui de la médersa Ben Youssef dont elle est contemporaine est idéal pour savourer une atmosphère sereine, loin de l’agitation des souks pourtant tout proches. Tous ceux qui connaissent la maison disent qu’elle distille un parfum rare de paix et de sérénité.

Ainsi, devenu un haut lieu de la culture et des arts de la ville ocre, cet espace a accueilli en l’espace de 20 ans des rencontres et des expositions de grands noms de la culture, de Abdelkebir Khatibi à Hassan Aourid en passant par Mohamed Chergui, ou encore les expositions des peintres Aberrazak Benchaâbane, Taha Sabie, Ahmed Haizoune…

Aujourd’hui, ce riad historique, perpétuant la féérie de l’art saâdien, comme dit artiste plasticienne et écrivaine Loubaba Laâlej, «nous plonge au XVIème siècle. Il est une demeure reposante. Les arts s’y rencontrent. C’est l’espace du voyage».

Fond soufi profond

L’occasion de cette description est justement l’exposition des récentes toiles de Loubaba qu’abrite Dar Chérifa jusqu’au 30 octobre. Le vernissage, le 2 octobre, a été marqué par la signature du dernier recueil de l’artiste, intitulé «Pensées vagabondes» dans ses deux versions, française et arabe.

Née à Fès et ayant grandi en France où elle avait suivi des études de journalisme, carrière qu’elle abandonna pour des raisons personnelles, Loubaba Laâlej manipule le pinceau depuis quelque vingt années, d’abord par vocation puis, poussée par un désir curieux qui l’entraîne dans des explorations imaginaires à la mesure de ses exigences intellectuelles.

Bien qu’ayant peu exposé, Loubaba Laâlej commence à investir la scène plastique marocaine, animée en cela par ce sentiment de prudence compréhensible chez une artiste qui dit avoir toujours peint «pour moi-même».

Loubaba a obtenu en 2019 un doctorat honorifique délivré par le Forum International des Beaux-arts (Fine Arts Forum International) à titre de reconnaissance. Elle a, à son actif, plusieurs publications sur son expérience créative, telles que «Emergence fantastique», «Mes univers», «Matière aux sons multiples», «Abstraction et suggestion», «Femmes du monde : entre l’ombre et la lumière» (à paraître). Elle a aussi publié plusieurs recueils de poésie, dont «Fragments», «Pensées vagabondes» et «Icônes de la plasticité au féminin».

Plusieurs d’autres thèmes sont en cours de finalisation : «Mysticité et plasticité», «Melhoun et peinture», «Peinture et poésie», «Chuchotement du silence», «Musicalité et plasticité», «Danse et plasticité», «Vivre avec soi», «Vivre ensemble», «Voix intérieure», «Route de lumière» et «Art et amour» (écrits et oeuvres).

Très active et très productive, cette artiste, bien imprégnée du monde et de son environnement, souligne : «Mon inspiration découle de mon monde intérieur. Je n’ai jamais voulu me laisser influencer par qui que ce soit ni par quoi que ce soit. C’est bien sûr mon choix et il vaut ce qu’il vaut par l’inspiration de mes voyages et de ma spiritualité... J’ai désiré, par le biais de l’écriture, faire pénétrer les lecteurs dans le monde intérieur du peintre». Mais pas seulement. Ses textes, tout comme ses toiles, sont une plongée dans le monde de la musique et de la philosophie sur un fond soufi très profond.
 
Hamid DADES

  


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