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Enseignement supérieur : Financement, bête noire de l’Université marocaine !


Rédigé par Anass MACHLOUKH le Jeudi 16 Décembre 2021

En cours de préparation de sa réforme globale de l’Enseignement supérieur, le ministre Abdellatif Miraoui a reconnu l’insuffisance des moyens financiers nécessaires pour le redressement de l’université. Celle-ci sera reconstruite sur la base de la méritocratie et une nouvelle génération de docteurs. Détails



Revigorer l’université marocaine est l’un des grands défis du nouveau gouvernement d’Aziz Akhannouch qui a réservé à ce secteur vital tout un portefeuille ministériel en le détachant de la tutelle de l’Education nationale. Conscient des grands défis qui pèsent sur l’université marocaine, le nouveau ministre Abdellatif Miraoui tente de redresser une institution dont la réputation a été malmenée récemment par des scandales de harcèlement et de chantage sexuel, de plus en plus fréquents.

À ce problème s’ajoutent d’autres : manque d’infrastructures, sous-effectif, organisation contrariée par le poids de la bureaucratie, etc. Cependant, pour Abdellatif Miraoui, le malaise de l’université marocaine est une question de financement. Invité, mardi, à la Chambre des Conseillers, le ministre a été interrogé par les membres de la deuxième Chambre sur le classement “bas” des universités marocaines à l’échelle internationale. Le fait que les universités marocaines soient si mal classées est dû au manque de ressources financières.

Avec flegme, le ministre a dénoncé la faiblesse du budget alloué à l’Enseignement supérieur marocain par rapport à d’autres pays comme la Turquie. “Le budget des universités turques par étudiant est dix fois supérieur au nôtre, je vous invite à en tirer les conclusions”, a rétorqué M. Miraoui qui n’est pourtant pas dans le déni de l’évidence d’une réforme profonde du système marocain. Le ministre demeure optimiste en préférant voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

Selon lui, le Maroc a progressé dans les classements internationaux par rapport aux années passées, précisant qu’en 2014, une seule université y figurait tandis que nous avons maintenant près de six universités classées internationalement.

En effet, si on voit les classements internationaux, les universités marocaines demeurent mal classées. « The Times Higher Education », l’un des classements les plus notoires, qui compte 1.200 meilleures universités issues de 99 pays, compte six universités marocaines, à savoir l’université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès, l’université Ibn Tofail de Kénitra, l’université Hassan 1er de Settat, l’université Hassan II de Casablanca, l’université Cadi Ayad de Marrakech et celle de Mohammed V à Rabat.

Toutes sont classées entre le 801ème et le 1201ème rang. Nonobstant la position des universités, le fait qu’elles soient plus nombreuses dans les classements prestigieux est louable en soi, aux yeux du ministre de tutelle, à qui incombe la pénible mission de redresser le monde académique et le tirer de son marasme. « Notre principale préoccupation au gouvernement est de rétablir la confiance dans l’université marocaine », a-t-il assuré, ajoutant que « plusieurs avancées ont été réalisées ces dernières années, sur lesquelles il faut capitaliser ».

Réforme de l’Université : en quête d’une nouvelle génération de chercheurs

Par ailleurs, les prémices de la réforme globale tant attendue du système de l’enseignement supérieur sont là. Cette réforme est censée rompre avec l’inefficacité des plans d’urgence fugaces qui ne donnaient pas les effets escomptés, faute de vision claire. Abdellatif Miraoui a donné plus de détails sur le chantier qu’il compte mener durant les cinq prochaines années. La réforme se dilue en quatre axes essentiels. D’abord, elle promet une refonte du système pédagogique, une réforme globale se prépare actuellement, selon le ministre.

En effet, le Maroc a fait quelques pas en avant en instaurant le nouveau système du Bachelor, plus ouvert à l’international. En plus, la réforme est destinée également à réhabiliter la recherche scientifique, l’un des points faibles du Maroc qui accuse un retard flagrant en la matière. Sur ce point, Miraoui a fait part de sa volonté de se focaliser sur la formation des docteurs et des chercheurs de nouvelle génération, et ce, selon les normes internationales. Tout cela pour garantir un minimum de qualité dans les profils des futurs chercheurs qui devraient hisser le niveau de la recherche scientifique.

Outre cela, la promotion de l’innovation est tout aussi importante au regard du ministère, qui veut renforcer la proximité entre l’université et le monde entrepreneurial et technologique. Il s’agit de l’une des recommandations du Nouveau Modèle de Développement qui appelle à faire de l’université une plateforme d’émergence des futurs entrepreneurs.

Ressources humaines : vers une nouvelle loi-cadre

Le dernier point concerne la gouvernance. A entendre le ministre, on s’aperçoit clairement que la prochaine réforme de l’université va s’attaquer au problème du manque de productivité des ressources humaines. Les jeunes générations se rappellent bien des souvenirs maussades de l’absentéisme qui caractérise l’université. Abdellatif Miraoui a expliqué qu’il veut, à travers sa réforme, promouvoir la gestion des ressources humaines sur la base de la méritocratie et de l’évaluation de la performance.

Profitant de son passage au Parlement, le ministre a annoncé qu’une nouvelle loi-cadre est en préparation en concertation avec les syndicats. “Le nouveau cadre juridique concerne aussi bien les enseignants que les cadres administratifs» a-t-il précisé, expliquant que ce chantier vise à introduire des incitations aux fonctionnaires de l’Enseignement supérieur.

Anass MACHLOUKH


324.695 nouveaux étudiants

Concernant la rentrée universitaire, Abdellatif Miraoui a fait état d’une hausse de 10,3% des étudiants qui ont rejoint les bancs des universités marocaines cette année. Près de 324.695 nouveaux étudiants dont 93% sont répartis sur le service public, selon les chiffres présentés par le ministre, qui a précisé que le nombre total des étudiants a atteint 1,77 million.

Pour absorber ce flux croissant, le département d’Abdellatif Miraoui a augmenté le taux d’encadrement pédagogique de 4,1% et celui de l’encadrement technique et administratif de plus de 2%. En parallèle, le ministère a également des filières accréditées réparties entre 2812 dans le public et 1040 dans le privé. S’agissant des établissements à accès régulés, Abdellatif Miraoui a annoncé une hausse des places accessibles par concours à 32.833, soit une hausse de 5%.
 








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