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Enjeux des élections 2021 : Le temps de la rupture pour mettre fin au désarroi des Marocains


Rédigé par Anass MACHLOUKH le Dimanche 29 Août 2021

Loin d’être un simple scrutin, les prochaines élections seront l’occasion de changer de modèle et de mettre fin à une politique libérale dévastatrice. Etat-Providence, résistance aux lobbies, rendre justice aux classes moyennes, le Parti de l’Istiqlal compte remédier aux échecs de dix ans de politiques impopulaires.



Enjeux des élections 2021 : Le temps de la rupture pour mettre fin au désarroi des Marocains
Politiques impopulaires, majorité en miettes, recul des acquis sociaux, régression de la croissance et défiance à l’égard de la politique, sont autant de pathologies dont souffre le pays après deux mandats des deux gouvernements conduits par le PJD. Bien qu’ayant suscité de grandes espérances de la rue après le changement de la Constitution en 2011, les promesses n’ont pas été tenues et sont restées noir sur blanc dans les fiches électorales.

Le bilan du gouvernement est parlant, une croissance dérisoire qui n’a pas dépassé 3% sur dix années, hausse de la pauvreté et du chômage et un accroissement des inégalités sociales qui ont atteint des proportions inquiétantes, risquant de saper la paix sociale. Il suffit de constater les chiffres d’OXFAM qui considère le Royaume comme le pays le plus inégalitaire d’Afrique du Nord.

Le Secrétaire Général du Parti de l’Istiqlal Nizar Baraka a relevé à maintes reprises que les disparités sociales dépassent les 46%, un niveau supérieur à ce que fut le cas du temps du gouvernement d’Abbas El Fassi ( 39%). Ces écarts, de plus en plus manifestes, ne sont plus acceptés par la société à l’ère de la révolution numérique, les grognes sociales d’Al Hoceima, de Jerada et l’épisode du boycott de 2018 sont les symptômes d’un malaise social indéniable.

Le Parti de l’Istiqlal a alerté le gouvernement à plusieurs reprises sur la nécessité d’être proactif dans le traitement des problèmes économiques et sociaux, plutôt que de se satisfaire des réactions.

A cet égard, et sur la base de sa position dans l’opposition nationale istiqlalienne, le parti a pris l’initiative, lors de la période du boycott populaire de 2018, de présenter un mémorandum où il appelle le gouvernement à intervenir et à répondre aux réclamations populaires pour réduire les prix, protéger les classes vulnérables et préserver les gains de la classe moyenne. Cependant, le gouvernement a préféré jouer le rôle du spectateur plutôt que d’être un acteur clé pour approuver les baisses de prix et répondre aux demandes des citoyens et les protéger.

Fin du libéralisme inique

La cause de tout cela est connue : l’ultralibéralisme effréné qu’a mené l’équipe de Saâd Dine El Othmani, comme son prédécesseur, et qui a abouti à des mesures impopulaires qui ont poussé dès 2013 le Parti de l’Istiqlal à quitter le navire de l’Exécutif avant qu’il ne sombre dans les multiples assauts sur la classe moyenne et les exemples ne manquent pas : décompensation, allégement de l’âge de départ à la retraite, stagnation de l’investissement public dans l’Education et la Santé qui ont été tellement négligés que les citoyens se dirigent à contre coeur vers le privé, pour se soigner ou éduquer leurs enfants, au détriment de leur pouvoir d’achat.

Pourquoi payer des impôts pour privatiser des services de base ? Une question que se posent de plus en plus les gens, surtout qu’ils payent un double impôt, selon le président du Conseil économique, social et environnemental Ahmed Reda Chami. Ce libéralisme gouvernemental, conduit par les diktats de l’orthodoxie budgétaire, prêchés par les créanciers internationaux, n’a pas pu tenir ses promesses, les 5% de croissance promise n’ont jamais été atteints.
 
« Il est temps que les Marocains aient leur juste part de la richesse de leur pays, les politiques libérales qui ont privilégié une partie au détriment de la majorité doivent cesser »

Besoin d’un Etat-Providence, résistance aux lobbies

Après le lancement du nouveau modèle de développement, le virage social est l’unique choix qui reste au pays. Partant de son idéologie égalitariste, le Parti de l’Istiqlal veut catégoriquement rompre avec la politique des privilèges et le soutien inconditionné au capital et aux grandes fortunes. Après avoir exposé son programme électoral, le parti de la Balance a fait un choix capital : renforcer le pouvoir d’achat des classes moyennes plutôt que les concessions inutiles aux lobbies et aux caprices du marché.

L’Etat-Providence est de retour, peut-on comprendre des mesures préconisées par l’Istiqlal qui a choisi le slogan de « l’Equité maintenant », une volonté de rendre justice à une majorité silencieuse de Marocains qui vivent de leur travail.

En témoignent les mesures proposées, à savoir la baisse de la pression fiscale et notamment l’IR sur les revenus moyens, protection sociale généralisée, soutien financier à l’employabilité des jeunes par des bourses et des allocations, et investissement massif dans les services publics de base.

À ce titre, Nizar Baraka promet de généraliser le préscolaire et de protéger les familles marocaines de la cupidité des écoles privées par un plafonnement des frais de scolarité. Idem pour les prix des hydrocarbures, dont la libéralisation a profité aux grands pétroliers qui ont augmenté leurs bénéfices au détriment de la poche du citoyen qui circule dans une voiture acquise à crédit.

17 milliards de dirhams ont été encaissés en pleine contravention aux règles de la concurrence loyale. Le fiasco du Conseil de la Concurrence est plein d’enseignements. Donc, le dossier devrait être clos si l’Istiqlal reprend les commandes du pays.

Le temps de l’équité a sonné

En fin de compte, que veut la majeure partie des Marocains ? Vivre de leurs salaires et échapper au risque de la paupérisation. Il est évident que tout le monde aujourd’hui redoute le futur, les familles moyennes ont peur que leurs enfants ne trouvent pas d’emploi, les salariés craignent de perdre le leur. Reconnaissant cela à chaque sortie médiatique, le leader de l’Istiqlal Nizar Baraka tente de rassurer ces catégories, en promettant d’abord de sortir un million de personnes de la pauvreté, avec un objectif de 200.000 familles par an.

La généralisation de la protection sociale devrait servir à cela, en plus de quelques mesures supplémentaires comme la prise en charge complète des maladies chroniques pour les femmes enceintes et les enfants jusqu’à l’âge de 5 ans.
 
« Le Parti de l’Istiqlal entend redonner un nouveau souffre au patriotisme et à la souveraineté économique du pays »
Nizar Baraka 

Chômage, la bombe à désamorcer

Après la crise du Covid-19, le chômage n’a eu de cesse d’augmenter au point de devenir une bombe à retardement, près de 13% au niveau national et surtout les jeunes diplômés du supérieur dont le quart est au chômage. Selon le HCP, 1.429.000 de chômeurs traînent dans la rue, leur nombre a augmenté de 322.000 en 2020. Un legs de l’actuel Exécutif qu’il faut éradiquer le plus tôt possible.

Le programme de l’Istiqlal aspire à générer un emploi pour chaque jeune lauréat, en tâchant d’assurer son entrée au marché de travail le plus facilement possible. Des solutions audacieuses sont proposées : extension de la bourse universitaire six mois après la fin des études, financement des déplacements pour les entretiens d’embauche et des réductions des prix des services publics (transport, internet, sports, etc.).

Le 8 septembre, une sortie par le haut d’une crise de confiance

Après les deux derniers mandats qui n’ont pas tenu leurs promesses, le fossé entre le citoyen et les institutions représentatives n’a jamais été aussi grand. Les déceptions populaires de la politique en sont pour cause et la confiance dans la politique est quasi inexistante.

Nizar Baraka a appelé les électeurs à voter pour marquer la rupture avec les politiques libérales, mettant en garde contre l’abstention qui signifie donner raison à la continuité des politiques actuelles. Le Parti de l’Istiqlal considère les élections du 8 septembre 2021 comme une opportunité de changement et appelle les citoyens et citoyennes à y participer massivement afin de choisir un gouvernement cohérent, porteur d’un esprit réformiste et capable de sortir le Maroc de la crise économique et sociale qu’il traverse.

Il est vrai que la politique d’investissement dans les infrastructures a permis au Royaume d’accroître son attractivité des IDE, il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui il est devenu nécessaire, voire urgent, de remédier à la faible réhabilitation du capital humain, parallèlement à l’exploitation optimale de ces infrastructures en stimulant et en finançant directement les investissements productifs, créatifs et employant le plus grand nombre de Marocains.

Anass MACHLOUKH

Trois questions à Noureddine Modiane


« Lorsqu’on compare le programme du gouvernement et son bilan, un grand fossé sépare les deux »
 
Chef de file des députés du Parti de l’Istiqlal et candidat du parti aux élections législatives à Al Hoceima, Nouredine Modiane a répondu à nos questions sur le bilan du gouvernement et les enjeux des prochaines élections.


- Nous sommes à quelques jours du scrutin du 8 septembre, le gouvernement a légué des problèmes sociaux au prochain Exécutif, quelle lecture faites vous de son bilan ?
 
- En examinant objectivement le bilan de la majorité actuelle, je puis vous dire qu’on se rend compte qu’il est dépourvu de réalisations sociales. Le gouvernement a été dans l’incapacité de s’attaquer aux problèmes sociaux, les chiffres du HCP le prouvent, avec la montée du chômage, de la pauvreté et la dégradation du pouvoir d’achat des classes moyennes.

Pour ne pas aller plus loin, il suffit de constater les multiples mouvements sociaux qui ont éclaté ces dernières années, j’en donne l’exemple de Jerada et Al Hoceima, ce sont des signes clairs de l’impopularité des politiques conduites par le  gouvernement. Lequel n’a pas du tout honoré plusieurs engagements de son programme, telle que la croissance qui n’a fait que chuter depuis son entrée en fonction.

Je rappelle que le taux d’exécution du programme n’a pas dépassé 60%. Durant la pandémie, sans l’intervention royale et toutes les mesures d’urgence qui ont été prises sous Ses Hautes instructions, on imagine mal ce qu’aurait fait le gouvernement, qui a aggravé la crise sanitaire avec des décisions improvisées.


- Peut-on dire que nous assistons à un recul des acquis sociaux sous l’ère de Saâd Dine El Othmani ?


- Oui, effectivement, les dossiers sociaux épineux ont été mal gérés, le gouvernement n’a pas fait preuve d’assez de courage pour réformer la Caisse de retraire et améliorer les salaires dans le recrutement dans la Fonction publique, sachant que des secteurs importants telles que la Santé et l’Education demeurent en sous-effectif. S’ajoute à cela l’échec du dialogue social qui a été abandonné faute de savoir-faire dans l’attitude à adopter avec les différents syndicats. Je rappelle à ce titre qu’à l’époque du gouvernement d’Abbas El Fassi, il y avait au moins un dialogue structuré et régulier.


- Le Parti de l’Istiqlal se présente comme alternative, et a incarné cela même dans les rangs de l’opposition, cela a-t-il été bénéfique pour la conception du programme du parti ?


- Face aux incompétences de la coalition gouvernementale, qui n’a jamais fonctionné correctement, il était indispensable que l’opposition fasse son travail et renforce son contrôle sur l’Exécutif. Pour notre part, nous avons constitué une force de proposition avec 44 propositions de lois. Nous avons également présenté des solutions pour la gestion de la crise du Covid-19, la relance économique et le développement des zones frontalières. Tout cela a fait l’objet de mémorandums que nous avons adressés à l’Exécutif. Si on arrive aux commandes, nous comptons exécuter notre vision de la réforme sociale du pays et répondre à toutes les doléances, tel que nous l’avons préconisé.

Propos recueillis par A. M.
 

  


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