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Emploi des jeunes : «Awrach» et «Forsa», plan de sauvetage du nouveau gouvernement


Rédigé par Hiba CHAKER le Mardi 16 Novembre 2021

En ces temps de crise où la conjoncture économique prête au pessimisme, les programmes « Awrach » et « Forsa », ambitionnant de créer 250.000 emplois temporaires et d’accompagner la création de 12.500 entreprises en une année, redonnent une lueur d’espoir aux jeunes marocains.



Les prémices de réalisation de l’objectif du programme gouvernemental visant la création d’un million d’emplois sont déjà là !La question de l’emploi occupe une place centrale dans le programme gouvernemental. Celui-ci prévoit, pour les cinq prochaines années, une croissance économique de l’ordre de 4% et une création d’ 1 million d’emplois nets.

Toutefois, les jeunes marocains subissent de plein fouet les conséquences de la pandémie sur le marché de l’emploi. Selon les dernières données du HCP, l’emploi des jeunes au Maroc se caractérise par un taux d’activité faible, ne dépassant pas 48% pour les jeunes de 15-34 ans, qui représentent plus de la moitié de la population en âge de travailler.

D’ailleurs, durant le confinement, ce sont surtout les jeunes qui ont été touchés de plein fouet, puisqu’on a enregistré beaucoup de licenciements chez cette catégorie. Les entreprises qui n’ont pas licencié ont gelé les recrutements. Ainsi, face à cette situation très préoccupante, le nouveau gouvernement a accordé une importance névralgique à l’intégration rapide et garantie des jeunes au marché de l’emploi. Une importance qui se reflète dans le projet de Loi des finances (PLF) au titre de l’année 2022 par les programmes « Awrach » et « Forsa ».

Awrach, ou comment employer 250.000 personnes

C’est lors d’une conférence de presse organisée après le Conseil de gouvernement tenue jeudi dernier que le ministre de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri a annoncé le lancement de cet ambitieux programme nommé « Awrach » pour un budget de 2.25MMDH.

Diplômé ou pas, « Awrach » permettra aux jeunes d’acquérir des compétences professionnelles et leur garantira par la suite des opportunités d’emploi. Selon Adil Khalis, Économiste expert en emploi/entrepreneuriat le programme « Awrach » c’est du « Cash for work » un programme qui, prôné par l’organisation mondiale du travail OIT, a montré son efficacité en matière de la relance économique et, par conséquent l’emploi au niveau local dans un contexte post-crise. Il porte principalement sur les travaux publics en tant que levier de la dynamique de l’emploi, et dont la pertinence fait consensus.

Prenant en considération la situation précaire d’une majorité des femmes non diplômées, le programme « Awrach » se base sur l’approche genre pour intégrer cette partie importante de la société dans le marché de l’emploi.

Une régionalisation des offres

La pandémie a eu des incidences locales et régionales très hétérogènes, ainsi M. Sekkouria a précisé que son département a l’intention d’adopter un système à géométrie variable pour mieux cibler les personnes ayant réellement besoin des prestations offertes par ce programme, dans les régions les plus impactées. Dès lors, les types d’emplois et les secteurs visés « seront basés sur les besoins de chaque région » a annoncé le ministre.

Pour réaliser cet ambitieux projet, collectivités territoriales, délégations régionales, société civile et coopératives locales vont allier leurs efforts et travailler en harmonie afin de permettre aux jeunes de se lancer dans l’activité professionnelle et aux régions d’atténuer l’impact de la crise.

«Forsa», une forte impulsion à l’emploi des jeunes Désirant apporter le soutien nécessaire aux jeunes et assurer leur intégration au marché de l’emploi, le PLF-2022 mise sur un autre programme ambitieux en perspective de valoriser les ressources humaines, notamment les jeunes pour qu’elles deviennent le levier du développement économique et social de notre pays.

A cet effet, le programme «Forsa», en tant que mesure importante proposée dans le PLF-2022, vise essentiellement à appuyer les initiatives des jeunes et renforcer leur esprit entrepreneurial. Ce programme devrait financer des projets de divers domaines (associatif, environnemental, culturel, sportif, etc.), sans conditions préalables, seuls le projet et l’engagement de son porteur seront pris en compte.

En outre, l’accompagnement proposé dans le cadre dudit programme consiste en des formations et orientations pour structurer le projet et le développer de la partie conception à la partie réalisation». Ceci se fera par le biais des crédits d’honneur pouvant atteindre 100.000 DH, remboursables en dix années au maximum. Venu en renfort du programme «Intilaka», le programme «Forsa» prévoit l’octroi de 50.000 crédits garantis sans conditions préalables, à travers un budget de 1,25 milliard de dirhams mobilisé à cet effet.

«Forsa» donnera ainsi l’opportunité aux jeunes de donner un nouvel élan à leur innovation et leur créativité, en se lançant dans des initiatives individuelles d’entrepreneuriat, et permettra aussi aux citoyens d’exercer leurs activités entrepreneuriales de manière formelle à travers un système d’incitation fiscale simplifié.

Un cadre favorable à l’émergence des jeunes entreprises innovantes a donc été mis en place, à travers «Forsa» qui, comme son nom l’indique, constitue une véritable opportunité ambitieuse, dans la perspective d’encourager les jeunes à s’intégrer davantage dans le marché de l’emploi. Ainsi, en ces temps de crise où la conjoncture économique prête au pessimisme, les programmes « Awrach » et « Foursa » redonnent une lueur d’espoir aux jeunes marocains.

Hiba CHAKER

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Emploi des jeunes : «Awrach» et «Forsa», plan de sauvetage du nouveau gouvernement

CGEM


Alliance avec l’IFC pour renforcer l’employabilité des femmes
 
Le partenariat CGEM-IFC se renforce et se diversifie. Les deux parties s’associent de nouveau afin de renforcer l’employabilité des femmes et promouvoir la diversité des genres dans le secteur privé marocain, pour une croissance inclusive.

L’IFC (International Finance Corporation) et la CGEM viennent ainsi de lancer conjointement une campagne sur les engagements des entreprises en faveur de la diversité des genres. Cette campagne invite toutes les entreprises marocaines à rejoindre la plateforme d’échange inter-entreprises #Morocco4Diversity et partager leur démarche et engagement à ce sujet avec des actions concrètes pour la participation des femmes dans le monde du travail.

La campagne digitale vise, en particulier, à faire connaître les avantages de la diversité des genres, et surtout mettre en lumière l’engagement des entreprises privées pour l’égalité professionnelle hommes-femmes. La campagne fera l’objet d’une clôture officielle lors d’un événement médiatique dans les locaux de la CGEM. Toutes les entreprises participantes seront invitées à présenter leurs actions choisies et rendre public leur engagement en faveur de la diversité des genres.
 

​3 questions à Adil Khalis, Économiste expert en emploi/entrepreneuriat

Emploi des jeunes : «Awrach» et «Forsa», plan de sauvetage du nouveau gouvernement

« Le défi est de taille »
 
- Parmi les programmes phares du gouvernement visant à promouvoir l’emploi, le programme « Awrach » qui prévoit la création de 250.000 emplois en deux ans, Que pensez-vous de la faisabilité de ce programme ?

- Le programme est réalisable, notamment à travers une approche territorialisée mettant en scène les acteurs clé au niveau local et régional. Générer 250.000 emplois en deux ans, surtout dans le secteur des travaux publics, est très envisageable car le secteur permet déjà de créer une moyenne de 130.000 emplois (bruts) ces dernières années selon les chiffres de la CNSS.

Donc, renforcer ce potentiel par ce programme avec une enveloppe budgétaire de 2,25 MMDH sur deux ans ne pourrait que favoriser l’atteinte de cet objectif.


- Les TPEs constituent aujourd’hui un tissu économique de grande valeur ajoutée pour l’économie nationale, alors que le programme « Intelaka » a connu un certain repli à cause du Covid, comment pensez-vous que le programme « Forsa » peut encourager les jeunes à entreprendre ?


- Ce programme est un dispositif qui vient compléter et renforcer les mécanismes d’accompagnement financier destinés aux entrepreneurs au Maroc, notamment le programme Intelaka qui a profité à environ 24.000 entreprises. Néanmoins, la réussite de ce programme dépend d’un certain nombre de prérequis tels que prôné par une étude sur l’entrepreneuriat au Maroc lancée par la présidence du Gouvernement et la BAD en 2019.


- Le Maroc, à l’image d’autres pays du Monde, souffre encore des séquelles de la crise liée à la pandémie. Pensez-vous que ces efforts seront suffisants pour relever les défis du pays en termes de lutte contre le chômage?

- Le défi est en effet de taille. Il faudrait préciser, à ce titre, que le taux de chômage au Maroc comporte une composante conjoncturelle due aux fluctuations cycliques de l’économie. Ces mesures gouvernementales constituent, une réponse de type conjoncturelle en vue de faire face à cette problématique cyclique induite par la crise.

Une bonne nouvelle, c’est que les indicateurs de l’emploi sont déjà en amélioration au 3ème trimestre après avoir culminé au trimestre précèdent (juin 2021). Il s’agit certes d’un effet de rattrapage post-pandémique, mais cela laisse présager une poursuite de rebond de l’emploi et, par conséquent, un retour au niveau d’avant crise au 1er trimestre 2022.

 
Recueillis par H. C.

 

  


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