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Elections espagnoles : Les socialistes résistent à la droite


Rédigé par L'Opinion Lundi 24 Juillet 2023

Après dépouillement de près des trois quarts des suffrages, le Parti Populaire totalisait 132 sièges, talonné de près par le Parti socialiste qui, lui, est crédité de 126 députés, sur un total de 350. Les jeux ne sont pas encore faits.



Le chef de file du Parti populaire (PP) Alberto Núñez Feijóo, arrivé en tête dimanche des législatives en Espagne, a revendiqué sa victoire et dit vouloir tenter de "former un gouvernement".

"En tant que candidat du parti ayant obtenu le plus de voix, je crois qu'il est de mon devoir" de tenter de "former un gouvernement", a déclaré, devant le siège du PP à Madrid, M. Feijóo qui ne dispose toutefois pas de la majorité absolue des sièges au Parlement, même avec son seul allié potentiel, l'extrême droite de Vox.

Dans le camp adverse, le premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez, qui a limité les dégâts et conserve sa chance de se maintenir au pouvoir, a affirmé dimanche que la droite et l'extrême droite avaient été "battues" lors des législatives.

"Le bloc rétrograde du Parti populaire et de Vox (NDLR: parti d'extrême-droite) a été battu", a-t-il lancé devant des militants socialistes enthousiastes réunis devant le siège du Parti socialiste dans le centre de Madrid.

"Nous qui voulons que l'Espagne continue à avancer sommes beaucoup plus nombreux", a-t-il ajouté.

Donnée largement gagnante depuis des mois par tous les sondages, la droite espagnole ne devançait dimanche soir que d’une encolure les socialistes du Premier ministre Pedro Sánchez.

Après dépouillement d'un peu plus des trois quarts des suffrages, le Parti Populaire (PP) d'Alberto Núñez Feijóo totalisait 132 sièges sur un total de 350 au congrès des députés et le parti d'extrême droite Vox, son seul allié potentiel, 33 sièges.
 
Un jeu d’alliance favorable aux socialistes
 
Le PP gagnait donc 43 de sièges de plus que lors des précédentes élections, en 2019, mais était loin des 150 sièges que visait Feijóo. Surtout, le PP et Vox ne totaliseraient que 165 sièges, loin de la majorité absolue nécessaire pour gouverner, qui est de 176.

Le Parti socialiste de Sánchez était lui crédité de 126 députés et Sumar, son alliée de gauche radicale, de 30, en conséquent le Premier ministre sortant conserve une chance de se maintenir au pouvoir grâce au jeu des alliances, selon des résultats partiels.

Sánchez, au pouvoir depuis cinq ans, se trouve dans une meilleure position que son rival et peut espérer se maintenir au pouvoir, car il a une chance d'obtenir le soutien des partis basques et catalans pour qui Vox est un épouvantail.

Mas si aucune majorité viable ne se dessinait, de nouvelles élections pourraient avoir lieu, dans un pays qui a connu quatre élections générales entre 2015 et 2019.
Les sondages réalisés au cours des derniers jours, et dont les résultats ont été publiés à la fermeture des bureaux de vote à 18H00 GMT, prédisaient tous une large victoire du PP et même la possibilité d'une majorité absolue avec l'appui de Vox.
 
Une forte mobilisation de la Gauche
 
Après avoir voté, Feijóo, ancien baron régional du PP qui espérait que son "moment" était "venu" de diriger le pays, avait déclaré espérer que l'Espagne "entame une nouvelle ère".

Plébiscité à la tête du PP, il y a un an, ce politicien modéré de 61 ans avait fait campagne sur "l'abrogation du sanchisme", néologisme faisant référence au nom de Sánchez, que la droite accuse d'avoir franchi des lignes rouges, notamment en graciant les indépendantistes catalans condamnés pour la tentative de sécession de 2017 ou en négociant au Parlement le soutien du parti basque Bildu, héritier de la vitrine politique de l'ETA, pour faire adopter ses réformes.

Habitué des coups de poker, Sánchez en a tenté un nouveau en convoquant ce scrutin anticipé au lendemain de la déroute de la gauche aux élections locales fin mai pour tenter de reprendre l'initiative.

Faisant campagne sur son bilan, plutôt bon en matière économique, il a surtout agité la peur de l'extrême droite pour tenter de mobiliser l'électorat effrayé par une entrée de Vox au gouvernement.

Une coalition gouvernementale entre le PP et Vox aurait marqué le retour au pouvoir de l'extrême droite en Espagne pour la première fois depuis la fin de la dictature franquiste en 1975, il y a près d'un demi-siècle.

Sánchez pourrait avoir bénéficié d'une forte mobilisation de la gauche, la participation ayant atteint près de 70%, soit 3,5 points de plus que lors du dernier scrutin, en novembre de 2019.

Près de 2,5 millions d'Espagnols ont notamment voté par correspondance, un chiffre record dû au fait que ce scrutin était le premier organisé en plein été.

« No pasarán »

Le fameux slogan antifasciste de la Guerre civile (1936-1939). Les militants socialistes, euphoriques - criaient « No pasarán » (« Ils ne passeront pas ! »), devant le Premier ministre sortant qui a revendiqué sa capacité à continuer à diriger l’Espagne. « Le bloc rétrograde du Parti populaire et de Vox a été battu. Nous sommes beaucoup plus nombreux à vouloir que l’Espagne continue à avancer et il en sera ainsi », a-t-il lancé.

En déjouant tous les sondages qui le donnaient largement battu depuis des mois, Pedro Sánchez a pu sauver les meubles de la gauche est serait en droit de revendiquer une victoire, inespérée, grâce au jeu des alliances.

Ces alliances qui font affreusement défaut a Alberto Núñez Feijóo, qui en se classant premier à la sortie des urnes avec 136 sièges, se retrouve à court de députés pour atteindre la majorité absolue sur un total de 350. Les 33 sièges que pourrait lui apporter l’extrême droite du parti Vox, seul appui au PP, le laissent loin des 176 sièges nécessaires pour maitriser le Cortès.

En face, le Parti socialiste (PSOE) de Pedro Sánchez dispose, lui, de 122 députés et Sumar, son allié de gauche radicale, de 31.

Avec ses 153 députés, l’alliance PSOE/Sumar devrait donc compter sur le soutien de plusieurs formations régionalistes comme les Catalans d’ERC ou les basques de Bildu, formation considérée comme l’héritière de la vitrine politique de l’ETA. Mais ils devront aussi s’assurer de l’abstention du parti de l’indépendantiste catalan Carles Puigdemont, Junts per Catalunya (JxCat), qui pourrait conditionner son soutien pour que Pedro Sánchez reste au pouvoir.

Si toutes ces conditions sont réunies, le sortant pourrait alors rassembler sur son nom 172 députés, soit plus que le chef du PP, ce qui lui suffirait lors d’un deuxième vote d’investiture par le Parlement, où seule une majorité simple est requise.
A.B.



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