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Dessalement de l’eau de mer : Le Maroc en quête de solutions innovantes


Rédigé par Anass MACHLOUKH le Mardi 13 Septembre 2022

Face au stress hydrique, le Maroc parie sur le dessalement de l’eau de mer, dont il veut renforcer l’infrastructure. Le Royaume s’ouvre également sur les expériences internationales.



Dessalement de l’eau de mer : Le Maroc en quête de solutions innovantes
Il a fallu une année de sécheresse pour que le Maroc prenne conscience de l’ampleur de la menace de la pénurie d’eau qui plane sur le pays. Cette année, le déficit pluviométrique a été tel que les réserves hydrauliques n’ont eu de cesse de s’amenuiser. En témoigne le taux de remplissage des barrages qui a atteint des niveaux critiques.

A la fin du mois d’août, les barrages du Royaume n’étaient remplis qu’à hauteur de 25,8%. Un taux largement inférieur à celui constaté à la même période de l’année précédente où le Maroc a pu conserver 42% de ses ressources. Jusqu’à présent, celles-ci sont estimées à 4,1 milliards de mètres cubes (4.159,9 m3) alors que nous étions à 6,5 milliards de mètres cubes l’année dernière. C’est dire à quel point la situation est critique.

Pour sa part, le gouvernement, alerté par cette déficience, fait la course contre la montre pour parer à la pénurie qui se profile comme une menace sérieuse bien qu’elle ne semble pas fatidique. En quête d’alternatives, l’Exécutif parie visiblement sur la mer dont il veut utiliser davantage les eaux salées à des fins de consommation. Le dessalement est un pilier de la stratégie du ministère de tutelle, qui entend renforcer l’infrastructure nationale en la matière. Le Maroc s’inspire également des expériences internationales pour booster son industrie.

A Ryad, capitale de l’Arabie Saoudite, le Royaume a pris part à une conférence sur “l’avenir de l’industrie du dessalement de l’eau”, dont les travaux ont commencé dimanche, avec la participation de 120 intervenants locaux et de nombreux pays, dont le Maroc.

Le Royaume, rappelons-le, a été représenté à cette conférence par des cadres et des responsables du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, de l’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable (ONEE), de la Régie autonome intercommunale de distribution d’eau, d’électricité et de gestion d’assainissement liquide, ainsi que par Charafat Afilal, ancienne ministre en charge de l’Eau.

En quête de nouveaux modèles de gestion

En prenant part à une telle conférence, le Maroc cherche des idées novatrices et de nouvelles pistes à même de lui permettre de développer l’industrie de dessalement et de trouver des solutions durables. Ceci est d’autant plus vital que le Maroc pourrait encourir, vu le changement climatique, de longues années de sécheresse à cause du climat de plus en plus aride. C’est ce que prévoit la Banque Mondiale qui, dans un rapport publié en juillet, avait fait état de défi structurel dû à la fréquence accrue de saisons des pluies médiocres, dont les répercussions seraient sérieuses sur l’économie à long terme. D’où l’ouverture sur les expériences étrangères et les “success stories”, notamment celles des pays du Golfe, très avancés dans ce domaine.

L’infrastructure en tête des priorités

Dans sa stratégie nationale, le ministère de l’Equipement et de l’Eau parie principalement sur l’infrastructure. Le Département de Nizar Baraka entend mettre en place une vingtaine de stations de dessalement d’ici 2030. A court terme, les autorités compétentes se focalisent sur les besoins urgents, c’est-à-dire ceux des grandes régions fort peuplées.

Ainsi, quatre grandes stations devraient voir le jour, elles seront réparties sur les régions du Royaume à savoir Casablanca-Settat, Dakhla-Oued Eddahab, Marrakech-Safi et l’Oriental. Actuellement, ces projets sont en phase d’étude. En ce qui concerne la station de Casablanca, un appel à manifestation d’intérêt pour un partenariat public-privé a été lancé dès mars dernier par l’Office National de l’Eau et de l’Électricité, lequel a procédé à l’examen des offres le 24 juin. Pour sa part, la station de Safi devrait être opérationnelle à la fin de l’année courante.

Cette station, dont la mise en place incombe à l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), vise à sécuriser les besoins de la région Marrakech-Safi, en fournissant 15 millions de mètres cubes d’eau potable et 22 millions d’eau exploitable dans l’industrie. L’OCP est chargé également du projet de la station d’El Jorf Lasfar, près d’El Jadida, qui entrera en fonction à la fin du premier semestre 2023 avec une capacité de production de 25 millions de mètres cubes d’eau potable.

Aussi, le gouvernement mise-t-il sur les stations mobiles, une stratégie qu’il a d’ores et déjà commencé à mettre en oeuvre. En 2022, grâce à une action conjointe entre les ministères de l’Intérieur et de l’Economie et des Finances, il a été procédé à l’acquisition de 26 stations mobiles de dessalement qui vont approvisionner 17 provinces.

Le renforcement de l’infrastructure nationale devrait, donc, accaparer une grande partie de la feuille de route du gouvernement. Une approche que préconise également la Banque Mondiale qui a recommandé au Royaume “d’accompagner ses efforts de développement des infrastructures de politiques de gestion de la demande en eau qui encouragent l’utilisation durable, efficace et équitable des ressources hydriques”.



Anass MACHLOUKH

Dessalement de l’eau de mer : Le Maroc en quête de solutions innovantes








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