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Création d’emploi : Les chantiers de l’Etat commencent à porter leurs fruits


Rédigé par S. A. le Mardi 28 Juin 2022

Les crises actuelles continuent d’impacter le tissu économique national, faisant de l’emploi la première victime. Cependant, les programmes gouvernementaux en limitent les effets néfastes. Détails.



L’objectif du programme gouvernemental visant la création d’un million d’emplois se concrétise doucement mais sûrement, et ce, malgré la conjoncture sinistrée par les pressions inflationnistes qui ravagent les tissus économiques et les opportunités d’emploi de tous les Etats. Au Maroc, la situation n’est pas au rouge, mais des signes d’essoufflement commencent à se manifester.

Cependant, les jeunes continuent d’être les grandes victimes de la conjoncture marquée par une hausse du taux de chômage au premier trimestre de l’année courante de 32,5% à 33,4%, sachant que ce même taux a timidement reculé au niveau de la population globale. Cette situation déplorable a commencé pendant le confinement, suite aux licenciements massifs enregistrés durant ladite période, et se poursuit aujourd’hui avec le manque d’opportunités dans le marché de l’emploi.

Face à cette situation très préoccupante, le nouveau gouvernement a accordé une importance névralgique à l’intégration rapide et garantie des jeunes au marché de l’emploi. Une importance qui se reflète dans le projet de Loi des finances (PLF) au titre de l’année 2022 par les programmes « Awrach » et « Forsa », dont les rapports d’étape s’annoncent prometteurs.

Awrach, 30.000 bénéficiaires…

Plus de 30.000 bénéficiaires ont reçu effectivement leurs salaires dans le cadre du programme «Awrach», selon le dernier bilan dressé par le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri. Ce dernier, qui présidait, vendredi, une réunion nationale consacrée à l’état d’avancement de la mise en oeuvre des différentes composantes du programme (voir article annexe), a fait état d’un taux de participation des femmes aux alentours de 40% des bénéficiaires, ainsi qu’un déploiement du programme sur tout le pays.

Quant au nombre d’associations formées aux process Awrach, elles ont atteint près de 1.800, a-t-il fait savoir. «Nous nous réjouissons de l’avancement de ce programme qui constitue un bel exemple de réussite», s’est félicité le ministre, précisant que la gouvernance du programme et son suivi optimal constituent la principale approche pour assurer l’atteinte des objectifs souhaités ».

Pour sa part, le Directeur général de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), Mohamed Achiq a dressé un bilan «très positif» et «rassurant» du programme Awrach au niveau de l’ensemble de ses composantes.

Forsa : passage à la vitesse supérieure

Même son de cloche du côté du programme Forsa, dont, après l’engouement important qu’il a connu, les principaux jalons ont été atteints, selon la tutelle. Un programme ambitieux avec l’objectif central est de lutter contre l’idée de l’échec entrepreneurial, qui est souvent due à un environnement social malveillant, au manque de financement, mais également et surtout aux démarches administratives kilométriques, qui transforment l’expérience entrepreneuriale en un vrai parcours du combattant.

Après deux mois de travail sur le projet, le bilan est positif : pas moins de 160.000 participations ont été comptabilisés et leurs dossiers ont été traités par le Centre des Relations Client FORSA. Selon le ministère du Tourisme de l’Artisanat et de l’économie Sociale et Solidaire, un accompagnement est en train d’être réalisé sur les dossiers incomplets afin de les intégrer rapidement au programme.

Dans ce sens, le programme a amorcé la majorité de ses étapes phares, la dernière en date étant la généralisation des commissions de sélection régionales à l’ensemble des régions du Maroc. Le programme atteindra sa vitesse de croisière la semaine du 27 juin, à travers la tenue de plusieurs commissions régionales de sélection qui traiteront un total d’environ 2000 dossiers par semaine, précise le département de Fatima Zahra Ammor.

Une régionalisation des offres

L’équité régionale est un autre engagement des deux programmes précités pour faire de la création d’entreprise un levier de développement socio-économique adapté aux besoins de chaque région, tout en stimulant l’écosystème déjà existant et booster l’offre d’emploi. Un engagement loin d’être un luxe du fait que la pandémie a eu des incidences locales et régionales très hétérogènes et l’adoption d’un système à géométrie variable pour mieux cibler les personnes en besoin est fondamental.

Il va sans dire que la réussite de cette approche implique que les collectivités territoriales, délégations régionales, société civile et coopératives locales allient leurs efforts et travaillent en harmonie afin de permettre aux jeunes de se lancer dans l’activité professionnelle, à même de devenir des leviers pour l’économie nationale.

Désirant apporter le soutien nécessaire aux jeunes et assurer leur intégration au marché de l’emploi, le PLF-2022 mise sur un autre programme ambitieux en perspective de valoriser les ressources humaines, notamment les jeunes pour qu’elles deviennent le levier du développement économique et social de notre pays.




S. A.

Forsa


La tutelle accélère la cadence
 
En plus de l’accélération du processus de traitement de dossier des commissions, la phase des entretiens individuels, permettant aux porteurs de projets de défendre leur idée devant des experts, connaitra à son tour une accélération de cadence.

Actuellement, plus de 1500 entretiens ont été réalisés et environ 4600 entretiens sont en cours de programmation, a indiqué le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Economie sociale et solidaire. Pour rappel, les commissions régionales de sélection sont la dernière étape avant d’intégrer effectivement le programme à travers, dans un premier temps, la formation e-learning sur la plateforme Forsa Academy, qui permet d’initier les porteurs de projet retenus à différents aspects de l’entrepreneuriat.

Rappelons aussi que le programme est doté d’une enveloppe d’1,25 milliard de dirhams pour la seule année 2022. Un budget qui permettra d’accompagner quelque 10.000 projets d’ici la fin de l’année via des prêts d’honneur à taux 0, allant jusqu’à 100.000 Dh, dont une subvention de 10.000 Dh pour l’ensemble des projets retenus.
 

Awrach


L’audit pour la réussite !
 
La réunion nationale consacrée à l’état d’avancement de la mise en oeuvre des différentes composantes du programme Awrach vise à faire le point sur l’état d’avancement, et de s’arrêter éventuellement sur les difficultés rencontrées pour une continuité de la mise en application optimale de ce dispositif aussi bien pour l’année prochaine de son déploiement. Elle s’est caractérisée par des présentations faites par les responsables régionaux, chacun selon ses missions et compétences dans le programme, sur l’état d’avancement de la mise en oeuvre du programme, tout en s’arrêtant sur tout ce qui pourrait représenter un obstacle devant la mise en oeuvre de ce programme dans le respect des principes de gouvernance, d’efficacité et d’efficience au niveau des différentes régions du Royaume.

A rappeler que le programme Awrach bénéficiera à près de 250.000 personnes durant sa période d’exécution entre 2022 et 2023, et ce, dans le cadre de contrats Awrach, signés par des associations de la société civile, des coopératives et des entreprises, à travers des candidatures et contrats de travail, en particulier au profit des personnes ayant perdu leur emploi suite à la crise sanitaire liée au Covid-19 et celles en difficulté d’accéder au marché du travail, sans conditions d’éligibilité.
 

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Création d’emploi : Les chantiers de l’Etat commencent à porter leurs fruits

3 questions à Adil Khalis, Économiste expert en emploi / Entrepreneuriat

Création d’emploi : Les chantiers de l’Etat commencent à porter leurs fruits

« Le défi est de taille »
 
- Parmi les programmes phares du gouvernement visant à promouvoir l’emploi, le programme « Awrach » qui prévoit la création de 250.000 emplois en deux ans, que pensez-vous de la faisabilité de ce programme ?

- Le programme est réalisable, notamment à travers une approche territorialisée mettant en scène les acteurs clé au niveau local et régional. Générer 250.000 emplois en deux ans, surtout dans le secteur des travaux publics, est très envisageable car le secteur permet déjà de créer une moyenne de 130.000 emplois (bruts) ces dernières années selon les chiffres de la CNSS. Donc, renforcer ce potentiel par ce programme avec une enveloppe budgétaire de 2,25 MMDH sur deux ans ne pourrait que favoriser l’atteinte de cet objectif.


- Les TPEs constituent aujourd’hui un tissu économique de grande valeur ajoutée pour l’économie nationale, alors que le programme « Intelaka » a connu un certain repli à cause du Covid, comment pensez-vous que le programme « Forsa » peut encourager les jeunes à entreprendre ?

- Ce programme est un dispositif qui vient compléter et renforcer les mécanismes d’accompagnement financier destinés aux entrepreneurs au Maroc, notamment le programme Intelaka qui a profité à environ 24.000 entreprises. Néanmoins, la réussite de ce programme dépend d’un certain nombre de prérequis tels que prôné par une étude sur l’entrepreneuriat au Maroc lancée par la présidence du Gouvernement et la BAD en 2019.


- Le Maroc, à l’image d’autres pays du Monde, souffre encore des séquelles de la crise liée à la pandémie. Pensez-vous que ces efforts seront suffisants pour relever les défis du pays en termes de lutte contre le chômage ?

- Le défi est en effet de taille. Il faudrait préciser, à ce titre, que le taux de chômage au Maroc comporte une composante conjoncturelle due aux fluctuations cycliques de l’économie. Ces mesures gouvernementales constituent, une réponse de type conjoncturelle en vue de faire face à cette problématique cyclique induite par la crise.

Une bonne nouvelle, c’est que les indicateurs de l’emploi sont déjà en amélioration au 3ème trimestre après avoir culminé au trimestre précèdent (juin 2021). Il s’agit certes d’un effet de rattrapage post-pandémique, mais cela laisse présager une poursuite de rebond de l’emploi et, par conséquent, un retour au niveau d’avant crise au 1er trimestre 2022.


 



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