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Actu Maroc

Créances en souffrance, taux d’intérêts bas : Les principaux enjeux du secteur bancaire marocain


Rédigé par A. CHANNAJE le Mardi 23 Novembre 2021

Le secteur bancaire marocain devrait continuer de bénéficier d’une dynamique de croissance des crédits et une quasi-stabilité de la qualité des actifs. Néanmoins, il continue à faire face à un environnement de taux bas qui met sa marge d’intermédiation sous pression, souligne CDG Capital Insight.



Créances en souffrance, taux d’intérêts bas : Les principaux enjeux du secteur bancaire marocain
L’état de santé des banques marocaines est favorable. C’est ce qu’on peut conclure, en tout cas, de la note d’analyse, fraîchement publiée, de CDG Capital Insight intitulée : « Secteur bancaire - Des performances solides pour 2021 ». Ainsi, d’après cette banque d’affaire, l’encours des crédits distribués dans le cadre du programme Damane Relance ressort à environ 45 milliards de dirhams à fin juin 2021, contre 35 milliards de dirhams à fin 2020, soit une hausse de 28%.

De même, le secteur a connu, au terme des neuf premiers mois de l’année en cours, une amélioration de ses revenus de 1,7% par rapport au S1 2020, pour s’établir à 34,1 milliards de dirhams. Cette hausse reflète globalement la bonne tenue de l’activité commerciale et la progression de la marge sur commissions (qui a profité d’un effet de base favorable de par la forte baisse des commissions des banques durant la période de confinement), explique la même source. CDG Capital Insight attribue la bonne tenue des banques marocaines à la reprise de la croissance économique nationale attendue cette année, et à la poursuite des mesures de soutien et de relance, prolongée jusqu’à la fin du 2ème trimestre de 2021. Des mesures qui ont, bel et bien, contribué au dynamisme qu’ont connu les crédits de trésorerie.

« En effet, à fin juin 2021, l’encours des crédits débiteurs et de trésorerie ressort à 227 milliards de dirhams, contre 206 milliards de dirhams à fin décembre 2020, soit une augmentation de 21 Mrd MAD », explique CDG Capital Insight.

De son côté, l’encours des crédits distribués dans le cadre des programmes Relance est passé de 35 milliards de dirhams à fin 2020 à environ 45 milliards de dirhams à fin juin 2021, soit une hausse d’environ 10 milliards de dirhams. Tenant compte de ces éléments et selon les dernières prévisions de Bank Al-Maghrib, la banque d’affaire casablancaise prévoit une hausse des crédits destinés au secteur non financier de 3,7% en 2021, soit un niveau légèrement inférieur à celui enregistré en 2020.

Hausse timide des créances en souffrance

Autre défi auquel le secteur bancaire marocain est confronté : les créances en souffrance. Tenant compte de leur rythme d’évolution courant les neuf premiers mois de l’année, CDG Capital Insight table sur une légère hausse du taux d’impayé à 8,7% à fin 2021. « Cette hausse limitée traduit à notre sens l’évolution positive des indicateurs macro-économiques couplée à l’assouplissement progressif des mesures contre la Covid-19, suite à une campagne de vaccination réussie.

CDG Capital Insight note, toutefois, que ce niveau demeure assez élevé par rapport à la moyenne historique du fait que les effets de la pandémie continuent de peser sur certains secteurs d’activité et, par conséquent, la solvabilité des ménages et des entreprises est toujours mise à rude épreuve.

Des taux d’intérêts bas

Toujours dans sa note d’analyse intitulée « Secteur bancaire - Des performances solides pour 2021 », la banque d’affaire souligne que les banques marocaines évoluent aujourd’hui dans un environnement de taux d’intérêt bas grâce à l’intervention de Bank Al-Maghrib. « En effet, la banque centrale a mis en place plusieurs actions visant l’assouplissement de la politique monétaire dans le but de relancer la distribution des crédits et soutenir l’économie».

Parmi ces mesures, la baisse du taux directeur qui est passé de 3,25% en 2009 à 1,5% en 2020. Soit le même taux, rappelons-le, décidé par le Conseil de Bank Al-Maghrib à l’issue de sa troisième réunion trimestrielle de l’année 2021, tenue en octobre dernier. « Le Conseil a estimé que l’orientation de la politique monétaire reste largement accommandante, assurant des conditions de financement adéquates. Il a jugé en particulier que le niveau actuel du taux directeur demeure approprié et a décidé ainsi de maintenir inchangé le taux directeur à 1,5% », avait expliqué BAM dans un communiqué publié en marge de cette réunion. Avant le déclenchement de la crise sanitaire liée au Covid-19, ce taux a été de 2,25%.

Afin de faire face aux effets de cette pandémie et relancer l’activité des crédits bancaires, Bank Al-Maghrib s’est trouvé d’ailleurs contraint de baisser son taux directeur à deux reprises en 2020. D’abord, le 17 mars lorsque ce taux a été réduit de 25 points de base à 2%. Ensuite, le 16 juin quand ce taux a été réduit cette fois-ci de 50 points de base pour s’établir à 1,5%. Force est de rappeler que le taux directeur est le principal instrument de la politique monétaire qui fixe théoriquement le prix et la quantité des liquidités permettant d’équilibrer l’investissement et l’épargne.

Baisse des taux d’intérêt

Globalement, CDG Capital Insight indique, dans ladite note d’analyse, que cette réduction du taux directeur s’est traduite par une baisse des taux d’intérêt. Une tendance qui se poursuit encore cette année avec la baisse enregistrée de 34 pb du taux débiteur global entre S1 2020 et S2 2021 en moyenne.

Dans ce sens, la banque d’affaire pense que cette contraction des taux devrait impliquer une légère pression sur la marge d’intermédiation des banques. Et d’ajouter que la baisse du taux directeur constatée en 2020 a profité au marché des taux qui a affiché globalement une performance remarquable l’année dernière. Ce qui représente un effet de base défavorable pour le résultat des activités de marché provenant de l’activité obligataire en 2021.

En somme, CDG Capital Insight s’attend à ce que le secteur bancaire marocain continue de bénéficier globalement d’une toile de fond assez favorable au terme de l’année 2021. « Pour cette fin de 2021, le secteur bancaire devrait continuer de bénéficier d’une dynamique de croissance des crédits et une quasi-stabilité de la qualité des actifs. Néanmoins, il continue à faire face à un environnement de taux bas qui met sa marge d’intermédiation sous pression», prévoit Fatima Zahra Erraji.

Dans ce sens, l’analyste financier à CDG Capital Insight estime que les banques cotées devraient terminer l’année en cours sur une note très positive. Au final, elle pense que « les banques que nous couvrons intègrent globalement ce potentiel de croissance anticipé après le rebond enregistré depuis le début d’année».


A. CHANNAJE


Atténuation du besoin en liquidité des banques

Au cours du mois d’octobre 2021, le besoin en liquidité des banques s’est atténué pour se situer en moyenne hebdomadaire à 73,8 milliards de dirhams après 83 milliards le mois précédent. Cette évolution est en relation avec la hausse des réserves de change, suite notamment aux opérations d’achat de devises effectuées par la Banque Centrale, explique la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF) dans sa nouvelle note de conjoncture de novembre 2021.

Dans ce cadre, poursuit la même source, Bank Al-Maghrib a réduit le volume de ses injections de liquidité à 84,2 milliards de dirhams en moyenne après 92,2 milliards en septembre 2021. Les interventions de la Banque Centrale ont porté sur les avances à 7 jours sur appels d’offre (32,8 milliards de dirhams après 33,7 milliards en septembre), les prêts garantis accordés dans le cadre des programmes de soutien au financement de la TPME (25,8 milliards de dirhams après 26,7 milliards) et les opérations de pension livrée (25,6 milliards de dirhams après 30,9 milliards).