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Monde

Covid-19 : Le pass sanitaire mobilise les Européens


le Dimanche 8 Août 2021

Dans plusieurs pays d’Europe, des dizaines de milliers de manifestants battent le pavé pour protester contre le pass sanitaire.



Samedi, ils étaient quelque 237.000 personnes à être descendues dans les rues pour manifester contre le pass sanitaire. Après quatre semaines consécutives, la mobilisation est en hausse contre le certificat qui sera étendu ce lundi.

Des rassemblements ont eu lieu à Paris et dans plus de 150 villes à travers le pays. Une fois encore, la mobilisation a été particulièrement forte dans le sud de la France. Selon la police, au moins 37.000 personnes ont défilé en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les cortèges étaient comme toujours très hétéroclites, avec des personnes parfois vaccinées mais opposées au pass sanitaire, d’autres opposées aux vaccins, ou encore des gilets jaunes et des sympathisants d’extrême-droite.

A Paris, les gendarmes mobiles ont été déployés en nombre pour encadrer le cortège. A partir de lundi, un certificat de vaccination, un test PCR négatif ou encore un certificat de rétablissement sera nécessaire pour accéder aux café, restaurants, salles de spectacles ou encore lors des longs trajets en train ou autocar.

En Italie, une difficile mobilisation

L’Italie a mis en place depuis vendredi son «Green Pass» dans les lieux publics fermés, comme les restaurants, les bars ou les salles de sport. Moins contraignant que le pass sanitaire français, il est accessible dès la première dose de vaccin ou avec un test négatif réalisé dans les dernières quarante-huit heures.

Si la mesure provoque moins de réticence du côté italien des Alpes, quelques manifestations ont eu lieu ces dernières semaines pour protester contre ces mesures, notamment à Rome, Turin et Milan, rassemblant plusieurs milliers de personnes. Selon Paolo Levi, journaliste et correspondant à Paris pour l’agence de presse italienne Ansa, ces protestations, moins régulières qu’en France, sont principalement tenues par des mouvements d’extrême-droite très durs.

Giorgia Meoni, figure montante de la droite radicale et présidente de Fratelli d’Italia, un autre parti nationaliste, a affiché un soutien clair aux manifestations en cours en profitant des paradoxes de Matteo Salvini pour s’opposer au gouvernement. Dans les cortèges, on trouve également des organisations comme le Comitato libera scelta (Comité du libre choix), qui tente, tant bien que mal, d’afficher une opposition au Green Pass sans pour autant se revendiquer contre le vaccin.

En Allemagne, des rassemblements interdits

Outre-Rhin, de nombreuses manifestations hostiles aux mesures de lutte contre le Covid-19 ont été interdites par la justice, craignant le non-respect des règles sanitaires. Cela n’a pas empêché plusieurs milliers d’Allemands de se réunir le1er aout dans la capitale autour du mouvement «libres-penseurs». Un groupe hétéroclite qui s’est progressivement constitué au cours de l’année 2020 à Stuttgart, principalement pour s’opposer au port du masque et aux confinements successifs.

Mais aujourd’hui, le mouvement semble très organisé et déterminé et annonce de nombreuses manifestations pour le mois d’août et, à chaque fois, des bus sont affrétés pour permettre aux manifestants de rejoindre Berlin. Toutefois plus d’un observateur constate une radicalisation des manifestations vers la droite et l’extrême-droite depuis le début de la pandémie, tout en reconnaissant également la présence de manifestants de à gauche, des personnes simplement sceptiques, des groupes un peu plus ésotériques, même si cette catégorie de manifestants se fait discrète dans les manifestations.

Par ailleurs, et sur un autre volet, mais toujours relié au Covid-19, l’Allemagne vient de classer les régions françaises d’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que la Corse et les territoires d’outre-mer de Guadeloupe, Martinique, Réunion, Saint-Martin et Saint-Barthélémy comme zones à haut risque de transmission du coronavirus.

Cette décision implique que les voyageurs arrivant en Allemagne en provenance de ces régions, s’ils ne disposent pas d’une preuve de vaccination, d’un test de dépistage négatif ou d’une preuve de guérison du Covid-19, sont soumis à une quarantaine obligatoire d’une période minimale de cinq jours, à laquelle ils peuvent mettre fin avec un test négatif.

 


L’UE réexamine sa liste de destinations sûres
 
L’Union européenne réexaminera la semaine prochaine sa liste de destinations vers lesquelles les voyages non-essentiels sont autorisés malgré les restrictions mises en place pour lutter contre l’épidémie de coronavirus et pourrait reconsidérer le statut des Etats-Unis, a dit vendredi un représentant de l’UE. Cette liste rassemble pour le moment une dizaine de pays, dont les Etats-Unis, le Japon et l’Australie, qui sont considérés comme des destinations sûres sur le plan de la pandémie. La réunion de la semaine prochaine «pourrait» réévaluer la situation des Etats-Unis, a dit à Reuters le responsable de l’UE sans ajouter plus de détails. L’UE réexamine régulièrement sa liste pour suivre l’évolution de la pandémie. Le bloc communautaire a demandé à plusieurs reprises à Washington de permettre l’entrée des ressortissants européens sur son territoire depuis que les Etats-Unis ont été ajoutés à sa «liste blanche» en juin dernier.