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Monde

Caesar Act : pour sanctionner Damas et… Beyrouth

Syrie-Liban


le Vendredi 19 Juin 2020

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi des sanctions massives contre la Syrie. Des mesures qui frappent aussi le Liban déjà meurtri par la crise.



Caesar Act : pour sanctionner Damas et… Beyrouth
Cette nouvelle réglementation américaine intitulée Caesar Syria Civilian Protection Act constitue une batterie de sanctions économiques menaçant les entreprises ou les hommes d’affaires en contact avec les autorités syriennes et par ricochet impacte en premier lieu les entreprises libanaises opérant en Syrie. 

A dessein de réduire encore les recettes du gouvernement syrien, Washington a annoncé mercredi des sanctions massives contre la Syrie. Les dernières sanctions, prévues par le Caesar Act, concernent 39 personnes et entités, dont le président syrien Bachar el-Assad et son épouse, a annoncé le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo dans un communiqué.

Pompeo a allégué que les personnes et entreprises désignées avaient joué «un rôle clé dans l’obstruction à une solution politique pacifique au conflit».

«Quiconque fait des affaires avec le régime Assad, où qu’il soit dans le monde, est potentiellement exposé à des restrictions de voyage et à des sanctions financières», selon le communiqué.

Le communiqué a noté que l’action de mercredi était le début d’une campagne soutenue de pression économique et politique contre la Syrie. Au début de ce mois, le ministère syrien des Affaires étrangères a déclaré que les Etats-Unis exerçaient un «terrorisme économique» contre la Syrie, affirmant que les sanctions prévues par le Caesar Act reposaient sur des mensonges et des allégations fabriquées de toutes pièces.

L’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Geir Pedersen, a déclaré mardi que les sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne ont contribué à pousser l’économie syrienne au bord du gouffre.

Objectif: «affamer le Liban et la Syrie»

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé le gouvernement libanais à refuser de se soumettre à la loi César, inspirée par un lanceur d’alerte syrien et promulguée fin 2019 par le président américain Donald Trump, et qui est entrée en vigueur depuis mercredi, affirmant qu’elle a pour objectif d’»affamer le Liban et la Syrie».

Le «Caesar Act» prévoit notamment le gel de l’aide à la reconstruction et des sanctions contre le pouvoir de Damas ou des entreprises collaborant avec celuici.

«La Syrie a remporté la guerre (...) sur le plan militaire, sécuritaire et politique. Cette loi destinée à resserrer l’étau autour de Damas est la dernière arme des Américains pour assiéger la Syrie et faire pression sur le pays. 

Interdiction à quiconque d’avoir affaire (à la Syrie), interdiction d’acheter et de vendre, d’avoir affaire à la Banque centrale, aux banques syriennes et aux institutions étatiques», a-t-il énuméré. «On affame le peuple syrien, on porte atteinte à la livre» syrienne, a-t-il poursuivi. 

Sur les conséquences de cette loi sur le Liban, le chef du Hezbollah a estimé que « la Syrie constitue le seul corridor terrestre pour le pays du cèdre, tant sur le plan économique que commercial » et appelle le gouvernement libanais à ne pas se soumettre à la loi César qui « cherche à affamer le Liban et la Syrie ». 

Le Caesar Act: étudié et pas approuvé par le gouvernement

Par ailleurs, le bureau du Premier ministre libanais Hassan Diab a démenti les informations faisant état de son approbation du Caesar Act comme l’annonçaient certains médias locaux. 

Il indique cependant que le texte a été distribué en conseil des ministres pour étude de son impact sur le Liban et les mesures possibles qui pourront être prises par le cabinet pour les éviter. Pour rappel, ce texte, qui devrait prochainement entrer en vigueur aux Etats Unis, sanctionne le régime syrien mais aussi des entreprises étrangères pourraient faire l’objet de sanctions pour la conduite d’affaires avec le gouvernement syrien. Il pourrait s’agir notamment d’entreprises russes et iraniennes et surtout libanaises.

Plusieurs exportations libanaises doivent transiter par la Syrie, en route pour les marchés arabes.