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International

CAN - La sélection algérienne : de la « complotite » et la « marocophobie » à la triste réalité du terrain


Rédigé par Hichem ABOUD Jeudi 25 Janvier 2024

Une défaite inattendue et inimaginable face au petit poucet mauritanien dans un groupe jugé faible et une élimination prématurée sans la moindre victoire, la sélection algérienne a lourdement chuté au stade la paix de Bouaké, en Côte d’Ivoire. Une chute salvatrice puisqu’elle a ramené les Algériens sur terre.



Avec à la barre technique, l’ex-international Djamel Belmadi qui a fait les beaux jours des clubs les plus huppés du monde de la balle ronde, entre autres, l’Olympique de Marseille et Manchester City, la sélection algérienne a mis de son côté tous les atouts pour ramener le trophée africain à Alger comme cela s’était passé en 2019, sous la conduite du même driver.
Un stage pré-compétitif d’acclimatation à Lomé, dans le plus grand hôtel de la capitale togolaise, déplacement par vol spécial pour pouvoir déplacer un matériel ultra sophistiqué pour la préparation. Une constellation de joueurs qui évoluent dans les championnats européens les plus huppés. Ils sont venus de l’AS Rome (Houssam AOUAR), de l’AC Milan (Smaïn Benaceur), du Borrussia Dortmund (Ramy BENSEBINI), de l’OGC Nice (Youcef ATAL et Hichem BOUDAOUI), de Eintracht Francfort (Farès CHAIBI), de Feyenoord de Rotterdam (Youcef ZEROUKI), de Wolverhampton du championnat d’Angleterre (Rayan AÏT NOURI), de Villareal d’Espagne (Aïssa MANDI), et la star qui a fait, les beaux jours de Manchester-City qu’il a quitté après avoir remporté sous ses couleurs le triplé, champion’s league, championnat et coupe d’Angleterre (Riyad MAHREZ). Aucune équipe participante à la CAN 2024 ne peut se targuer de compter en son sein une armada de joueurs aussi talentueux.

Djamel Belmadi avait tous les ingrédients pour réussir une belle coupe d’Afrique. Même le public considéré comme le 12ème homme était présent. Dans une politique populiste et aux desseins bien clairs, en cette année d’élection présidentielle, on attribue au président Tebboune la décision de prendre en charge les frais de voyage et séjour de 2000 supporters en Côte d’Ivoire.
 
Les équipes adverses appelées à contester à l’Algérie sa suprématie ne pesaient pas lourd sur le papier. L’Angola (117ème au classement FIFA), la Mauritanie (105ème) et le Burkina Faso (57ème), tous bien derrière les Fennecs de Djamel Belmadi, l’entraîneur le mieux payé d’Afrique (268.000 euros mensuels). Au classement FIFA, l’Algérie occupe la 30ème place. Sur le papier et en toute logique les verts étaient parmi les grands favoris. Mais, sur le terrain, dès l’entrée en compétition le tigre algérien s’est avéré un tigre en papier. L’Angola l’accroche admirablement et en toute logique. Une logique que les Algériens refusent de reconnaître.


La maladie de la « complotite » et la « marocophobie » transmises par les politiques du régime


Au lieu de reconnaître leurs erreurs et de s’atteler à les corriger, les Algériens versent dans le ridicule. Ils crient au complot. Un complot derrière lequel se trouve un certain Faouzi LEKDJAA, le président de la fédération royale marocaine du football. Selon les dirigeants algériens relayés par une presse aux ordres, le Marocain manipule à sa guise la Confédération Africaine de Football contre les intérêts de l’Algérie et au profit de son pays. Ce genre d’accusations considérées comme diffamatoires par la CAF ont valu à Adel Amrouche l’entraîne algérien de la sélection tanzanienne, une amende de 10.000 euros et une suspension de 8 matchs pour les avoir tenus publiquement sans que rien ne l’incite à faire pareille déclaration. Cette sanction a abrégé sa participation de la CAN et mit fin à sa carrière africaine, lui l’habitué des sélections africaines pour avoir drivé le Kenya et la Libye avant de prendre les commandes de la barre technique de la Tanzanie.


La théorie de la complotite prend de l’ampleur après le second nul concédé au Burkina Faso et la marocophobie atteint son paroxysme avec la diffusion d’un reportage sur la CAN par la télévision publique officielle algérienne dont le commentateur n’hésita pas à qualifier le Maroc de « pays du mal » l’accusant de vouloir jouer le trouble-fête de la compétition. Le Maroc est mélangé à toutes les sauces pour faire de lui le diable qui ne cesse de nuire à la sélection algérienne et au football africain. Certains commentateurs et « analystes » des plateaux des chaînes de télévision algériennes n’ont pas trouvé pire pour étayer la thèse du complot marocain que d’associer Israël et les Emirats Arabes Unis au royaume chérifien, que de justifier « l’animosité marocaine à l’encontre de l’Algérie par… (tenez-vous bien) le soutien de l’Algérie à la cause palestinienne ». Plus idiot que ces analystes, tu meurs.

On comprend bien que le pouvoir en place, qui a mis les bouchées doubles en offrant à Belmadi, par le biais d’un président de fédération qui lui est totalement inféodé, tout ce qu’il exigeait pour que cette coupe d’Afrique vienne orner la vitrine d’un régime qui n’a fait que collectionner les échecs tant sur le plan diplomatique qu’économique ou social. Une vitrine qui restera affreusement vide après la débâcle de Bouaké.

Cette CAN 2023 était, en quelque sorte, une bouée de sauvetage pour un régime aux abois pour n’avoir jamais réussi à trouver l’alchimie tant recherché pour gagner la sympathie à défaut de soutien d’un peuple frondeur et qui risque d’exploser à la moindre étincelle. C’est pourquoi tous les espoirs reposaient sur l’ultime rencontre de cette joute africaine.

Une rencontre face au voisin mauritanien que la presse algérienne accusait d’avoir été corrompue par le Maroc. Ah cette marocophobie ! Une accusation que ne manquera pas de récuser la fédération mauritanienne de football renvoyant les plumitifs d’une presse aux ordres à leurs chères études en matière de déontologie et d’éthique professionnelle, par un communiqué officiel sur sa page officielle Facebook dans lequel elle dément fermement ces informations. « Nous avons suivi ces dernières heures l'actualité de certains médias privés algériens, dont les auteurs affirment qu'un pays étranger aurait financé la préparation de notre équipe nationale en Tunisie pour la Coupe d'Afrique des Nations 2023 et le séjour durant la compétition en Côte d'Ivoire. Cette prise en charge comprendrait, selon ces rumeurs, l'hébergement, le transport aérien de la délégation mauritanienne et la fourniture d'une logistique diverse, dont des équipements sportifs, entre autres. Face à cette rumeur dénuée de tout fondement, la Fédération mauritanienne de football tient à assurer que cette information qui a malheureusement été largement diffusée, est totalement fausse ».

Et la meilleure réponse à ces accusations des plus farfelues est venue sur le terrain. La Mauritanie enregistre sa première victoire aux phases finales de coupe d’Afrique aux dépens de « l’ogre » algérien. Et par la même occasion s’assurer sa première qualification au deuxième tour de la compétition. Elle a, du coup, réussi à faire un magistral deux en un face à une équipe qui a fait un chou blanc en ne récoltant aucune victoire aux deux dernières éditions (2021 et 2020) tout en quittant la compétition prématurément.

Cette statistique les Algériens ont tendance à l’oublier. Ils vivent dans un total déni d’une réalité qu’ils refusent d’admettre. Celle de l’absence d’une politique de développement sportif. Absence de formation et d’investissement intelligent.

Ils feignent d’ignorer que leur adversaire de la finale de 2019 au Caire qui les a vus remporter le trophée, le Sénégal en l’occurrence, a remporté brillamment la CAN de l’édition suivante (2021) et s’était qualifié pour la coupe du monde du Qatar 2022 tout en décrochant une qualification au deuxième tour, contrairement à l’Algérie éliminé at-home par le Cameroun. Le Sénégal a, également remporté la CHAN 2022 face à l’Algérie, pays organisateur. Il a remporté, aussi, la coupe des jeunes U20 en 2023 en Egypte, face à la Gambie.

De ce parallèle établi entre l’Algérie et le Sénégal, les deux finalistes de la CAN 2019, on remarque bien la progression d’une sélection dont le travail est basé sur une politique qui s’appuie sur la régularité et la stabilité. Ce qui n’est point le cas de l’Algérie qui change de président de fédération tous les ans (quatre en 4 ans). Une Algérie où les rares centres de formation ouverts par l’ex-président de la FAF, Kheireddine Zetchi, ont été fermés juste après son départ. Faut-il rappeler cette autre triste réalité d’un pays où il est, encore, difficile d’assurer l’entretien des pelouses des stades même les plus récents.

Il serait judicieux aux dirigeants sportifs et politiques algériens de tirer les enseignements de leurs échecs et de s’atteler à les corriger que de continuer à entretenir cette horrible maladie de « la complotite » et de se débarrasser le plus tôt possible de cette « marocophobie » qui ne fait que les reléguer à l’arrière train des nations dans tous les domaines.
 
 



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