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Actu Maroc

Benchaâboun défend son projet de Loi de Finances rectificative


Rédigé par Saad Jafri le Vendredi 10 Juillet 2020

Fortement critiqué, le projet de Loi de Finances rectificative a été au centre des discussions de la Commission des finances de la première Chambre. Le ministre de l’Economie et des Finances a essayé de défendre son projet, néanmoins les députés restent loin d’être convaincus.



Benchaâboun défend son projet de Loi de Finances rectificative
Parmi les points les plus critiqués du projet de Loi, figure l’absence d’une dimension stratégique pour la phase post-confinement. Essayant de justifier cette lacune, le ministre de l’Economie et des Finances, Mohammed Benchaâboun a souligné que les projets de Loi de Finances rectificatives sont traditionnellement destinés à répondre à des situations exceptionnelles, notamment en période de crise, à travers des mesures d’urgence de courte durée.

Dans ce sens, il a déclaré que la gestion de crise adoptée par l’Exécutif repose sur trois phases. La première qui s’est étendue du début du confinement obligatoire au mois de juin, concerne le soutien des ménages et des entreprises face à la crise et au confinement, la deuxième concerne le soutien au redémarrage de l’économie tout en maintenant l’accompagnement aux secteurs fouettés par la crise et finalement le décollage économique et adaptation aux mutations mondiales. Il a noté que pour le moment le Maroc est à peine à la phase du redémarrage de l’économie, précisant que les deux autres nécessitent une vision stratégique.
 
S’agissant des investissements dans les secteurs sociaux, le ministre a indiqué qu’elles n’ont pas été réduites. Au niveau de l’éducation, il a assuré que tous les projets prêts à l’exécution demeurent d’actualité, précisant que les réductions de budget s’appliquent sur les projets en retard ou qui connaissent des complications. Néanmoins, il n’a pas donné de précisions concernant les priorités de la phase post-confinement, pour ce secteur stratégique qui a subi énormément de changement en ces temps de crise. Par ailleurs, il s’est prononcé sur la très polémique décision sur le gel des recrutements dans la fonction publique, précisant qu’elle concerne que l’année 2021 et non pas trois ans, comme ce qui a été demandé par la circulaire du Chef de gouvernement. Et de rappeler qu’elle ne concerne pas l’éducation, la santé et la sûreté qui concentrent 90% des postes budgétaires.

Concernant le besoin de financement du Trésor, le ministre a indiqué qu’il va doubler, pour atteindre 82,4 milliards de DH, rappelant que la LF 2020 prévoyait 42,3 milliards, ajoutant que la croissance économique est prévue à -5% en 2020 contre 3,7% prévu par la LF initiale. Ainsi, le taux d’endettement du Trésor passera à 75% du PIB en 2020 contre 64,9% en 2019, a-t-il estimé.
 
Ceci dit, la capacité d’endettement de l’Etat restera intacte sur le marché local et extérieur. Benchaaboun a indiqué qu’il a pour ambition d’inverser la courbe de l’endettement en maitrisant le déficit budgétaire et en relançant l’activité économique.