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Actu Maroc

Augmentation du SMIG et du SMAG : Le mystérieux destin du dialogue social


Rédigé par Hajar LEBABI le Lundi 13 Juillet 2020

Le premier round du dialogue social organisé vendredi 10 juillet n’a abouti à aucun compromis. Un deuxième round, qui sera précédé de tractations en coulisses, est programmé pour cette semaine.



Augmentation du SMIG et du SMAG : Le mystérieux destin du dialogue social
Selon une déclaration à la MAP de Saâdeddine El Otmani, donnée à l’issue de la réunion du vendredi, il a été convenu de tenir un deuxième round du dialogue social tripartite «pour déterminer les problématiques et proposer des solutions réalistes». Ceci dit, le deuxième round serait prévu cette semaine et sera précédé par des négociations en coulisses pour préparer le terrain.

Les travailleurs rémunérés au SMIG et au SMAG sont censés bénéficier d’une augmentation de 5% de leurs revenus. Ceci en application du décret 2.19.424 adopté en juin 2019, au lendemain de la conclusion de l’accord tripartite sur le dialogue social, signé durant le mois d’avril de la même année entre le gouvernement, d’une part, et le patronat et les syndicats les plus représentatifs, d’autre part. Accord qui avait institué une augmentation du SMIG et du SMAG à hauteur de 10% échelonnée sur deux années : 2019 et 2020. Sauf que cette augmentation, dont la première tranche de 5% avait été actée le 1er juillet 2019, intervient en pleine période de crise postCoronavirus, dans un contexte où de larges pans du tissu économique national sont littéralement à terre. Ce qui laisse planer de sérieux doutes quant à sa traduction réelle sur les bulletins de paie du mois de juillet en cours.

Pas de dialogue sans volonté politique 

Le 24 juin, soit moins d’une semaine avant l’entrée en vigueur de la deuxième hausse du SMIG et du SMAG, une rencontre qui se profilait comme celle de la dernière chance pour trouver un terrain d’entente dans ce dossier épineux, organisée entre le ministre du Travail et les représentants du patronat et des syndicats, s’était soldée par un échec après avoir trébuché sur une question de méthodologie, les syndicats s’étant légitimement accrochés à un règlement de cette question dans un cadre institutionnel dédié, calqué sur le modèle du Comité de Veille Economique (CVE) où ils ne sont pas représentés. A l’issue de cette rencontre, Mohamed Amekraz avait promis qu’une proposition de solution allait être faite dans les 48 heures. Mais comme souvent, il n’en sera rien. 

Pourtant, ce ne sont pas les solutions qui manquent pour éviter le pourrissement d’une situation déjà problématique qui risque d’aboutir, si rien n’est fait, à une grave crise sociale. Parmi les options qui se profilent, plusieurs voix appellent aujourd’hui à la convocation urgente d’un nouveau dialogue tripartite dans le cadre duquel un rééchelonnement de la deuxième tranche de hausse du SMIG et du SMAG pourrait être étudié et acté selon une approche sectorielle taillée sur mesure en fonction du degré de difficulté de chaque secteur économique et professionnel. Mais cela présume une réelle volonté politique, loin de tout calcul politicien et préélectoraliste.

Hajar LEBABI