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Assassinat de journalistes: HRW et Amnesty International épinglent Israël pour crime de guerre


Rédigé par AFP Jeudi 7 Décembre 2023



Issam Abdallah, journaliste de Reuters
Issam Abdallah, journaliste de Reuters
Le bombardement israélien qui a tué un journaliste et en a blessé six autres le 13 octobre dans le sud du Liban mérite une enquête pour "crime de guerre", ont estimé jeudi Amnesty International et Human Rights Watch, à l'occasion de la présentation de leurs rapports.

Issam Abdallah, journaliste vidéo de l'agence Reuters, a été tué lors de frappes dans le sud du Liban qui ont également blessé six reporters - deux de Reuters, deux de la chaîne qatarie Al Jazeera et deux de l'Agence France-Presse, dont la photographe Christina Assi, grièvement atteinte et toujours hospitalisée.

Les enquêtes indépendantes menées par HRW et Amnesty International sont parvenues aux mêmes conclusions que celle de l'AFP publiée plus tôt jeudi, désignant l'utilisation d'un obus de char de 120 mm d'origine israélienne.

"Les attaques israéliennes mortelles contre des journalistes doivent faire l'objet d'une enquête pour crime de guerre", a affirmé Aya Majzoub, directrice adjointe d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, lors d'une conférence de presse à Beyrouth.

"Les responsables de la mort d'Issam Abdallah et des blessures de six autres journalistes doivent rendre des comptes. Aucun journaliste ne devrait être ciblé ou tué simplement parce qu'il fait son travail. Israël ne peut pas être autorisé à tuer et attaquer impunément des reporters", a-t-elle ajouté.

"Les deux frappes israéliennes (...) étaient apparemment des attaques délibérées sur des civils, ce qui constitue un crime de guerre", a estimé de son côté Ramzi Kaiss de Human Rights Watch lors de la conférence de presse.

La loi humanitaire internationale "impose un devoir, en tout temps pendant un conflit, de ne cibler que des combattants et des objectifs militaires" et "il est interdit en toutes circonstances de mener des attaques contre des civils", a rappelé le chercheur pour le Liban à HRW.

Or l'enquête menée par HRW "suggère fortement que les forces israéliennes savaient ou auraient dû savoir que le groupe qu'elles attaquaient était composé de journalistes", a-t-il souligné.

D'après l'ONG, "les alliés clés d'Israël -- Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada et Allemagne -- devraient suspendre leur assistance militaire et leurs ventes d'armes à Israël, en raison du risque que ces dernières soient utilisées pour commettre de graves abus".

"Je sais que ces enquêtes ne ramèneront pas Issam, je sais qu'elles n'aideront pas Christina à marcher à nouveau", a déclaré de son côté le vidéojournaliste de l'AFP Dylan Collins, lors de la conférence de presse organisée par HRW et Amnesty.

"Mais j'espère qu'au moins, elles marqueront le début d'un cheminement vers la justice et la reddition des comptes", a ajouté le vidéojournaliste, lui aussi blessé dans le même bombardement.

Il a cité sa collègue Christina Assi, selon laquelle : "nous avons choisi le journalisme avec pour mission de dévoiler la vérité et malgré le prix inévitable, notre engagement reste intact et rien ne pourra nous faire taire".

Régissant dans un communiqué, le Premier ministre libanais Najib Mikati a annoncé que son gouvernement allait "prendre toutes les mesures pour inclure" les conclusions de l'enquête "dans la plainte déposée devant le Conseil de sécurité de l'ONU et y donner suite".

Selon le dernier décompte du Comité de protection des journalistes (CPJ) publié le 6 décembre, au moins 63 reporters et employés des médias - 56 Palestiniens, 4 Israéliens et 3 Libanais - ont été tués depuis le début de la guerre le 7 octobre, date de l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël.

Jeudi, le CPJ a "salué la publication des enquêtes et réitéré son appel à une enquête immédiate, indépendante et transparente traduisant en justice les responsables".

"Les enquêtes (...) ont révélé que l'attaque (...) était probablement une attaque délibérée des Forces de défense israéliennes contre des civils, ce qui constitue un crime de guerre", a ajouté le CPJ.



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