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Actu Maroc

​Santé: Les hôpitaux publics plus marginalisés que les cliniques


Rédigé par Hajar LEBABI le Mardi 8 Juin 2021

Les cliniques attirent 92% des ressources de l'assurance maladie et l'hôpital public a perdu de son attrait… Des chiffres alarmants sont relevés par un récent rapport parlementaire.



​Santé: Les hôpitaux publics plus marginalisés que les cliniques
Le groupe de travail thématique en charge du secteur de la santé, formé par la Chambre des représentants, a suivi la baisse d'attractivité de l'hôpital public, celui-ci ne recevant plus que 3,27 % des dépenses totales de santé, et moins de 10 % des ressources de l'organisme de gestion de l'assurance maladie, dont seulement 5 pour cent des performances totales de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale. Un rapport, récemment publié, de la commission parlementaire a indiqué que le secteur médical privé, en revanche, a connu un développement et une attractivité, puisqu'il a attiré 92% des ressources de l'assurance maladie en 2018.

Un bilan déplorable

S'agissant de la couverture santé des salariés, la commission note dans son rapport qu’elle n'est pas généralisée à l'ensemble des salariés du secteur privé, car 16% d'entre eux restent sans couverture, ce qui représente environ 700.000 salariés travaillant dans le secteur agricole et dans les secteurs non structurés, ainsi que la catégorie des travailleurs domestiques qui ne bénéficient pas de la couverture médicale.

Le nombre d'établissements de santé au Maroc a atteint 3005 en 2017, dont 2038 en milieu rural, tandis que le nombre d'hôpitaux a atteint 158  en 2018, dont 255 hôpitaux universitaires, 26 hôpitaux régionaux, 77 hôpitaux dans les préfectures et régions, et 30 hôpitaux de proximité, contre 130 en 2006. Le nombre de lits a atteint, quant à lui, 25.384 lits.

Vu cet état déplorable de l’hôpital marocain, sa reconstruction sur une base solide est d’autant plus urgente que plus de 22 millions de personnes supplémentaires seront prises en charge par l’Assurance maladie obligatoire d’ici 2023, et qui auront besoin d’une offre de soin de qualité. Pour ce faire, la stratégie du ministre Khalid Ait Taleb se résume ainsi : valoriser les ressources humaines dans un système de gouvernance régionale basé sur un système informatique pour gérer l’écosystème de santé de façon décentralisée. Les ressources humaines demeurent une priorité absolue. Le déficit est hallucinant, sachant le Maroc ne dispose que de sept médecins pour 10.000 habitants alors qu’il en faut 60, selon le député istiqlalien Omar Hjira, qui s’est référé à l’Organisation Mondiale de la Santé. En sus du manque flagrant que le ministère entend combler en ouvrant les portes aux personnes étrangères, la question de la motivation est tout aussi importante.

À cet égard, Khalid Ait Taleb n’a pas mentionné de mesures précises, or, plusieurs experts, comme Tayeb Hamdi, insistent sur la nécessité d’une motivation salariale et d’une amélioration des conditions de travail pour attirer les médecins, dont des centaines quittent le pays chaque année vers la France et le Canada en quête d’une meilleure considération.

Un échec reconnu

Après le coup d’envoi officiel du chantier royal de généralisation de la couverture sociale pour tous les Marocains, l’Exécutif s’apprête à se pencher sur la réforme cruciale du système de santé, tributaire d’une refonte totale après des décennies de dégradation de l’hôpital public. Le ministre de la Santé Khalid Ait Taleb a profité de son passage à la Chambre des Représentants, lors de la séance plénière consacrée aux questions orales, pour dévoiler sa stratégie, vouée à révolutionner le secteur de la Santé, dont les limites ont été décelées par la pandémie du Covid-19. Le ministre de la Santé a lui-même reconnu les échecs du système actuel, comme en témoigne le manque cruel d’équipement et de ressources humaines, dont le besoin s’estime à 97.566 professionnels.

Triste fin pour ​la première transplantation hépatique au Maroc

Deux jours après avoir reçu une greffe de foie d’un donneur vivant, la patiente qui avait subi une transplantation hépatique à l’hôpital Avicenne de Rabat est malheureusement décédée. Une équipe multidisciplinaire, 100% marocaine, a réalisé cette opération de transplantation hépatique à partir d’une donneuse vivante au profit de sa sœur.
Selon le médecin, « La receveuse est décédée suite à des complications après l’opération. Malgré ce triste épisode, l’organisation de cette opération ouvre des perspectives aux équipes chirurgicales marocaines ».
 
 

  


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