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Sport

Yahya Saïdi, expert en droit de sport : « Beaucoup reste à faire pour que l'AMA soit opérationnelle »


Rédigé par Hamid Yahya le Lundi 21 Septembre 2020

Suite à la nomination, lors du conseil du gouvernement réuni jeudi à Rabat, de Mme Fatima Abouali à la tête de l'Agence Marocaine Antidopage, nous avons pris l'avis d'un expert sur le rôle de cette instance.



La désignation jeudi dernier d'une présidente par le Conseil du gouvernement à la tête du Conseil d’administration de l’Agence Marocaine Antidopage est un premier pas pour mettre en œuvre la loi dite 97-12 relative à la lutte contre le dopage dans le sport voire son décret d’application.                                             T
ant revendiquée, cette loi est venue un peu tardivement mais comme on dit il n’est jamais trop tard pour mieux faire.                      

Dès lors, le Maroc a été astreint à promulguer une législation spécifique en matière de l’antidopage du fait qu’il est parmi les pays signataires de la convention internationale contre le dopage dans le sport adoptée lors de la Conférence générale de l’UNESCO en 2005. Et cette convention internationale a été ratifiée par le Maroc en 2009 et publiée au Bulletin Officiel.
 
Sans commentaire !
 
« Je ne peux commenter la désignation de la présidente de l'AMA ni essayer de savoir si le jury a été impartial ou non voire pourquoi certains candidats ont été ostracisés, mais je puis dire que le plus important c’est le fait de commencer par la mise en place de l'AMA (Agence Marocaine Antidopage) en nommant son président. Maintenant, beaucoup reste à faire pour que l'AMA soit opérationnelle. Si la composition du Conseil d’administration est facile, il reste le volet organisationnel ».
 
De nombreuses missions pour l’AMA
 
« C’est un préalable pour que l'AMA s'acquitte de ses missions qui sont bien précisées dans l’article 20 de la loi antidopage. Des missions nombreuses qui vont du contrôle antidopage en passant par la sensibilisation, l’éducation, la prévention voire des mesures disciplinaires et le suivi des résultats des analyses des échantillons et des procédures de confirmation des résultats. En tout, on dénombre seize missions très importantes. Ce qui nécessite des ressources humaines et financières consistantes pour que l'AMA joue ses rôles qui lui sont dévolues par le législateur. Car une institution pareille si elle ne dispose pas des moyens qu’il lui faut, elle deviendra inutile. La balle est dans le camp du gouvernement qui doit désigner un commissaire par décret pour ce faire conformément à la loi ».
 
Sous contrôle de l’Etat
 
« Bien que l'AMA soit une institution indépendante sous forme d’une personne morale dotée de l’autonomie financière,  elle demeure sous le contrôle direct du gouvernement qui, comme je viens de le rappeler, en vertu de l’article 19 de la loi antidopage, il désigne un commissaire qui sera chargé de «  contrôler, pour le compte de l'Etat, les activités de l’Agence, de veiller au respect par celles-ci des dispositions législatives et réglementaires régissant ses activités et de s'assurer que l’Agence dispose des moyens nécessaires pour l’exercice de ses missions » ».
 
Les activités sportives utilisant des animaux seront sous contrôle de l’AMA
« Dernier point et non des moindres, l'Agence Marocaine Antidopage ne va pas se charger uniquement de l’antidopage inhérent aux activités physiques et sportives mais aussi aux activités sportives utilisant des animaux et organisées par des fédérations sportives conformément à la loi 30.09. C’est le cas de la Fédération Royale Marocaine des Sports Équestres. C’est la raison pour laquelle, on y trouve que parmi les membres du Conseil d’administration, il y a un membre ayant compétence en médecine vétérinaire qui sera désigné par le ministère de l’Agriculture ».
 
AMA : Un grand acquis
 
« L'AMA est un grand acquis pour le sport marocain dont les compétitions sportives et bien évidemment les sportifs ne sont pas contrôlés. Hormis bien sûr la Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme qui a son propre programme national et qui le finance avec ses propres moyens, le reste des fédérations sportives n'ont pas de programme antidopage. Le ministère de la Jeunesse et des Sports en assume une grande part de responsabilité car l’antidopage ne figure pas parmi les objectifs assignés dans les conventions d’objectifs dont le suivi, l’évaluation et le contrôle sont quasiment inexistants.
La question est de savoir si l'AMA va vraiment lutter contre la mafia du dopage ou va-t-elle procéder au saupoudrage et céder aux sirènes des mafieux au Maroc et ailleurs !? ».
 

  


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