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Monde

Trois mois d’un scénario-catastrophe

Covid-19


le Mercredi 8 Avril 2020

Plus de 74.795 morts, 1.348.430 de contaminés et 4 milliards de confinés, une frayeur à l’échelle planétaire.



Trois mois d’un scénario-catastrophe
Il y a trois mois qu’est apparu en Chine un nouveau coronavirus, et déjà, le monde le monde entier est plongé dans un scénario digne d’un film catastrophe. Sauf que là, c’est la réalité.

De la reine Elisabeth II, s’adressant solennellement à son peuple en invoquant l’esprit du Blitz, aux autorités américaines parlant d’un nouveau «Pearl Harbor», les souvenirs des heures les plus sombres de l’Histoire ont resurgi avec l’entrée dans cette «guerre» d’un nouveau genre, où les soignants sont envoyés au front.

Le virus, qualifié d’»ennemi de l’humanité» par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a déjà contaminé plus de 1,3 million de personnes, un chiffre certainement sous-évalué en raison du manque de tests. Les répercussions de la pandémie sont immenses et des milliers de milliards de dollars ont été promis par les gouvernants pour compenser la profonde récession attendue.

Au commencement était Wuhan

La mystérieuse pneumonie, sans doute née chez la chauve-souris et qui, selon des chercheurs chinois, aurait pu être transmise à l’homme par le pangolin, petit mammifère à écailles menacé d’extinction, est apparue fin 2019 à Wuhan (centre de la Chine).

Selon les autorités chinoises, elle contamine 59 personnes courant décembre, dont plusieurs employés d’un marché de gros où étaient vendus des animaux vivants destinés à l’alimentation. Le 8 janvier 2020, l’OMS estime que ces cas pourraient être dus à un nouveau coronavirus. Le 11, le premier mort est officiellement rapporté en Chine.

Alors que sont enregistrés les premiers décès en Chine et les premières contaminations hors du pays, le virus est présenté comme dangereux principalement pour les personnes âgées ou fragiles. «L’épidémie est un démon. Nous ne permettrons pas au démon de rester caché», assure pour sa part le président chinois Xi Jinping.

Pour freiner la propagation de l’épidémie, les autorités chinoises emploient une méthode radicale, inimaginable en Occident, le confinement : Wuhan, puis le 25 janvier toute sa province, le Hubei et ses 56 millions d’habitants, sont coupés du monde. L’OMS déclare, fin janvier, l’urgence internationale mais sans limiter les voyages.Si le nouveau coronavirus reste entouré d’inconnues, la maladie qu’il provoque a désormais un nom: le «Covid-19».

Mi-février un premier décès est enregistré hors d’Asie, en France. Et l’économie commence à trembler. Les annulations de grands salons et compétitions sportives s’enchaînent. Les JO-2020 de Tokyo, une première en temps de paix, sont reportés.

Fin février, l’accélération des contaminations est notable en Italie, Corée du Sud ou Iran. Les autorités chinoises estiment pour leur part que l’épidémie a atteint un pic dans ce pays.

Le 6 mars est dépassée la barre des 100.000 cas recensés dans le monde.

L’Italie, durement touchée, est le premier pays hors de Chine à prendre des mesures drastiques de confinement de sa population. Venise, Rome ou Florence, habituellement envahies de touristes, sont transformées en villes fantômes.

Les témoignages de médecins italiens exténués, expliquant que face à l’afflux de malades ils doivent choisir qui soigner «en fonction de l’âge et de l’état de santé, comme dans les situations de guerre», créent une onde de choc.

Le 11 mars, l’OMS qualifie le Covid-19 de «pandémie», lançant la mobilisation planétaire.

Les Etats-Unis commencent à fermer leurs frontières aux voyageurs étrangers en provenance d’Europe.

Europe et Etats-Unis, nouveaux épicentres

L’ONU qualifie la pandémie de pire crise à laquelle l’humanité ait été confrontée depuis 1945, combinaison d’une «maladie menaçante» et du spectre d’une «récession sans précédent dans un passé récent».

Alors que le Hubei et sa capitale Wuhan commencent à sortir de l’isolement, l’Italie, pays qui compte le plus de morts, recense plus de 15.000 décès début avril.

Les Etats-Unis, où Donald Trump s’est dit «en guerre contre le virus chinois», comptent plus d’un quart des cas mondiaux et se préparent au pire. L’économie chancelle, alors qu’en mars déjà plus de 700.000 Américains ont perdu leur emploi. Un haut responsable des services de santé américains a prévenu que «la semaine prochaine sera un moment comme Pearl Harbor, comme le 11-Septembre, (...) dans tout le pays».

Et le monde s’interroge sur l’après-confinement. Y a-t-il un risque de deuxième vague une fois levées les restrictions ? Les gouvernants ont-ils tardé à réagir ? La Chine a-t-elle minimisé son bilan (plus de 3.300 morts) comme l’en accusent les Etats-Unis ? Quelle sera l’ampleur de la crise économique ? Quel impact pour les démocraties et le multilatéralisme ?